ÇA BRÛLE ! Censure et prospective
L’Ouvre-Tête, une asso d’étudiants
montpelliérains, monte une bibliothèque
pour divulguer brûlots d’éditeurs indépendants etfeuillets
mal élevés. Une subvention est
même accordée par une commission.
« Victoire ! », crient les décapsuleurs
de crâne. Mais au conseil
d’administration de la fac, certains
tiquent sur l’abonnement à CQFD.
Tirades enflammées sur « l’incitation
à la violence », raccourcis foireux
entre Chien rouge et Mein
Kampf ( !) : la demande de tunes est
finalement rejetée. Avec la Pécresse
qui renforce le pouvoir du CA en
défaveur des étudiants, l’étau se
resserre sur les cerveaux engourdis.
Envoyez donc vos livres terroristes
et vos millions à :
L’Ouvre-Tête, université
Montpellier II, place Eugène- Bataillon, BP 32, 34095 Montpellier
Cedex 5.
Vous pouvez aussi leur envoyer du
carburant, comme cet attentionné
lecteur percheron qui nous a fait
parvenir une boutanche d’un
excellent calva artisanal en guise
de paiement de son abonnement :
« Je me suis dit qu’un p’tit coup à
boire vous ferait le plus grand bien,
et puis ça vous changera de vos anisettes. » À la tienne, camarade !
Et à la santé de tous ceux qui ont
d’ores et déjà commandé Vive le
feu !, le prochain bouquin du Chien
rouge. Nous avons la douleur de
vous annoncer que son impression
est repoussée de quelques mois,et
qu’il ne devrait sortir des presses
qu’en septembre. Que les impatients
qui, en vue des dépenses
estivales, souhaitent revoir leur
talbin nous fassent signe, nous renverrons
leur chèque. Le calva, sûrement
pas !
L’équipe de CQFD
COMMUNICATION ET RÉGULATION SOCIALES DANS LES QUARTIERS DE SÃO PAULO
Depuis Thomas Hobbes, nous savons que l’État nous a extirpés de « la guerre de tous contre tous »… Hors lui, point de salut. Les médias ne nous rappellent-ils pas régulièrement que, dans les territoires abandonnés par la République, règnent la barbarie et le non-droit ?
En 2006, à São Paulo (Brésil), les commissariats ont été attaqués à l’arme de guerre. Une sombre organisation criminelle dénommée Premier Commando de la capitale (PCC), créée dans une prison en 1993, déclarait la guerre à l’État.
Daniel Veloso Hirata, chercheur à l’université de São Paulo, réalise une ethnographie dans un quartier chaud de la ville. Il travaille plus spécifiquement sur les différentes formes de débrouille qui prospèrent dans les méandres de l’économie informelle et/ou illégale. À travers ses recherches, il met en lumière la construction de règles et de codes en dehors de la sphère étatique. Et il a découvert le « débat », un dispositif de régulation des conflits mis en place il y a quelques années. Un seul hic : c’est une création du PCC…
Il est, paraît-il, un secteur qui ne connaît pas la crise. Celui de la microfinance. Aujourd’hui, grâce un prêt minime contracté auprès d’une Institution de microcrédit (IMF),160 millions d’artisans,de paysans peuvent acheter qui une chèvre, qui une barque de pêcheur,qui une machine à coudre et devenir micro-entrepreneur. Difficile d’être hostile à cette pratique qui prétend haut et fort combattre la pauvreté en offrant un accès au crédit et à l’épargne à celles [1] et ceux qui en sont exclus d’ordinaire. Ainsi, Muhamad Yunus, père fondateur du microcrédit et prix Nobel de la Paix 2006, se vante d’avoir aidé sept millions de pauvres dans 78 000 villages du Bangladesh. Sa banque, la GrameenBank (partenaire de Danone) fait du profit mais ce qui importe, dit-il, « c’est que 64% de ceux qui ont été emprunteurs durant au moins cinq ans ont dépassé le seuil de la pauvreté ». Faut voir...
Ne dit-on pas que l’enfer capitaliste est (...)
Le samedi 16 mai, Ken Loach était de passage à Marseille. Avant de rejoindre le « festival le plus glamour du cinéma » à Cannes, comme il dit non sans ironie, le cinéaste a pu évoquer la situation de la classe laborieuse en Angleterre et apporté son soutien au NPA.
N PENSE VENIR à une projection
de film sur la grande
grève des mineurs anglais
de 1984 et on assiste à un
pur métingue de campagne,
avec poings levés,
lecture du message du leader, places
réservées pour les cadres du parti, banderoles,
décorum « à peine retouché sur
photoshop » et tout le toutim. Au programme,
un documentaire réalisé par
Ken Loach, intitulé Which side are you
on ? [De quel côté es-tu ?] dont le scénariste
Paul Laverty, le fidèle acolyte,
resitue le contexte : « Ce film a été fait
au cœur de la lutte des mineurs, avec les
voix des mineurs eux-mêmes [poésies,
chansons, etc.]. C’était un film de commande
pour une chaîne locale, [mais]
qui n’a pas été diffusé à l’époque à cause
de son parti pris. Thatcher était déterminée
à briser les mineurs, qu’elle appelait
“les ennemis de l’intérieur” ». Ken
Loach intervient après la projection en rappelant que « la stratégie
de Thatcher était de renvoyer le monde ouvrier dans le capitalisme
primitif du XIXe siècle. En faire une classe ouvrière vulnérable et donc
soumise. Les mineurs étant les mieux organisés, les battre, c’était
battre toute la classe ouvrière. Pour cela, ils ont utilisé toute la force
de l’État. Les services secrets étaient mobilisés pour discréditer les
leaders syndicaux. Des filières d’importation du charbon ont été
mises en place dans des ports non syndiqués. La police a été réorganisée
au niveau national pour la première fois. Face à cela, les
mineurs n’ont pas reçu la solidarité des autres ouvriers ni de la
gauche. » Puis un orateur du NPA se lance dans un discours fleuve
au détour duquel il explique que la défaite des mineurs fut le
résultat d’une alliance entre classe dirigeante et dirigeants syndicaux.
Dans la salle fuse alors un « Mort aux dirigeants ! » suffisamment
sonore pour provoquer des petits rires, et le militant
de répondre, mi-gêné mi-amusé : « On n’ira pas jusque-là. »
***
Lire la suite de l’article dans CQFD n°68, juin 2009, actuellement en kiosque.
D’ORDINAIRE, le Bangladesh est plutôt un
bon client des médias. Le « pays le plus
pauvre du monde », ça se bichonne ! Ses
crues diluviennes, ses cyclones, ses
pauvres par millions (voir « Faux Ami » de CQFD N°68 en kiosque), son travail des enfants, sa condition des femmes, son islamisme,
sa corruption politique aiguë en font un parfait
marronnier exotique du « voyez-comme-y-en-aqui-
en-chient-pire-ailleurs », qui nous conforte
finalement dans l’idée qu’on n’est pas si mal chez
nous avec la clim’ et les points S’miles.
Pourtant un événement n’a pas eu l’heur de retenir
l’attention des rédactions parisiennes [4] : le 10 mai dernier,
à Narayanganj, centre portuaire de l’industrie
textile – laquelle fournit 3,5 millions d’emplois
ouvriers dans environ 4800 usines –, plus de 15 000
travailleurs du textile ont manifesté et bloqué les
autoroutes pour réclamer le paiement des impayés
et une hausse des salaires. Des heurts eurent lieu avec
la police, et cinquante personnes, dont des policiers,
furent blessées. Jusque-là rien que du très banal dans
le contexte actuel. Pourtant, ce qui aurait pu retenir
l’attention de notre presse si sensible à la détresse
sociale, c’est que ces ouvriers s’en sont pris à leur outil
de travail en allant jusqu’à saccager les machines et
brûler certaines fabriques, comme les luddites de
naguère. Les syndicats officiels ont immédiatement
condamné ces « coups de folie », ainsi que « la destruction
insensée du matériel ». Il y a effectivement
des mauvais exemples qu’il vaut mieux passer sous
silence, de peur qu’ils donnent des idées.
>>suite>>
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PÉTITION SOUTIEN
JEAN-MARC ROUILLAN VEUT TOURNER LA PAGE SANS LA DÉCHIRER.(Lire)
…DE LA FRANÇAFRIQUE SAUCE SARKOZY
« La relation entre la France et l’Afrique doit être plus
transparente. Il nous faut la débarrasser des réseaux
d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont
d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement
normal des institutions politiques et diplomatiques
doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont
fait tant de mal par le passé. » NICOLAS SARKOZY,
DISCOURS À COTONOU, 19 MAI 2006