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CQFD N°035


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

LE BAL DES FAUX NEZ

Mis à jour le :15 juin 2006. Auteur : Arthur.


SEMAINE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE : encore une fois, les Verts sont à l’avant-garde de ce concept prometteur. La lutte entre Voynet et Cochet (dont le vainqueur était inconnu à l’heure où nous bouclons ce numéro) illustre bien l’importance du développement durable des avantages acquis (député ou sénatrice). Pas question de pointer à l’Anpe des notables désoeuvrés ! Nos deux comiques, ex-amants et candidats à l’investiture des Verts pour la Présidentielle, donc candidats à passer à la télé, ont fait appel aux militants. Résultat de cette primaire digne de Groucho Marx : deux voix d’écart ! On va recompter comme en Floride ! Un membre de la direction de ce parti vert courtelinesque déclare à Libé (02/06) à la sortie des urnes : « C’est Dallas, la haine genre Villepin-Sarkozy. » Villepin et Sarko examants ? On s’en doutait ! Cette querelle de ménage a évidemment pour but d’imposer un bureaucrate prêt à se désister pour Ségolène au second tour et à obtenir un poste de ministre quand notre sarkozette sera élue avec l’appoint des quelque 2 % de voix écolos ! On appelle ça la politique. Pendant ce temps, la sémantique du « développement durable » continue à ravager la planète. On n’attache jamais assez d’importance à la sémantique. Il suffit de changer le mot ou d’en imposer un nouveau pour régler le problème. Exemples : on ne dit plus « capitalisme » mais « libéralisme », « communiste » mais « russe », « patron » mais « manager », « femme de ménage » mais « technicienne de surface », « secrétaire » mais « assistante de gestion », « prolo » mais « érémiste », « coiffeur » mais « capilliculteur », « fabriquant de fromages de chèvre » mais « caprifermager », « ivrogne » mais « personne à sobriété différée », « fumeur » mais « empoisonneur de non-fumeurs passifs ».

Idem pour l’écologie : comprenant qu’il y avait là de nouveaux débouchés, le capitalisme a inventé le « développement durable », à la façon des industriels agroalimentaires imposant « l’agriculture raisonnée » pour contrer la bio. Tout est dans l’habillage. Le capitalisme - appelons-le par son nom - n’a qu’un but : le profit financier de quelques actionnaires qui vont crever la gueule ouverte sur leur tas d’or avec la satisfaction d’avoir préparé un avenir cauchemardesque aux générations futures. Il a donc fait voter par l’ONU les « droits à polluer ». En clair : avec du pognon, on peut continuer à saccager la planète en versant une aumône aux pays trop pauvres pour polluer. Ça fait une belle jambe à l’effet de serre et aux pluies acides !

Pendant la semaine du développement durable, on a donc caché les véritables raisons du désastre écologique en culpabilisant le pékin. Le responsable du gaspi et de la pollution, c’est vous ! Arrêtez de mettre la clim en bagnole, de bouffer des fraises en hiver, de polluer l’eau avec vos jardins traités chimiquement et de laisser votre téléviseur en veille. Le particulier, voilà l’ennemi ! Mais personne ne mettra en cause le fabricant de voitures polluantes au diesel, le grossiste important les fraises du Chili, l’agriculteur bourrant ses terres de nitrates ou les animateurs-producteurs de la télé qui vident les têtes des télémateurs. Le pote à Chirac, Nicolas Hulot, fait chorus en demandant aux écocitoyens un « changement de comportements ». Quel beau chargé de com’ du Medef ! Comme si la masse des citoyens avait le choix entre Charybde et Scylla ! Mais Hulot ne nous dit pas qu’il faut d’abord en finir avec la notion même de profit, revoir le sens du travail et l’utilité des produits, se demander si le bonheur a quelque chose à voir avec la marchandise et la séduction avec la grosseur de la cylindrée ! Et c’est ainsi que notre société du spectacle (relire les oeuvres complètes de Debord, Quarto, Gallimard, 31 euros) poursuit sa marche vers l’abîme, alors même que la seule solution est l’échaffaud pour tout le CAC 40 ! Solution radicale ? Bien sûr : il faut aller à la racine (radix). Désherbants conseillés.

Article publié dans CQFD n° 35, juin 2006.






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