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CQFD N°035



DOUBLE PEINE À L’ÉCOLE

Mis à jour le :15 juin 2006. Auteur : Mariam Diaby.


Walid, 19 ans, élève au lycée Louis-Armand (Paris XVe), se fait choper lors d’une manif anti-CPE. Accusé d’avoir brûlé une poubelle, il passe en comparution immédiate au TGI de Paris le 24 mars à quatre heures du matin. Condamné pour l’exemple, il se ramasse deux mois de prison ferme. Il purge sa peine à Fleury-Mérogis et sort le 4 mai. À un mois du bac, il retourne donc au lycée. C’est alors que le proviseur, Jean-Armel Le Gall, lui refuse l’accès à l’établissement « à titre conservatoire ». Walid n’ayant commis aucune infraction à l’intérieur du lycée, il ne peut subir de mesure d’exclusion. Qu’à cela ne tienne, le protal convoque un conseil de discipline pour « tentative de dégradation de l’établissement » (pas le pénitentiaire, le scolaire). Une tentative sacrément ratée, alors… Réuni le 22 mai, le conseil prononce l’exclusion de Walid. Conforme à l’air du temps, l’Éducation nationale fait dans la double peine.

Le même jour, Gabriel, élève dans le même établissement et condamné à dix mois avec sursis, subit le même châtiment : viré ! Malik, élève au lycée Arago (Paris XIIe) et qui a échappé, lui, aux griffes de la justice, passe en conseil de discipline le 29 mai. Motif ? Il a participé activement au mouvement contre le CPE, il a donc été très souvent absent, notamment pour assister aux procès de ses camarades de lutte… La directrice se passerait bien de cette forte tête et comme l’administration scolaire a les moyens de se débarrasser des éléments indésirables, elle aurait tort de s’en priver. Malik est donc lui aussi exclu de son bahut. « Nous avons atteint une période critique », déclarait Gilles de Robien fin mars, s’insurgeant du blocage des établissements et de ses conséquences sur l’assiduité des lycéens et étudiants. « Période critique », c’est en effet le terme approprié, s’agissant d’une époque où, quand la justice vous frappe, l’Éducation vous achève.

Article publié dans CQFD n° 35, juin 2006.






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