Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°009
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°009


Fourre-tout mensuel à vocation vaguement culturelle

A boire et à manger

Mis à jour le :15 février 2004. Auteur : XXL.


A lire en Mars ?

Né en 1891 à Berlin, Helmut Herzfeld est rapidement abandonné par ses parents. Après un apprentissage dans différentes écoles d’art appliqué allemandes, il est appelé dans l’armée pendant la Première guerre mondiale. Il se fait réformer et, écœuré par la propagande anti-britannique de son pays, décide d’angliciser son nom : Heartfield pour Herzfeld parce que ça se ressemble, et John pour Helmut, parce que ça fait moins con. Très tôt attiré par le marxisme, et très lié au peintre hollandais Georges Grosz, il rejoint le groupe dadaïste en 1918. Après quelques expositions remarquées, il abandonne peu à peu la peinture pour le photomontage et produit alors alternativement pour diverses revues, l’édition ou les décors de cinéma et de théâtre. Membre du parti communiste, il commence à s’élever contre la montée d’Hitler et doit fuir en Tchécoslovaquie en 1933, puis à Londres à partir de 1938. Ses affiches, violemment antinazies, en feront, selon Aragon, le « prototype et modèle de l’artiste antifasciste ». Il retournera en Allemagne de l’Est en 1950, où il travaillera jusqu’à sa mort en 1971. Dans son livre Heartfield contre Hitler, John Willett retrace cette épopée graphique et engagée d’un Homme, avec un grand H et deux grosses couilles, qui aimait à dire « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous ». Ce slogan a été repris, plus près de nous, à des fins nettement moins artistiques, par des personnes nettement moins fréquentables. Enfin, pour souligner une nouvelle fois le caractère visionnaire d’Heartfield, signalons ce montage de 1929, impeccable évocation du Prince Charles réalisée dix-neuf ans avant la naissance de ce dernier… Bien vu.

Heartfield contre Hitler de John Willett, Éditions Hazan lumières

A écouter en mars ?

On (c’est à dire quasiment personne, tant ce disque est resté confidentiel) a évoqué, à son sujet, la bruyante collision de Nick Cave, des Violent Femmes, de 16 Horsepower et de Leonard Cohen… Munly, c’est aussi les péquenots de Charles Williams et les freaks d’Harry Crews plongés dans la marmite gothique du Clint Eastwood d’Impitoyable, et c’est sombre, et c’est brûlant, c’est poisseux et ça fout les jetons, ça sent le sexe, la boue sur les godasses, l’imperméable crotté et la pluie sur le chapeau. Sorti en 2002 sur un minuscule label de Denver, Jimmy Carter Syndrome oscille entre « murder ballads » fondatrices de la tradition musicale américaine et anecdotes farfelues (le disque finit, en beauté et en pente raide avec « la fabuleuse histoire de la course de tonneaux de Churchill Falls »), le tout emballé avec force banjos, guitares, violons, chœurs féminins et orgues d’église, la voix sépulcrale du bonhomme en guise de bolduc. Si vous vous inquiétez pour sa santé mentale, rendez-vous sur le site de son label, et consultez l’hilarante collection de produits dérivés siglés Munly, avec, entre autres et au hasard, le cierge de Grandma Billy qui guérit le cancer (pour la modique somme de 7 dollars). Munly est fou et c’est tant mieux.

Jimmy Carter syndrome de Jay Munly, à commander sur le net : http://www.alternativetentacles.com. La chanson My Darling Sambo MP3 en téléchargement gratuit sur le site de son label http://www.smoochrecords.com

XXL

Publié dans le n°9 de CQFD, février 2004.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |