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CQFD N°034


LES VIEUX DOSSIERS D’IFFIK

PETITE HISTOIRE DU REVENU GARANTI

Mis à jour le :15 mai 2006. Auteur : Iffik Le Guen.


Jouons cartes sur table, cher lecteur : le revenu garanti est la mauvaise conscience du capitalisme autant que son renversement. Avec les poor laws, l’Angleterre du XVIIIe siècle, ne sachant que faire des paysans expulsés de leurs terres et déboulant en masse dans les villes, invente un contrôle social fondé sur le triptyque « assister, surveiller, punir ». En échange d’un maigre pécule, le chômeur est tenu à n’importe quel labeur proposé par la paroisse. L’enjeu est clair : faire accepter le salariat comme une contrainte naturelle et éviter que ces rudes gaillards ne secouent le joug. Comme le RMI, non ? Continuons. Thomas Paine est lui le précurseur d’un revenu garanti s’appuyant sur le droit naturel : puisque la civilisation corrompt l’état primitif d’égalité qui régnait entre les hommes, la société doit les indemniser de ce qu’ils ont perdu. Mais, bien que proche de ceux pour qui la propriété c’est le vol, il ne propose qu’une réforme permettant au prince de dormir tranquille. Le système utopique de Fourier est l’échappée belle de cette histoire. Les membres de ses phalanstères recevraient un revenu suffisant pour vivre peinards, et libre à chacun d’exercer une activité suivant son goût et ses aptitudes. Cette vision de microéconomie socialiste sera balayée par Marx.

Venons-en au XXe siècle, riche en relectures du Capital. Comme celle d’un certain Duboin, lançant dans les années 30 l’idée d’un revenu universel du type maximum vital qui, dans une société d’abondance, serait disjoint du travail. Pour lui et ses épigones, tout est soluble dans la réforme économique. Concernant le délire antisémite de l’époque, voilà leur raisonnement : « Si les juifs capitalistes sont nocifs, la suppression du capitalisme ne peut que les rendre inoffensifs.  » Les Duboinistes du groupe Collaboration ( !) auront pu défendre leurs thèses jusqu’en juillet 44… Bizarrement, la notion de revenu garanti tombe ensuite aux oubliettes jusque dans les années 70. Le mouvement autonome italien la ressuscite avec le salario soziale, repris en France par la revue Camarades : « La garantie des ressources pour tous veut dire nous voulons vivre, nous avons besoin de fric, aux patrons et à l’État de se débrouiller pour nous trouver en plus du boulot s’ils tiennent à contrôler ce fric par une contrainte au travail. » L’idée perdure avec les mouvements de précaires et les négristes des années 80-90. Ils prennent acte de la marchandisation totale de la vie dans l’économie immatérielle (et de l’homme moderne comme entrepreneur-créateur de sa propre vie, producteur permanent de richesses) dont la juste contrepartie serait un revenu garanti optimum. Il s’agit d’un bon conseil adressé au capitalisme mondial intégré pour minimiser le risque d’insurrection… Claude Guillon1 ironise : « Ce raisonnement pourrait figurer le summum de l’esprit marchand, d’autant qu’il n’y a pas de raison sérieuse de ne pas l’étendre au foetus qui lui aussi consomme des examens médicaux et des actes chirurgicaux.  [1] »

Article publié dans CQFD n° 34, mai 2006.


[1] Claude Guillon, Économie de la misère, La Digitale, 1999.





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PETITE HISTOIRE DU REVENU GARANTI
racoleuse passive | 24 mai 2006 | RMI en MAI

Compte rendu de l’action du 17 Mai à la CAF de LA ROCHELLE concernant l’application d’attribution du RMI.

Hier nous étions 4 à distribuer un tract à l’intérieur des locaux de la CAF de LA ROCHELLE, afin d’exiger des explications sur l’application de la loi de décentralisation du RMI.

Nous avions préparé un certain de nombre de questions afin de comprendre la décision de la CAF à condamner une personne à vivre avec des ressources d’une centaine d’euro pendant plusieurs mois ce qui nous semblait en contradiction avec l’esprit de la loi sur l’attribution du RMI, mais surtout d’une violence extrême à l’égard des personnes concernées.

Jusque la nous n’avions eu que des réponses très vagues sur la délégation des responsabilités sur l’attribution du RMI et sur la commission qui décidait de l’évaluation des revenus durant la périodes des trois mois précédant la demande de RMI, (période sur laquelle la loi s’appuie pour calculer le montant du RMI attribué) et de la neutralisation des ressources précédant la période d’attribution des droits.

La deuxième question était de connaître le texte de loi sur lequel s’appuyait la CAF pour décider son calcul.

Face à ces question nous avons du faire face à mur du silence et les employés de la CAF après nous avoir signifiés que nous devions quitter les lieux et cesser de distribuer des tracts, nous ont proposés un entretien individuel que nous avons refusé.

En effet notre intention était de sensibiliser les usagers présents à notre action, et nous espérions que certain d’entre eux désireraient se joindre à notre action.

Notre tract mentionnait la décision de mettre en place à LA ROCHELLE un collectif RTO (résistance au travail obligatoire), en lien avec le collectif RTO de PARIS et LILLE. Afin de créer un lieu de rencontre nous avions annoncé que le collectif RTO se regrouperait régulièrement devant la CAF le mercredi après midi à 15 H pour décider d’actions collectives.

Plusieurs usager ont manifesté leur sympathie à l’égard de l’action que nous étions en train de mener et un d’entre eux s’est joint à nous jusqu’à la fin de l’action, et nous a laissé ses coordonnées. D’autre ont signifié leur indifférence car ne touchant pas le RMI ils ne se sentaient pas concerné. Un seul à montré une hostilité à notre action, prétextant que la CAF était un lieu de « défense des usagers, émminament social, et que ses décisions ne sauraient être contestées, donc que nous allions crever ailleurs et de préférence en silence » ce qui n’a pas manqué de courroucer certains d’entre nous. Les employés de la CAF sont restés relativement neutres , à part une personne qui nous a fait part de son sentiment de ne plus se sentir « chez elle », et qui trouvait qu’il n’y avait dans l’attribution de ce RMI SUPER ALLEGE « rien à signaler de particulier ». Le tract faisait quand même mention d’une situation particulière d’une personne qui , (privée de toutes ressources après calcul du RMI pour le mois de Mai et contrainte de vivre les 3 mois suivant avec une centaine d’euros , menait un grève de la faim depuis 5 jours. Mais le directeur de la CAF nous signifia qu’il n’aimait pas qu’on lui fit la morale, quand nous lui demandâmes si le budget qu’il attribuait pour le mois de MAI à son chien n’était pas plus élevé !!! Dans la foulée, Monsieur le directeur adjoint, (peut être pensait il à sa promo ?) nous a signifié un refus total de nous informer sur les missions déléguées du conseil général à la CAF et sur la composition des commissions statuant sur l’attribution et le montant du RMI. Nous ne pouvons que nous interroger sur une telle opacité de fonctionnement ? Pourquoi tant de mystère sur la gestion du RMI ? Nous aurions pourtant bien aimé connaître les personnes qui nous condamnent à des 100 euros de ressources, et pourquoi pas nous aurions pu les interroger, sans moralisation d’aucune sorte bien sur, sur les salaires qu’elles perçoivent pour nous mettre à un tel régime. En fait il ne voulait traiter que de la situation particulière refusant de répondre à des questions d’ordre général. Bien que nous lui ayons fait constater que la loi de 2003 prévoyait que des le dépôt du dossier RMI l’allocataire doit être informé de ses droits et devoirs. Mais sans doute s’agit il en matière de droit comme en matière de ressources, que de droits « allégés ».

En conclusion notre action nous a permis d’obtenir un engagement du directeur adjoint d’intervenir en urgence auprès du conseil général afin de demander une dérogation dans le cadre de la neutralisation des ressources des mois précédant, et un rendez vous pour le vendredi 19 mai à 11H. Dans le cadre de ce rendez vous il s’est engagé à nous donner connaissance du texte de référence pour le calcul et la neutralisation des ressources…..nous avons fait de cet élément un des facteurs décisifs dans la continuation de notre action . Si satisfaction nous est donné sur la neutralisation des ressources pour maintenir un revenu au moins égal au RMI dans le mois qui suit l’arrêt des ressources, nous allons ensuite faire en sorte de transformer l’essaie en exigeant que ce droit ne soit pas accordé au cas par cas, mais de façon systématique.

LA ROCHELLE, jeudi 18 mai 2006 COLLECTIF RTO LA ROCHELLE

Mail collectif rto LA ROCHELLE : Collectif.rto@laposte.net

 

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