Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°034
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°034


REVENU OPTIMUM GARANTI

ET SI ON PARLAIT POGNON ?

Mis à jour le :15 mai 2006. Auteur : Iffik Le Guen.

Alors qu’un Premier ministre à l’agonie coasse que le chômage baisse, une vieille question revient hanter les radiés et radiables de l’ANPE : et si la vraie solution à l’emploi - car c’est bien l’emploi le problème, pas le chômage - c’était de garantir un revenu optimum à tout le monde ? Entretien avec Marius, membre du collectif AC ! de Marseille.

CQFD : Pourquoi exiger un revenu garanti ?

Marius : C’est une revendication qui arrive à la suite des luttes ouvrières en Italie dans les années 60 et des réflexions du Cargo (Collectif d’agitation pour un revenu garanti optimum) d’AC ! dans les années 90. L’idée est de patrir de la réalité et non d’un grand discours sur la société idéale. Or la réalité, et aussi la misère, c’est la thune. Quand tu es chômeur, tu as deux possibilités : demander un boulot ou de la thune. Moi, je suis plutôt pour qu’on s’approprie les richesses, comme ce qui a existé avec la lutte des chômeurs pour la prime de Noël ou les réquisitions dans les supermarchés. En plus, si tout le monde reçoit un revenu garanti, l’argent perd de sa valeur. On revendique la gratuité des transports, pourquoi pas la gratuité de l’argent ?

Le revenu garanti pour tous ? Même pour Seillière ou Parisot ?

Oui. Le fils de bourgeois qui dit merde à sa famille ou le contremaître qui s’implique dans la grève, c’est un type qui lutte avec moi. L’important, c’est de refuser qu’on nous divise. Il n’y a pas de différence entre quelqu’un qui touche l’ASS, un intermittent, un handicapé ou celui qui se retrouve en prison, voiture-balai de l’ANPE. Si on veut l’égalité des droits, elle doit être pour tout le monde sans pinailler sur la pureté d’un tel par rapport à un autre.

Quelle différence entre le revenu garanti et le RMI ou le revenu universel proposé par les Verts ?

Le RMI est parti d’une lutte de chômeurs récupérée par les conseillers de Rocard pour éviter que le système leur pète à la gueule. Le revenu universel n’est qu’un RMI amélioré qui correspond au seuil de pauvreté. Le revenu garanti ne doit pas être en dessous du SMIC, pour refuser le travail forcé, choisir de bosser ou non. Ce n’est pas un but en soi, c’est un outil dans la lutte pour mobiliser un maximum de gens.

Que réponds-tu à la critique qui consiste à décrire le revenu garanti comme un moyen supplémentaire pour acheter la paix sociale ?

Des Argentins de passage à Marseille s’étaient étonnés qu’il n’y ait pas plus de luttes en France, parce qu’avec le RMI on pouvait davantage penser à se battre qu’à chercher ce qu’on allait bouffer le soir. Si la misère aidait à se révolter, le monde serait déjà en ébullition. De toute façon, le revenu garanti est juste un outil pour s’attaquer en même temps à tout ce qui nous opprime, le gouvernement aux ordres du patronat qui pousse à la destruction des droits, le salariat et le pognon. La réalité actuelle, c’est accepter de plus en plus de précarité, c’est des nouveaux contrats pour travailler plus, dans des conditions toujours plus mauvaises et en fermant sa gueule. Le chômage doit continuer à faire peur pour que les jeunes qui prennent un boulot continuent de participer à l’idéologie du travail, à l’émancipation par le travail. Mais la réalité, c’est le bizutage systématique des jeunes avec la bénédiction des syndicats. Même les fonctionnaires (ceux qui gèrent les objectifs de contrôle des chômeurs, comme à l’ANPE par exemple) sont formatés par cette peur et appliquent majoritairement les consignes de leurs chefs.

Certains voient dans le revenu garanti un possible mode d’aménagement du capitalisme nouvelle manière puisque, déjà, de nombreux emplois sont sous contrats aidés et les revenus socialisés.

Mais l’État aide surtout les employeurs avec ce type de contrats. Et les revenus restent largement en dessous du SMIC. Un revenu garanti optimum est une revendication vraiment offensive pour éviter que l’on se retrouve toujours à supplier le patron de nous garder notre emploi et nos sous. Mais ce n’est pas le message des syndicats : je garde mon boulot et tu peux continuer à m’exploiter. Ce n’est pas une revendication trop floue et générale, comme la révolution ou rien, l’égalité pour tous. Ce n’est pas la lutte corporatiste des intermittents instrumentalisés par la CGT. Et ce n’est pas non plus le slogan de la CNT - « travailler tous et autrement  » - qui renvoie à une situation de plein emploi assurée seulement pendant les guerres ou sous les dictatures. La question du revenu garanti, au contraire, et sans prétention de vérité absolue, c’est de voir comment se réapproprier les richesses et remettre en question les dogmes du travail. C’est prendre conscience qu’on est un tout opprimé et qu’on vous emmerde pour un bon moment encore.

PROPOS RECUEILLIS PAR IFFIK LEGUEN

Article publié dans CQFD n° 34, mai 2006.
Lire également l’article PETITE HISTOIRE DU REVENU GARANTI paru dans le même numéro.






>Réagir<

ET SI ON PARLAIT POGNON ?
Bast | 18 juin 2007 |

Pfff…

On ne parle jamais du financement : quel serait le type suffisament con pour payer ce revenu à d’autres ? L’Etat subventionne déja la culture, l’éducation, la recherche, l’économie, la santé (il y a des aléas conjoncturels)… Souhaiter que l’Etat (ou une colectivité locale, ah ah !) fournisse un idéal me déplait. On ne parle aussi jamais d’autre chose : un revenu pour « tout le monde », mais seulement pour telle population d’un territoire. ça me ferrait marrer si le revenu universel était donné aux clandestins ! C’est le meilleur moyen pour les stigmatiser. Enfin, quelles finalités éthiques ? Ma propre conception du socialisme, c’était de se débarrasser de la charité ; et là c’est son institutionnalisation ! C’est pouvoir vivre avec les revenus de son travail (et pas ponctionné par un voyou comme cela arrive trop souvent où une administration) qu’on a choisi. Sans avoir à dire « Merci », l’indépendance quoi. L’Etat compense déja en partie avec des mécanismes que l’on connait.

Sans caricaturé, voici ce qui est proposé : Etat fort au frontières, Taxes, Lacheté, et Inégalités (en plus sous couvert de celle ci)

Bravo à ce mr, je connais très bien le discours qu’il va me sortir : fétishisation du travail blabla… Je peux aussi avancer une chose : les individus « liberés » gràce à ce revenu, ne scieraient jamais la branche sur laquelle ils reposent : le libéralisme mondialisé (pour l’instant meilleur créateur de richesses en occident - y a qu’a voir les profits des PME et du cac40).

Garantir le droit à la vie ! Mon c..

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |