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CQFD N°035


UN NOUVEAU CAMP POUR ÉTRANGERS À MARSEILLE

POUR « FAIRE DES CRÂNES »

Mis à jour le :15 juin 2006. Auteur : Loubret.

Béton, caméras, barbelés, cages métalliques, tribunal intégré, rangée de cyprès pour cacher la taule aux regards du passant… Inauguré le 6 juin, le nouveau centre de rétention du Canet, à Marseille, est la riante façade high-tech d’une politique migratoire française vouée à faire du chiffre : vingt-cinq mille déportations d’étrangers prévues pour 2006. Question : à quoi ça sert ?

DANS LE LEXIQUE ENCHANTEUR des acronymes produits par le ministère de l’Intérieur, nous connaissions le coquin PAF (Police de l’Air et des Frontières). À l’occasion de l’entrée en service à Marseille du dernier né des outils de déportation (lire ci-dessous) dont dispose la police des étrangers, nous découvrons le répugnant CRA-ZA : Centre de rétention administrative - Zone d’attente. Le 6 juin 2006 (666 : le chiffre de la Bête !), le hangar n°3 du port d’Arenc s’est vidé de ses soixante étrangers en instance de « reconduite à la frontière », avec tous les personnels et matériels que leur surveillance et leur entretien exigent. Hommes, femmes, armes et bagages ont été transférés à deux kilomètres de là, dans le quartier du Canet, où un bizarre bâtiment aux peintures à peine sèches les attendait. Arenc [1] était un CRA-ZA avant la lettre, sans doute le plus ancien de France, clandestin de 1964 à 1975, légalisé depuis 1981. Le centre de rétention pouvait stocker soixante étrangers (sans-papiers et double-peine) pendant trente-deux jours au plus, large délai accordé aux bureaucrates de la déportation pour organiser des voyages en aller-simple vers des pays dits d’origine. La zone d’attente, elle, pouvait enfermer quatorze étrangers (interceptés à la descente de l’avion ou du bateau sans passeport, sans visas ou avec des documents bricolés) pendant vingt-quatre jours maximum, le temps pour ces mêmes bureaucrates de trouver le bateau ou l’avion ramenant le « non admis » à sa case départ.

Arenc était un objet de scandale récurrent pour les conditions matérielles infectes infligées aux étrangers. Mais cette notoriété ne perturbait guère l’administration. Lorsque la dénonciation émanait d’une autorité officielle (Comité européen pour la prévention de la torture, par exemple), le préfet des Bouches-du-Rhône se fendait d’un coup de peinture, de couvertures neuves et d’une visite guidée pour que la presse s’extasie de tant d’humanité. Et, roule ma poule, ça repartait pour quelques années. Au Canet, fini le bricolageet l’artisanat, on passe au stade industriel. Les capacités sont plus que doublées : 140 lits en CRA, 31 en ZA ; vidéosurveillance et serrures électroniques généralisées, normes « hôtelières » pour l’hébergement des étrangers, tout pour le confort des policiers. Ainsi, pour leur éviter les angoisses des escortes quotidiennes au palais de justice autant que pour inciter à l’abattage les juges chargés d’avaliser la prolongation de la rétention, une salle d’audience est aménagée à l’intérieur même du CRA-ZA. Ça fera drôle d’y entendre des décisions prises « au nom du peuple français ». Mais toutes ces questions d’intendance n’ont en définitive pas grand intérêt. Leur mise en avant occulte les fonctions réelles des centres de rétention et, plus généralement, du processus de déportation dont ils ne sont qu’un rouage. Parmi les multiples situations qui peuvent conduire un étranger à l’enfermement dans un CRA, la plus fréquente est celle du « sans-papiers », définie en termes juridiques par l’article L621-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) : « L’étranger qui a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L.211-1 et L.311-1 ou qui s’est maintenu en France au-delà de la durée autorisée par son visa sera puni d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 3 750 euros.  » C’est donc le risque qu’il encourt d’aller en prison qui transforme le sans-papiers en délinquant. Sarkozy n’y est pour rien, c’était déjà le cas en 1945, dix ans avant sa naissance.

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Le nouveau centre de rétention du Canet
Photo Gilles Lucas

Mais le délit ainsi créé se distingue des autres pour au moins deux raisons. D’une part, il ne caractérise pas un acte mais un état ; commis à chaque souffle de vie de l’étranger, c’est un délit permanent, flagrant au moindre contrôle d’identité. D’autre part, il ne porte préjudice à aucune personne physique ou morale ; le délinquant permanent ne s’en prend à aucun moment aux biens ou à la personne. C’est pourquoi, lorsqu’il est informé par la police ou la gendarmerie qu’ils détiennent un « sans-papiers », le procureur de la République juge très rarement opportun de poursuivre la procédure pénale entamée par le contrôle d’identité. Un délit non poursuivi par la justice est-il encore un délit ? Son auteur est-il un délinquant ? Pour évacuer ces questions dérangeantes, il suffit d’évacuer l’étranger. Au lieu d’ordonner sa libération, le procureur le laisse aux mains du préfet, chef de la police des étrangers. La mascarade tourne alors à la tragédie : la légère irrégularité administrative enclenche le mécanisme de la déportation d’un être humain dont la fiche signalétique dit très souvent : sexe, masculin ; âge, 30 ans ; profession, ouvrier ; nationalité, celle d’un pays pauvre. Le fil de son existence est brusquement interrompu, différents groupes armés vont s’emparer de son corps et se le repasser afin de l’expédier à des milliers de kilomètres du lieu d’interception.

Des moyens formidables sont mis en oeuvre pour que cette violence apparaisse légitime et légale, en premier lieu à ceux qui sont chargés de l’exercer. Pour que policiers, gendarmes, fonctionnaires de préfecture et autres magistrats n’aient pas d’états d’âme préjudiciables à leur zèle, il faut travestir des ouvriers victimes de la surexploitation d’un emploi au noir en individus notoirement dangereux pour la société. Tous les discours officiels sur la « maîtrise de l’immigration » y contribuent, soit directement (version xénophobe), soit de façon subliminale (toute la misère du monde). Pour crédibiliser spectaculairement cette représentation menaçante de l’étranger sans papiers, on ne lésine pas. On les menotte lors des déplacements extérieurs, on enferme les espaces de promenade dans des cages en acier : les fauves n’ont qu’à bien s’y tenir. Et pourtant, la machine à jeter « l’immigration subie » est médiocrement efficiente. Au cours des dernières années, près de la moitié des étrangers entrés menottés à Arenc en sont ressortis libres. Chaque année, un millier de personnes ont été embarquées sur un avion ou un bateau ; deux fois sur trois à destination du Maghreb, plus rarement vers des contrées plus lointaines, Chine, Thaïlande, Pérou… Ce nombre n’a pas beaucoup varié en dépit du volontarisme affiché par les ministres de l’Intérieur, des directives impératives données à leurs préfets pour multiplier les opérations de police visant à « faire des crânes » [2] et utiliser toutes les techniques de harcèlement permises aux confins de la légalité.

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Photo Gilles Lucas

Dans l’hypothèse la plus large, avec la capacité doublée du nouveau CRA-ZA, le préfet des Bouches-du-Rhône finira par déporter deux mille étrangers par an. Rapporté à la population du département, cet effectif représentera un habitant sur mille. Pour atteindre ce fabuleux résultat, on aura investi plus de 17 millions d’euros et farci la truelle de GFC Construction, filiale de Bouygues, maître d’oeuvre du chantier. Détail amusant : nombre de sans-papiers ont servi de main-d’oeuvre à la construction du centre… Au niveau national, la performance est encore plus dérisoire. Le ministre de l’Intérieur s’est félicité des 19 848 déportations de 2005, en progression de 26 % sur l’année précédente, et a fixé la même progression pour 2006 : un objectif de 25 000 « reconduites effectives ». Soit, en proportion de la population totale de la France (61 millions d’habitants), un taux de trois à quatre expulsés pour dix mille habitants… Toutes ces mesures ne poursuivent pas une réduction significative du nombre de sans-papiers, que les improbables experts estiment à quelques centaines de milliers. D’autant que certains « reconduits », à peine débarqués dans « leur » pays, reviennent aussi sec, avec d’autres nouveaux venus désinvoltes, parmi les trois cents millions de voyageurs que notre beau pays reçoit chaque année par ses ports, ses aéroports et ses trois mille kilomètres de frontières terrestres. Aussi aucune personne sensée, pas même au pouvoir, ne peut-elle croire à l’utilité affichée de la déportation des sans-papiers. Pourtant tout le monde fait comme si.

On peut trouver deux clés politiques à cette énigme. La première est bassement électoraliste, elle opère dans de nombreux domaines depuis l’émergence significative de l’extrême droite xénophobe il y a plus de vingt ans. Qu’il s’agisse de chasser sur les terres de Le Pen (offensive) ou de donner des gages à l’électorat xénophobe pour ne pas le perdre (défensive), la déportation d’étrangers indésirables est un puissant symbole d’autorité nationale. La seconde explication, non exclusive de la précédente, relève de la tartufferie. À l’heure où le pouvoir politique s’avère de moins en moins capable de protéger la société des ingérences économiques extérieures (quand il n’en est pas le serviteur complice), il tire sa dernière cartouche pour sauver les apparences de la souveraineté nationale. Tandis que l’on se dépense à courtiser les investisseurs étrangers pour qu’ils contrôlent une part de plus en plus importante de l’économie française, le bannissement de quelques bougres étrangers parmi les plus faibles doit signifier que « charbonnier reste maître chez soi  ».

Photos Gilles Lucas


Du bon usage de la « déportation »

Recourir au terme de « déportation », encore lourdement connoté de génocide nazi ou de goulag, pour désigner une procédure légale conçue en régime de démocratie représentative, ne procède en rien d’une provocation gratuite. Par sa définition lexicale, le mot est parfaitement pertinent : « exil dans un lieu déterminé, infligé pour des raisons politiques  » (dictionnaire Quillet-Flammarion, 1981). Il souligne la motivation (foncièrement politique) d’une mesure présentée comme une forme anodine du maintien de l’ordre public. Dans le jargon officiel, il s’agit (seulement) de « reconduite à la frontière », qui évoque ce rituel de l’hospitalité consistant, après une réception, à raccompagner les invités en bavardant un bout de chemin. La fonction idéologique des euphémismes dans la dénomination de procédés violents a été clairement dévoilée par Stanley Milgram dans son livre Soumission à l’autorité (1974). Par surcroît, l’euphémisme s’avère ici doublement mensonger. D’une part, les étrangers ne sont pas « reconduits » mais « éconduits manu militari ». D’autre part, leur route ne s’arrête pas à la frontière, mais dans un port ou aéroport d’un « autre pays d’accueil », souvent lointain, dont ils sont réputés être originaires. Bien entendu, l’identification aux convois de la mort serait déplacée. La déportation des étrangers sans papiers ne s’inscrit pas dans un processus d’extermination. Une fois arrivés à destination, les déportés peuvent subir diverses tracasseries, voire la prison, mais au bout du compte ils redeviendront libres de leurs mouvements. Jusqu’à la prochaine fois…


Humanisme S.A.

Dans un document de travail que s’est procuré CQFD, les architectes du centre de rétention du Canet apportent des précisions utiles sur la conception générale du bâtiment. Petit florilège…

« L’ensemble des fonctionnalités a été réfléchi pour une lecture précise et des cheminements sans équivoque. […] L’ensemble des matériaux constituant les aménagements ont été choisis pour leur solidité. […] Les flux des rétentionnaires sous forme de marche en avant sont respectés. […] C’est au deuxième étage que sont implantés les locaux de vestiaires de sport et de convivialité des fonctionnaires de police, afin de leur conférer intimité, discrétion et indépendance par rapport aux services proprement dits ; un accès de service contrôlé avec ascenseur leur est réservé. […] Le but est de ne rien montrer, de ne rien démontrer puisqu’il n’y a rien à voir, rien de visible y compris depuis l’autoroute dont nous avons affranchi les vues en créant une rangée de cyprès en complément de la barrière végétale existante.  »

Pour toutes questions, remarques et compliments aux bâtisseurs de l’ombre qui ont contribué à ce monument d’architecture, dans lequel ils comptent bien ne voir jamais enfermé un de leurs amis ou enfants, s’adresser à :
- Martial Desruelles, Philippe François et Jacques Gilmann, responsables de la société GFC Construction (filiale de Bouygues), 5, avenue de Poumeyrol, Caluire-et-Cuire. Tél. : 04 72 81 18 18.
- Roland Carta et Patrick Triacca, de C+T Architecture, 20, rue Saint-Jacques, Marseille. Tél : 04 96 10 29 00.
- Marc Larivière, architecte, 48, rue Jeanne-d’Arc, Lille. Tél. : 03 28 38 00 20.
- Christian Delage, responsable de la société Ingérop, 168, boulevard de Verdun, Courbevoie. Tél. : 01 49 04 55 00.
- Cyril Serrand, de la société Exprimm, 415, rue Claude-Nicolas Ledoux, Aix-en-Provence. Tél. : 04 42 97 24 30.
- André Bourdier, de la société Idex & Cie, 350, rue Jean- R.Guillibert-Gautier, Aix-en-Provence. Tél.:04 42 24 25 52.

Article publié dans CQFD n° 35, juin 2006.


[1] Curieuse coutume que la désignation des lieux d’enfermement par le nom de la ville ou du quartier où ils sont implantés : Fresnes, les Baumettes, Loos-lés-Lille…

[2] Selon le délicat jargon des forces de l’ordre.





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A tous les (architectes) bâtisseurs de l’ombre…
Maëlle Joveniaux (étudiante en architecture) | 28 juin 2006 |

« Soyez radicaux ! », maître mot des études d’architecture. « Soyez radicaux ! », mais pas trop quand même, d’ailleurs vous jouez le jeu à merveille, assis, sur les bancs d’un amphi tandis que le mouvement de printemps subit la répression. Architectes de demain peut-être, totalement désintéressés des mouvements et des dynamiques de société. Futurs bâtisseurs de l’ombre peut-être, à l’image des archis du centre de rétention du Canet, déjà, avant même d’exercer et de construire, clamant la neutralité de l’architecture…

Alors architectes, étudiants, clamez, proclamez, déclamez : la discipline « architecture » , malgré tout ce que vous pouvez en dire, n’appelle pas à la neutralité. Par le simple fait de construire, donner forme à des espaces, accepter telle ou telle commande, faire des choix dans l’application d’un programme, votre neutralité est mise à mal : tout appelle au choix et c’est vous qui choisissez, être architecte, c’est intervenir et non s’éclipser. Alors défendez vous, dites vous soumis au collectivités, à des politiques, que vous n’avez pas le choix, qu’il vous faudra bien manger à la fin du mois, que vous êtes (plus ou moins) à votre compte, que vous n’avez pas la sécurité de savoir quels projets vous seront proposés à l’avenir, etc etc… On a toujours le choix, dites plus simplement que votre petit confort importe plus que vos idéaux, si vous en possédez encore…

Où sont passées les utopies ? Pourrait-on imaginer une toute autre vision et pratique du projet ?

Au lieu de se soumettre, imaginons que l’architecte relève la tête, il choisit les projets auxquels il veut « collaborer », cela implique de refuser certains projets qui sont menés par une politique qu’il ne soutient pas, cela veut juste dire avoir le culot et le courage de s’opposer, de se griller quelques lignes au carnet d’adresse. Mais que vaut-il mieux : faire ce que l’on croit juste, s’engager ou alors se travestir, juste pour être à la bonne de quelques costards bedonnants ? Ensuite, on pourrait considérer que l’architecte soit capable de remettre en cause un programme pondu de toute pièces par quelques personnes reniant le contexte du projet et sa portée, pour ne voir que ses denrées économiques et la possibilité de faire reluire leur blason. Prendre le contre pied d’un programme, le modifier, quel architecte ose encore ? On demande des cellules invivables ? Satisfait et fier, l’architecte va, bien entendu en toute conscience de son devoir, pousser l’invivable à son paroxysme. Et si celui-ci décidait que son devoir était de les rendre « vivables » ? Peu s’y appliquent… Construire une prison, un centre de rétention, n’est-ce pas s’interroger sur les missions de milieu carcéral, la politique qui le gouverne, les libertés et les droits de l’Homme ? N’est-ce pas une occasion de remettre en cause certaines pratiques déclarées comme inévitables, comme fait, « vérité absolue » ? On peut étendre cette pratique à tous les projets… Une école ? Quel est le rôle de l’école, sa fonction ? Que doit-elle développer ? Comment perçoit-on la pédagogie, l’échange de savoir, l’apprentissage ? Une place ? Un marché, un lieu où on prend le temps, où l’on flâne ou alors un parking pour accueillir les gens pressés ? Musée, bibliothèque, mairie, centre de recherche, université, maison de quartier, aménagement urbain, et puis à plus petite échelle, projets individuels, chaque projet devrait être un point d’interrogation, une question en suspens et non pas la conclusion d’un programme. L’architecte se devrait d’être une des premières interrogation.

Mais non, architectes d’aujourd’hui, sans éthique, définisse leur métier comme l’agencement de matière et de murs dans le but de créer des espaces. L’espace est un abstrait contenu entre des murs concrets, il n’est dorénavant que perçu dans sa dimension de volume. On n’apprend plus que l’espace est aussi un espace de vie, avec des acteurs et que celui ci ne peut pas être figé, qu’il dépasse largement une zone délimitée sur un plan. Alors… radicaux les architectes ? Radicaux quand il s’agit de placer tel ou tel mur de telle ou telle façon, le radicalisme architectural est un radicalisme de forme, dénudé de toute réflexion sociologique, anthropologique, politique… (et tellement d’autres encore qui devraient être prises en compte).

Mais non, architectes de demain ne seront pas mieux. Ils traînent sur les bancs des amphis, incapable d’être critique par rapport à des savoirs qu’on leur digère préalablement avant de leur faire ingérer dans une pédagogie qui nie l’importance des sciences humaines dans le travail de projet architectural. Chacun sortira, « saint » mettant tout son bon cœur à réaliser des programmes inhumains et ridicules, se dégageant de toute responsabilités. On rentre le programme par une oreille, il ressort par l’ordinateur, bientôt pourra-t-on peut être même rentrer directement les programme dans celui ci pour que, en son âme et conscience, il nous fabrique un projet, dans toute sa dimension humaine bien sûr !

Il n’y a plus qu’à espérer que certains soit encore capable de « pécher » et s’opposer à cette tendance, dictée par la loi de l’image qu’a accentué la venue de l’informatique et la 3D, qui fait que le projet n’est plus contenu dans l’espace vivant qu’il génère, qui sera habité, occupé, envahi par l’acteur du lieu mais simplement une image sensée remporter un concours, le prestige de gagner importe dorénavant plus que l’action de « faire ».

Alors architectes présents et futurs… soyez radicaux, imposez vos idées, prenez position, opposez vous… Quelques irréductibles se sont mis en tête de reprendre leurs responsabilités et d’inverser cette triste tendance actuelle…

 

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