Accueil
Sommaire du N°010
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°010



Les brèves du n°10

Mis à jour le :15 mars 2004. .


Désinvolte

C’est étonnant : le très accablant rapport du Comité européen de prévention de la torture sur les conditions de détention en France (voir CQFD n°9) n’a pas convaincu le garde des Sceaux. Dans une réponse donnée fin février, Dominique Perben balaie toute remarque critique d’un revers de gant. Selon le premier maton de France, l’entassement carcéral décrit par le CPT est imputable à « l’augmentation réelle de la délinquance que la France a subie ces dernières années ». Ce qui n’empêche pas le même Perben, en duo avec son rival Sarkozy, de se répandre à longueur d’ondes sur la spectaculaire baisse de la délinquance dûe à leur tolérance zéro. Ni d’inciter les parquets à requérir des peines de prison ferme pour des peccadilles. Comme disait l’autre : soyons désinvoltes, n’ayons l’air de rien…


Cohérent

Qui a dit que les grèves avaient des effets néfastes sur l’économie ? Si c’est Luc Ferry, il aurait mieux fait de la boucler, une fois de plus. Selon le Monde (27/02/04), les retenues effectuées sur les salaires des enseignants grévistes du printemps dernier ont permis au ministère de l’Education nationale d’engranger 230 millions d’euros de bénéfices - pardon, « d’économies ». Un sous-fifre de Luc Ferry a indiqué que la somme avait été reversée au budget, où elle pourrait servir à financer les allègements de charges patronales sur les bas salaires. Bas salaires réservés en priorité aux gamins qui échouent à l’école suite aux choix budgétaires que les grévistes entendaient dénoncer… Non seulement tout ça rapporte, mais en plus ça se tient.


Courageux

Jean-Claude Gaudin a tout compris au conflit israélo-palestinien. Au terme de son voyage « officiel » à Tel Aviv, le maire de Marseille a absolument tenu à faire part de son analyse à la communauté internationale : « Les Israéliens ne peuvent pas toujours céder du terrain aux autres » (RFI, 23/01/04). Si l’on comprend bien, pour le maire de Marseille, il est temps que les Palestiniens cessent leur politique de colonisation des territoires israéliens… Pendant qu’il y était, Gaudin aurait pu demander aux organisations terroristes israéliennes d’arrêter leurs attentats suicide.


Rusé

Après avoir traîné en justice les anti-pubs qui détournaient ses réclames, la RATP, pour se refaire un look, a décidé le 7 mars de mettre à leur disposition les panneaux publicitaires de la station de métro Liberté, rebaptisée « Liberté d’expression » sur une idée à la con d’un conseiller en com’. Avec un peu de chance, Séguéla rachètera à la RATP les œuvres des anti-pubs pour illustrer la prochaine campagne de Carrefour.


Pédago (1)

Kévin Jamin, un prof vacataire de 29 ans, enseignait depuis quatre mois l’histoire-géo au lycée Albert-Camus de Nantes, où il avait, selon le rectorat, établi un « bon contact » avec ses élèves. Mais le 8 mars, en plein milieu du cours, le proviseur du bahut fait irruption dans sa classe et le prie de remballer ses cahiers. Motif : Jamin en est à sa 199e heure de vacation. Pour éviter qu’il atteigne les 200 heures, seuil au-delà duquel il aurait dû être contractualisé jusqu’en juillet, il fallait donc le virer illico presto. Les élèves qui ont assisté en direct à l’éjection de leur prof auront appris quelque chose de précieux ce jour-là.


Pédago (2)

Depuis décembre, l’usine Coca-Cola de Pennes-Mirabeau, une des cinq unités de production françaises de la boisson brunâtre, accueille un groupe de cinq élèves « issus des quartiers défavorisés des Bouches-du-Rhône ». « Nous souhaitons motiver les jeunes à s’en sortir », a expliqué le directeur de l’usine à Libération (01/03/04). De préférence en direction de la pointeuse : d’ici juin, cent cinquante lycéens se seront initiés au savoir-faire de l’embouteillage, à l’art du packaging et à la philosophie qui fait roter. « C’est clairement une opération commerciale, admet une directrice de collège, mais nous avons tellement de mal à placer nos élèves en stage dans les entreprises que nous avons accepté. » Heureusement, toutes les défenses naturelles n’ont pas lâché. Selon la journaliste de Libé, il y aurait eu quelques problèmes de « discipline » avec des mômes « qui faisaient la circulation sur le rond-point à l’entrée de l’usine », pour rigoler. Ça promet des heures sup’ pour le DRH.


Relocalisé

A ce stade, ce n’est plus du cadeau mais du gavage : le gouvernement vient de porter le bonheur du patronat vers des sommets orgasmiques en créant le Titre emploi entreprise (TEE), une trouvaille géniale qui pourrait bien accoucher d’une nouvelle génération de travailleurs super-précaires. Géré par l’URSSAF, le TEE est un procédé d’embauche qui permet aux PME de moins de dix salariés de disposer de salariés sans contrat de travail et privés de nombreux droits inscrits dans la loi et les conventions collectives. Ce contrat peut aussi servir dans les boîtes plus grandes, à condition que les emplois ainsi créés n’excèdent pas cent jours de travail par an. Il va sans dire que la force de travail acquise avec les TEE ne bénéficiera d’aucune protection de l’inspection du travail, puisque l’employeur n’est plus obligé de présenter des documents légaux. Et pour cause, ils n’existent plus : au contrat de travail s’est substitué un simple « volet d’identification » du salarié, tout de même plus décent qu’un tatouage (pour les incrédules, se reporter au site http://www.urssaf.fr). Plus besoin d’aller en Chine ou en Colombie pour jouir d’une réglementation favorable : il suffit de se rendre à l’URSSAF du coin.


Engagé

Trouvé dans « Union toute avec Georges Frêche », le journal de campagne PS-PC-Verts en Languedoc-Roussillon, ce témoignage de soutien de José Bové : « Face à la pression néo-libérale, ici et dans le monde, il faut des élus déterminés à résister. » Au catalogue des parrains de prestige, le « militant altermondialiste » voisine avec le patron du club de foot, Louis Nicollin, qui soutient le Néron montpelliérain en ces termes : « En tant que chef d’entreprise […], je sais l’importance d’un nouvel élan pour cette région. Georges Frêche me paraît seul capable de relever ce défi. » En tant que chef d’entreprise, Nicollin est bien placé lui aussi pour « résister à la pression néo-libérale ». Comme dirait Bové.

Publié dans le n°10 de CQFD, mars 2004.






>Réagir<

Les brèves du n°10
Juliette23 | 4 février 2013 |
Thème intéressant félicitations pour l’analyse. Juju23 contributeur pour ma-voiture-sans-permis
 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |