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CQFD N°033



DÉCROISSANCE, MARQUE DÉPOSÉE

Mis à jour le :15 avril 2006. Auteur : La Rédaction.


« Ce mouvement ne sera fort et porteur d’avenir que s’il fait entendre une critique lucide du travail moderne. Et s’il permet d’établir définitivement qu’il n’y aura pas de sortie de crise. Loin de nous laisser abattre, nous voulons faire de ce constat une chance. Nous pensons qu’un mouvement social conséquent doit se donner pour but d’aider l’économie à s’effondrer. Le monde actuel ne connaît pas d’en-dehors, on ne peut pas espérer le fuir. Il faut donc patiemment y constituer des milieux de vie où l’on puisse produire ses moyens de subsistance sans le concours de la machinerie industrielle, et où émergent de nouveaux rapports humains, dégagés d’elle. Il faut dans le même temps entreprendre le démantèlement de pans entiers de l’appareil de production existant, inutiles ou nuisibles. Bien sûr, tout cela exige, dans nos discours comme dans nos pratiques, un rejet résolu de l’État et de ses représentants, qui seront presque toujours des obstacles à nos projets d’autonomie. »
(Appel de Raspail).

En réponse à ce texte, le Parti pour la Décroissance diffuse ce communiqué de l’IEESDS et du journal La Décroissance. « La décroissance, pas la barbarie ! Un Comité Pour la désindustrialisation du monde a occupé “entre l’aube du 21 mars 2006 et le milieu de la nuit suivante” le Centre d’Étude des Modes d’Industrialisation à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, boulevard Raspail, à Paris. Ce comité a produit un communiqué le vendredi 24 mars 2006 intitulé l’Appel de Raspail au nom de la décroissance, dont nous tenons à dénoncer le caractère ultra-libéral présenté sous le masque du libertarisme. […] Or, “Entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit.” (Henri Lacordaire). Une décroissance démocratique, équitable et humaniste passe d’abord par le souci des plus faibles. La loi et l’État existent pour les garantir. La décroissance ne doit pas servir à légitimer les discours de précarisation ou de chaos social, bien au contraire. Pire encore, parmi le saccage d’un bien collectif commis à cette occasion, un slogan “Mort à la démocratie” a même été inscrit sur un mur. Le journal La Décroissance, l’Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable expriment leur plus profond dégoût devant ces actes et ces propos. »

Quelle mouche a piqué nos amis décroissants ? Se sentent-ils propriétaires d’un concept ? La décroissance n’est-elle pas une idée à débattre et à enrichir au gré des confrontations et des expériences ? Pourquoi La Décroissance ignore-t-elle dans son numéro d’avril-mai le mouvement social dit « anti-CPE » ? Suffit-il de prononcer des incantations bien-pensantes pour changer le monde ? D’où vient cette confiance immodérée dans le rôle bénéfique de l’État et de la loi ? Le Parti de la Décroissance deviendra-t-il une secte New-Age ? Ou un lobby sénatorial à la gauche de Voynet et Assouline ? Les écrits de Jacques Ellul et Serge Latouche ne méritent-ils pas mieux que ce triste copyright partisan ?

Article publié dans le supplément « Mouvement dit anti-CPE » accompagnant le CQFD n° 33, avril 2006.






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DÉCROISSANCE aller plus loin
Alméras jean | 11 septembre 2009 | contre grenelle - aller plus loin

Les points 13 et 14 des 20 propositions du contre grenelle 2007

13 - __ Contre l’emprise de l’économie, maintenons et renforçons l’interdiction du travail le dimanche et interdisons l’ouverture nocturne des grandes surfaces commerciales

14 - __ Contre l’idéologie du « travailler plus pour gagner plus » , reprenons le combat pour marcher vers les 32 heures en 4 jours et le droit de « vivre et travailler au pays »

C’est un peu superficiel

Quelques éléments pour aller un peu plus loin

13 et 14 : sur le travail

Aujourd’hui, le discours ultra- libéral niant la réalité historique voudrait faire croire que la seule façon de gagner plus, c’est de travailler plus. Or en un siècle, entre 1880 et 1980 le temps de travail annuel a été divisé par 2 et pourtant le niveau de vie d’un prolétaire de 1880 est sans commune mesure avec celui d’un salarié de 1980. (De plus, sur cette période, les destructions de deux guerres mondiales ont nécessité beaucoup de travail, non pour améliorer le niveau de vie , mais simplement pour reconstruire). Le simple constat de la réalité historique montre à l’évidence qu’on peut travailler moins et vivre beaucoup mieux. Il n’y a aucun mystère à cela : l’explication est toute entière dans le fait que chaque année, il y a des gains de productivité. La combativité sociale durant ce siècle a fait que ces gains de productivité ont largement bénéficié à l’ensemble des travailleurs.( Sous la forme de baisse du temps de travail et d’amélioration du niveau de vie ).

Après 1982 (les 39h et la 5e semaine de congés payés ) et jusqu’en 2002, l’attentisme et la faible combativité de l’ensemble des salariés ont favorisé un changement dans le partage des gains de productivité. Il s’est traduit par : Un ralentissement de la baisse du temps de travail ( par rapport aux années 1968 -1982) Une accélération de la montée du chômage Une stagnation du pouvoir d’achat pour la majorité avec un enrichissement de plus en plus éhonté des couches les plus aisées.

Depuis 2002 la baisse du temps de travail est la cible privilégiée de la droite et du patronat, pour en arriver avec l’élection de Sarkozy à la volonté de faire travailler plus ceux qui sont déjà à temps plein en faisant financer par la collectivité des gains individuels des patrons et des salariés (ni charges sociales ni impôts sur les heures supplémentaires ) . La collectivité paiera doublement en continuant à financer du chômage à des personnes privées d’emploi qui auraient dû accéder à ces heures. Cette mesure participe de la volonté du patronat et du gouvernement de faire exploser le code du travail. Dans le même temps le pouvoir d’achat baisse pour le plus grand nombre, l’enrichissement d’une minorité s’accroit, la richesse s’étale, pouvoir et people se congratulent.

Ceci dit faut-il « Reprendre le combat pour marcher vers les 32 heures en 4 jours… » ? Du temps de travail, du niveau de salaire et des conditions de travail découle en grande partie un mode de vie. 32 heures par semaine c’est de fait la moyenne du temps de travail effectué aujourd’hui rapporté à l’ensemble des personnes qui ont un travail ou qui sont en recherche d’emploi. Bien sûr qu’il serait plus juste de faire individuellement 32 h alors que la plupart des gens travaille entre 35 et 40 h, et que plus de 4 millions de personnes font entre quelques heures et pas d’heures du tout. Mais ces 32 h ne sont pas à la hauteur de la nécessité d’un changement radical de la société, changement que les problèmes écologiques actuels induits par notre mode de vie rendent d’autant plus nécessaire et urgent. Quand le niveau des océans aura monté d’une douzaine de mètres par suite de la fonte du Groenland et des banquises de l’antarctique, le combat pour marcher vers les 32 h paraîtra bien timoré. Si le combat pour la réduction du temps de travail est nécessaire, vital, il ne s’inscrit pas dans une opposition à Sarkozy aujourd’hui, demain à une « gauche » productiviste, mais dans un projet bien plus fondamental bien plus global, qui est d’avoir un mode de vie permettant un mieux être durable pour tous les habitants de la planète. L’objectif à atteindre au plus vite devrait plutôt être de l’ordre de 20 h de travail social (dans le sens de travail nécessaire au fonctionnement de la société ) par semaine en moyenne soit 900 h par an.

Cet objectif est à notre portée, si :

- 1 – On fait en sorte que en permanence, le plus grand nombre possible de personnes participent au travail social.

- 2 – On réduit le travail social à ce qui est nécessaire, utile dans un cadre démocratique (voir points 19-20 ). Ainsi on peut participer à la baisse du temps de travail en s’attaquant :
- aux productions nuisibles : publicité, armements offensifs, industrie chimique, 4x4, jets privés, airbus etc. …
- aux services redondants :3 réseaux de téléphone portable, gestion de la couverture sociale (un remboursement à 95 %, ou 100 % par la sécurité sociale rendrait inutile l’existence des mutuelles et des assurances.)
- aux secteurs largement « parasitaires » : banques, armée ….

- 3 – On revoit notre façon de produire et de consommer.
- Les productions des marchandises doivent être sévèrement règlementées de manière à rendre leur fabrication et leur usage respectueux de l’environnement, à limiter le gaspillage et la surconsommation (par exemple, obligation de garantie sur une très longue période, et donc prise en compte d’une facilité d’entretien et de réparation )
- Les consommateurs doivent être incités financièrement et par une aide à la prise de conscience, à des achats plus raisonnés.

La réalisation de ce qui précède, entraîne une rétroaction qui accentue la baisse du travail. En effet, une forte baisse du temps du travail permet à certains la réappropriation d’activités jusqu’alors réalisées dans le cadre d’un travail socialisé (garde des enfants, ménage, bricolage, jardin, entretien électro- ménager, voiture etc. etc. ….)

Comment impulser la lutte pour avancer vers les 20 h ? Des sommes colossales sont dépensées chaque année pour le traitement social du chômage . Concrètement, elles arrivent soit dans la poche des employeurs par toute sorte de dégrèvements (ça leur fait de la main d’œuvre bon marché), soit elles aident à vivre des salariés privés d’emplois. En aucun cas ces aides n’arrivent au salarié qui participent de fait, ou voudraient participer au partage du travail. Il serait souhaitable que toutes les aides aux employeurs servent à cette fin. Tout salarié travaillant entre 50 et 100% du temps légal du travail (aujourd’hui, 35h ) devrait être compensé de la moitié du temps le séparant du 100%. Ainsi un salarié à mi-temps devrait toucher 75% du même emploi à plein temps (un 60% toucherait 80%, un 80% toucherait 90% ). Cette compensation devrait être payée moitié par l’employeur, moitié par les ASSEDIC Il est normal que l’employeur, paie plus un salarié à temps partiel car cela lui permet une plus grande souplesse dans l’organisation de son entreprise. Il est normal que les ASSEDIC participent car cette mesure ferait diminuer le chômage.

Temps partiel…..Salaire….Augmentation salaire horaire

…90 %………… 95 % …………….5,5 %

…80 % …………90 %…………….12,5 %

…70 %………….85 %…………….21,4 %

…60 %………….80 %…………….33,3 %

…50 %………….75 %…………….50 %

Statistiquement un emploi à temps plein serait financé pour 50 % par les salariés, 25 % par l’employeur et 25% par les ASSEDIC. Si quelques millions d’emplois étaient ainsi partagés, la diminution de la pression du chômage ne pourrait aller que dans le bon sens pour l’ensemble des salariés.

Sur l’ensemble de la société, l’idée qu’on peut vivre mieux en travaillant moins serait renforcée car la mise en pratique de la mesure serait porteuse de questionnement pour ceux qui ne l’avaient pas encore envisagé.

Imaginons : La mesure est adoptée. Dans l’année qui suit, 1 salarié sur 10 choisit de passer d’un plein temps à un temps partiel à 50% . Pour eux, vivre mieux en travaillant moins est un choix, une réalité concrète. C’est important, c’est déjà beaucoup. Pour ceux qui retrouvent un travail salarié c’est mieux aussi. Mais le plus important c’est le début possible d’une dynamique. Un salarié sur dix qui choisirait un temps partiel, ça signifierait que chacun dans son entourage connaitrait une ou plusieurs personnes qui auraient fait un tel choix. C’est montrer par l’action que c’est possible, qu’on peut vivre autrement. C’est amener chacun à s’interroger… travail et consommation ne sont pas des horizons indépassables, c’est ouvrir des perspectives.

14 bis - Pour la laïcisation du calendrier, remplaçons les fériés religieux par une semaine de congés payés pour tous. En plus de la nécessaire laïcisation du calendrier cette mesure efface 2 injustices :
- la religion chrétienne n’est plus privilégiée par rapport aux autres croyances (pas de fériés spécifiques pour les musulmans, les juifs, les animistes, les raëliens etc. etc. ).
- De nombreux salariés ne bénéficient pas de ces jours fériés. ( Si leur entreprise est fermée ce jour là, ils ne sont pas payés ou doivent rattraper les heures.)

Texte complet à cette adresse

http://forum.decroissance.info/viewtopic.php ?p=50300#50300

DÉCROISSANCE, MARQUE DÉPOSÉE
Fabien Abraini | 2 juin 2006 | http://www.decroissance.org/textes/...

Bonjour CQFD. Si vous voulez rire un peu, allez donc voir la nouvelle marotte de décroissance.org, le site du journal La Décroissance. Leur nouveau jeu, c’est de dénoncer sur leur site les gens qui disent du mal d’eux sur le forum du site décroissance.info, qui est devenu leur nouvelle cible (parce que, vous rendez-vous compte, on laisse la parole à des gens non autorisés sur le forum). En tout cas, ça marche très bien. Il suffit de se moquer un peu d’eux pour être dénoncé dans les heures qui suivent. http://www.decroissance.org/textes/decinfo.htm

Au fait, décroissance est bel et bien une marque déposée : http://forum.decroissance.info/viewtopic.php ?t=2767&start=0&postdays=0&postorder=asc&highlight=deposee

Etonnant, non ?

 

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