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Sommaire du N°033
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CQFD N°033



LES BRÈVES DU SUPPLÉMENT

Mis à jour le :15 avril 2006. .


Squatter le commissariat

Les gens se plaignent de la durée des vérifications d’identité. […] Mais il me semble que la seule manière d’utiliser ces contrôles au profit du mouvement est justement de les faire durer. […] Il faut les occuper. On vous demande votre carte d’identité, si vous ne l’avez pas (je vous le conseille, car aujourd’hui ils nous embarquent, carte ou pas carte), ils sont obligés de faire déplacer des policiers pour faire une « VD », comme ils disent, c’est-à-dire une vérification de domicile. Vous pouvez avoir oublié le code d’entrée, numéro de rue, de bâtiment, de cage d’escalier, et les flics cherchent… Durant cette procédure (ça a duré trois heures pour moi cette nuit), des flics font le tour des boîtes aux lettres dans leur voiture banalisée et ne sont pas en train de rafler… Ensuite vous pouvez partir. Alors, si vous n’avez prévu aucune autre action qu’aller dormir, squattez un peu le commissariat.
Un erroriste anonyme


Z’avez pas de maison ?

François Hollande en meeting à Rennes, le 8 avril : « Il faut savoir arrêter un conflit ! » Spécial-dédicace à Maurice Thorez.


Exportation

Le 5 avril, le directeur général de l’Anpe, Christian Charpy, était en visite en Algérie pour « adapter les formules de l’Anpe au marché algérien de l’emploi ». En plus des contrôles, radiations, stages bidon et autres merveilles du modèle tricolore, le Charpy a vanté « plusieurs formules, notamment le Contrat première embauche (CPE) ». Bientôt trois millions d’Algériens dans la rue ?


Dialogue social

Le 9 avril à Paris, un millier de têtes à claques et leurs parents défilaient aux cris de « la France au travail », « touche pas à ma fac » et « bloqueur, branleur, tu finiras chômeur ! » Connaud, bourricot, tu finiras au poteau !


Dernière minute

La nouvelle est tombée le lundi 10 avril à 10h08 : « Le président de la République a décidé de remplacer l’article 8 de la loi sur l’égalité des chances par un dispositif en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes en difficulté ». Allez, tous en stage gratuit à la cafét’ de Carrefour !


Vu à la télé

Parfois, par crainte de se disqualifier définitivement aux yeux d’une opinion publique de plus en plus méfiante, les médias se forcent à dire vrai. Juste un peu, le temps de surprendre le clampin et de pouvoir à nouveau embrayer sur le message principal : « Restez chez vous, y a rien à vivre ». C’est ainsi qu’en novembre, juste après les émeutes banlieusardes, on a pu voir une jeune mère de famille déclarer devant une caméra de télévision : « Ils ont brûlé ma voiture, je suis drôlement emmerdée. Mais qu’est-ce que vous voulez ? Ils n’ont pas d’autre moyen de se faire entendre. » Dans un autre registre, mercredi 5 avril, le JT de France 2 montrait cette scène : une lycéenne utilisant un mur de boucliers de CRS pour jouer avec ses copains à Un, deux, trois, soleil ! Devenu pour l’occasion, Un, deux, trois, CRS ! Voilà de la télé-réalité comme on aimerait en vivre plus souvent !


Prise d’otages

« Viens vite, on bloque la gare, les flics approchent, ça va chauffer ! » Trois cents lycéens et étudiants, soutenus par quelques profs et précaires, ont envahi les voies. Le TGV de Paris et quelques corails sont en berne. Des cadres SNCF aux abois font le va-et-vient entre les manifestants et leur téléphone portable. Quand les flics sont arrivés, les gens ont fait mine de céder, mais se sont déplacés un peu plus loin. Là, des cheminots et des Iatos de la fac voisine les ont rejoints, drapeaux de leurs syndicats au vent. Heureusement, car sitôt éloignés de la gare, loin du regard des usagers, la tentation est forte de dégager tout ça à grands coups de matraque. Ce qui n’empêche pas les CRS de prendre le barrage à revers, et après une sommation plus que sommaire, de gazer à la volée. Syndicalistes et journalistes en prennent plein les yeux. Mais les jeunes tiennent bon. Les flics les poussent sur un côté, pour les faire sortir par une porte latérale, loin du public. Des dames syndiquées, en bonnes mères méditerranéennes, restent entre boucliers et jeunes manifestants. On scande « Étudiants non violents », les mains levées, en signe d’apaisement, tout en reculant vers le hall, où les passagers attendent un train devenu improbable. La ligne de CRS pousse, les matraques meurtrissent les tibias en lousdé, mais les gens reculent centimètre par centimètre, en criant un ironique « La police avec nous ! ». Au final, l’évacuation aura duré deux heures. Un grain de sable dans les rouages de la machine. Deux heures, là où un affrontement direct aurait été lessivé en dix minutes. À la sortie, les BAC grimaçaient de n’avoir pu faire chauffer le tonfa. Pas mal d’usagers ont aplaudi, une mémé a même versé une larme émue. Et Benhamias, le parachuté des Verts, singeant les pagnolades de Gaudin, a pu déclarer à la presse : « La police a géré ça à la marseillaise ! »


Article publié dans le supplément « Mouvement dit anti-CPE » accompagnant le CQFD n° 33, avril 2006.






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