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CQFD N°035



CHIEN MAPUCHE ECRASE

Mis à jour le :16 juin 2006. Auteur : Nicolas Arraitz.


Les dirigeantes socialistes ont un faible pour l’uniforme. En France, Royal veut encaserner les sauvageons. Au Chili, Bachelet laisserait bien crever les Indiens mapuches tombés sous le coup d’une loi antiterroriste datant de la dictature militaire. Condamnés à dix ans de prison pour avoir occupé des terres spoliées, trois leaders indiens et une activiste chilienne ont mené une grève de la faim de deux mois avant que la nouvelle présidente daigne examiner leur cas. Entre-temps, elle avait essuyé quelques reproches lors de sa tournée européenne. José Saramago, prix Nobel de littérature, lui a lancé : « Faites-moi le plaisir de jeter un œil au peuple mapuche, les Chiliens les plus anciens. » Fin mai, un Mapuche est passé par Marseille. La presse locale l’a superbement ignoré. Les élus PS, contactés par un Chilien qui croit au lobbying, aussi. Luis Llanquilef : « Dans les années 60, il y a eu un début de réforme agraire. Sitôt arrivé au pouvoir, Pinochet a tout défait. Il a livré nos terres aux exploitations forestières. Aujourd’hui, celles-ci veulent nous voler le peu qui nous reste, pour y planter des arbres génétiquement modifiés, qui arrivent à maturité en 15-20 ans au lieu de 50 et appauvrissent durablement le sol. Nous nous basons sur les documents de la réforme agraire pour réclamer la dévolution des terres. Mais les socialistes, au pouvoir depuis la fin de la dictature, n’ont plus rien à voir avec Allende. Eux aussi ont eu le cerveau lavé par les Chicago boys ultralibéraux. » CQFD a partagé un couscous avec Luis. Quand on lui a expliqué que dans les journaux d’ici la rubrique des chiens écrasés occupe plus de place que l’actualité internationale, il a répondu : « La prochaine fois, je parlerai de ce clébard mapuche envoyé en l’air par un camion. »

Publié dans CQFD N°35, juin 2006.






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Et si on parlait des Mapuche,
Nicolas | 30 septembre 2006 | Réseau d’Information et de Soutien au Peuple Mapuche

Bonjour à tous, Merci pour l’article il a le mérite de provoquer un petit débat. Je suis nés en France, et je travaille depuis de nombreuses années au Chili où j’ai eu l’occasion de travailler avec des Mapuche (là-bas ils sont seulement 600.000-1.000.000 a se revendiquer Mapuche, du fait de la persistence d’une discrimination tous les chiliens ne se revendiquent pas « mapuche » comme le fait avec raison MArio) et connaitre un peu les différents problèmes qu’ils vivent et qui ont menés certains sur le chemin de la prison… Aussi j’aimerai donner mon opinion sur ce qui est dit… Je n’irai pas employer les « grands mots » sur le caractère « clownesque » des pro-mapuche, de certains dirigeants, ni envers ceux qui les contredisent mais je pense que le seul interet de cet article s’est qu’il fait connaitre une situation grave au Chili (parmi d’autres qui touchent le peuple chilien et mapuche) ou des personnes sont emprisonnés par des gouvernements démocratiques (dont les membres se disent socialistes, chrétiens, passent leur temps a dire avec hypocrisie qu’ils sont tous un peu mapuche, que le chili est multiculturel, qu’ils aiment le folklore indigene et qui plus est font marché la machine néoliberale en faisant des projets de développement économiques pour développer « les pauvres petits mapuche qui sont pas capable de faire des choses tout seuls ») pour la seule raison qu’ils revendiquent leurs terres, des droits politiques et qu’ils sont mapuche.

Et ces propos ne sortent pas de la bouche d’un demeuré français qui connait rien au Chili et qui idéalise les indiens (j’ai passé ce stade) mais de toutes personnes -chiliennes, mapuche ou étrangères - connaissant un peu l’histoire et la réalité du Chili. Il est reconnu que le gouvernement de Lagos qui a précédé celui de Bachelet et dont elle se revendique la stricte continuatrice n’a jamais produit autant de répression envers les mapuche (assassinat en toute impunité du jeune lAlex Lemun, arrestations et emprisonnements de plus de 300 personnes mapuche ou sympatuisante), tout cela pour proteger les gros interets économiques des entreprises forestières (une bonne partie de l’économie chilienne se base sur l’exportation de pate a papier exploitée sur le territoire mapuche) occupant une grande partie des terres revendiquées par les communautés Mapuche. Parallement c’est sous le gouvernement de Lagos que les entreprises chiliennes ont fait le plus de bénéfice, tandis que les inégalités sociales n’ont jamais été forte… C’est ce modèle que Mme Bachelet et son gouvernement prétend perpétuer

Pour faire face à ces politiques d’un gouvernement réactionnaire, raciste et de classe (et je pese pourtant mes mots) il est vrai que l’extreme gauche chilienne qui est incarnée en partie par le journal « El punto Final » ne fait pas un gros poid malgrès son grand interet de soutenir les Mapuche (le dirigeant cité Luis Llanquilef fait partie du PC chilien). Avec ou sans le réseau voltaire, cette extrème gauche chilienne garde a mes yeux de français une certaine ambiguité. D’ailleur, ce qui est important, c’est de comprendre que l’extreme gauche latinoamericaine n’a pas grand chose a voir avec la française (elle soutient notemment sans aucune hésitation le pouvoir castriste)….

Bon, j’espere que cette petite contribution aura servi à quelques choses, mais je tiens à insister sur l’existence d’un véritable problème Mapuche qui lutte en effet, comme une partie du peuple chilien, contre un système néoliberale, ils sont ouverts sur le monde demande a ne plus être relégué à des citoyens de seconde classe, et c’est pour cette lutte que de nombreuses personnes ont été arrêtées, certains tués. Cette lutte, comme le montre MArio, est très mal vue par certains chiliens ou plutot mal comprises… Ceux-ci pensent que les mapuche sont plus privilégiés que le pauvre chilien, et qu’ils abusent de réclamer des terres qu’ils ont perdu en les échangeant contre un verre d’alcool, etc… etc…

Ce discours (faux car très incomplet, très simplificateur et ne retraçant pas toute l’histoire de la relation entre les mapuche et les chilien) est imprégné dans les mentalités et reproduit par les élites politiques justement pour légitimer la persistence de la violence envers les Mapuche…. Pour mieux comprendre la « vision mapuche », il est important de savoir qu’il y a 130 ans, les mapuche jouissaient d’une autonomie politique et territoriale sur plus de 5 millions d’hectares, puis ils ont été réduits par la « raison (les réserves) ou la force (le massacre de la »pacification d’araucanie« ) » par l’état chilien, et aujourd’hui ne possedents plus que 500.000 hectares (soit moins de 10% de leur territoire orinaires alors que leur nombre a grandi) et sont soumis aux politiques paternalistes néoliberales des gouvernement chiliens, qui en maintenant la pauvreté de ces populations les installent dans une logique d’assistance et de dépendance et leur enlève tout pouvoir politique.

Cordialement Nicolas

CHIEN MAPUCHE ECRASE
Stef (Chili) | 11 août 2006 |

Effectivement, la critique de Bachelet est un peu facile et effectivement, elle tombera à plat ailleurs que dans des milieux militants très spécialisés. Mario se montre quand même très amer et passe à côté de la générosité de l’équipe de CQFD. Mais il a raison sur le fond, et assimiler Bachelet à Royal est dérisoire, sinon ridicule, et il explique très bien pourquoi.

Bachelet a un parcours de militante anti-Pinochet qui la met au-dessus de tout soupcon ou procès d’intention. Son passé de prisonnière de la dictature la rend particulièrement bien placée pour solder l’héritage de cette époque noire et, enfin, débloquer la justice pour juger les responsables de l’operation Condor et permettre au pays de se tourner vers son passé au lieu de fuir en avant vers un avenir tout hypothétique. MALHEUREUSEMENT, le charisme qui l’a fait élire ne lui suffit pas pour mener à bien les réformes nécessaires et la dame manque cruellement d’autorité et d’appuis dans son propre camp. Son gouvernement la lache à chaque instant. L’opinion publique, comme partout adepte du zapping électoral mais aussi bien évidemment décue par la liste des promesses non tenues, commence à la chahuter. CE QUI MANQUE à Bachelet, c’est un vrai mouvement populaire pour la soutenir dans la rue en prenant son gouvernement par sa gauche, aux cris de « Jugeons Pinochet ! Libérons Bachelet ! ». On peut rêver…Mais il a fallu bien des grèves et des manifs pour permettre en France à un Blum et son gouvernement de Front pop’ de réaliser ses aspirations. Alors ?

CHIEN MAPUCHE ECRASE
Mario | 7 août 2006 |

Je trouve cet article sans interêt. En plus, je suis chilien, et j’en ai vraiment marre, je croyais que la France était un pays ouvert sur le reste du monde, mais ce n’est pas vrai, et le Chili, que personne ne prend la peine de connaitre, c’est toujours comme prétexte pour regarder votre nombril que vous en parlez.

En 1970, vous parliez d’Allende parce que chez vous, c’était bien pour lutter contre la droite gaulliste, les Etats-Unis, etc ; pareil quand Pinochet a fait son coup d’état. Maintenant, vous comparez Bachelet à Royal, alors que les deux personalités et le contexte de la France et de mon pays n’ont rien à voir. Mais la réalité du Chili, son histoire, son système politique et institutionnel, ca ne vous intéresse pas, c’est ca la vérité. Vous parlez de Bachelet pour lutter contre votre candidate socialiste, encore !

En plus, que connaissez vous des mapuche ?

A mon avis, encourager les mapuche dans leur lutte actuelle, c’est vraiment les pousser au suicide ! Ils ne pourront jamais garder leurs réserves si l’avenir économique du pays est en jeu, face à un grand projet énergétique par exemple !!

Ce que vous faites, je vais vous dire, c’est comme encourager les bretons au siècle dernier à se battre pour continuer á ramasser des algues sur le bord de la mer pour juste survivre !! C’est pas comme ca que la culture bretonne a gagné, mais c’est d’abord en décentralisant des usines qui auraient dû rester dans la capitale, pour permettre à la région de se développer,etc. Le Chili est très centralisé à Santiago, savez-vous ? Non, évidemment !

Encore une fois, vous regardez votre nombril ; parce que la France a du mal à vivre avec son passé de pays colonisateur, vous croyez vous racheter en défendant des minorités. Mais le Chili n’est pas un pays colonial, et c’est d’abord un pays METIS !! Tout le monde est un peu mapuche ici !

C’est dans votre pays que le front national gagne les élections !

Vous pourriez vous interesser à ce dont vous parlez, connaitre un peu les institutions, mettre les choses en relation avec un possible développement du Chili. Vous vous croyez incroyables parce que vous avez mangé un couscous avec un militant. Mais vous êtes comme des enfants, avec votre RMI pour manger, vos allocations pour dormir, votre CMU pour vous soigner, vos hôpitaux partout dans le pays et vos universités gratuites.

Réveillez-vous ! Même le plus de la banlieue de vous tous a grandi dans le luxe comparé à un chilien « normal ».

Je n’insiste pas. Je crois que vous êtes juste des clowns.

CHIEN MAPUCHE ECRASE
chacabuco | 29 juillet 2006 |

Eh, les gars, ca fait une semaine que j’ai « réagi » a cet article, sans suite ; vous etes toujours aussi long, ou c’est la canicule ?

Bon, c’est vrai que l’info (intégration de « Punto final » au Réseau Voltaire) n’est pas neuve (décembre 2005). Mais Saramago se trouvant en couv’ du dernier numéro du canard de ce mois-ci, ca confirme que lui et ses copains savent tirer profit d’une collaboration et d’un « soutien » á un journal du Tiers monde. Et la non-ingérence, qu’est-ce qu’elle devient ?

Salut Du Chili. C’est l’hiver ici, alors n’hésitez pas á envoyer un peu d’air de Marseille par ici ! CHAO

CHIEN MAPUCHE ECRASE
Chacabuco | 26 juillet 2006 |

Au Chili, encore, le fumeux « reseau Voltaire » vient de faire main basse sur « el punto final », journal historique de la gauche révolutionnaire. Et Saramago, proche dudit réseau, continue-t-il ses causeries avec Meyssan et Dieudonné ?

Que représentent les gentils petits indiens du Chili - « les plus anciens habitants » !! - pour des gens qui font une OPA sur les mouvements alternatifs du monde entier ? A mon avis, juste un prétexte pour emmerder Bachelet. Gracieusement relayé par CQFD.

 

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