Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°034
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°034


GALETTES ET GAUFRIER

NO FUTURE ET VENDETTA

Mis à jour le :15 mai 2006. Auteur : Pierre Etbunk, Sébastien Dubost.


POUR MOI, comme sans doute pour bien d’autres jeunots, le nom de Lucrate milk est associé à la chanson « I love you fuck off », et c’est à peu près tout. Faut dire qu’à la grande époque du groupe, je devais pogoter au fond de ma poussette. Quelle bonne idée donc que celle du label Folklore de la zone mondiale de sortir un coffret récapitulant la courte mais virulente épopée de ces arty-punks dont certains finirent par connaître le succès ailleurs (Bérurier noir, Négresses vertes). Le premier CD reprend la discographie intégrale du groupe, 59 minutes explosives, avec des morceaux dépassant rarement les deux minutes trente. Normal pour un groupe qui joue tout à fond. Sur le second, quinze groupes aux styles bigarrés, des Béru à Cellule X, reprennent les Lucrate. Enfin, le coffret se termine par un DVD au contenu dantesque et tout aussi joyeusement bordélique que la musique du groupe. A partir d’une page d’accueil volontairement répugnante, on accède, en fouillant bien, à tout un tas de trésors : extraits de concerts, clips de l’époque, roman-photo dans Hara-Kiri avec le professeur Choron… Et ce n’est pas tout, une partie DVD-rom contient également une bio du groupe, les paroles des chansons ainsi que leurs traductions, des affiches de concerts et bien d’autres choses que je vous laisse découvrir vous-même. Ce coffret est donc un bon moyen de découvrir Lucrate milk voire de le redécouvrir pour les survivants de cette époque. Et si vous le trouvez vendu plus de vingt euros, vous êtes invités à le voler.

Pierre Etbunk


EN LUI VONT PULLULANT toutes les vilénies dont la nature l’emplit et Fortune, riant à sa cause damnée, se fait la gouge d’un rebelle » Dès le début, par la bouche du héros, Macbeth vient tirer Evey du tapin et des griffes de la Main, bras ( !) armé du Destin qui contrôle l’Angleterre. Qui est ce redresseur de torts masqué, portant cape et chapeau ? V ! V pour Vendetta (Delcourt). Alors que sort au cinoche l’adaptation au goût sucré de blockbuster, il est bon de se rappeler l’amertume de l’oeuvre originale. Alan Moore (The Watchmen, From Hell) imagine une société post-guerre mondiale, dirigée par le Nouvel Âge. Ses chefs se cachent derrière la façade du Destin, ordinateur omnipotent. Le dessinateur David Lloyd (Kick Back) revisite ses influences comics, (Ron Embleton, Wrath of the Gods…). Lui, qui déclarait « je dois dire que Tintin ne m’a jamais rien fait », livre des planches glaciales qui font appréhender l’explosion. Or… V fait sauter le Parlement, fantôche paravent de la dictature. « Plus le calme était absolu, plus le coup de tonnerre choquera.  » Et cet artificier philosophe de destabiliser un pouvoir autiste par le détournement des médias. L’alternative erroriste est clairement exprimée : « Nous devons décider : vivre nos propres vies ou reprendre les chaînes. » Choisissons soigneusement. Les producteurs du film eux-mêmes devraient y songer : « Nos maîtres n’ont pas entendu la voix du peuple depuis des générations, Evey… et elle est bien plus puissante qu’ils ne veulent se le rappeler. »

Sébastien Dubost

Article publié dans CQFD n° 34, mai 2006.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |