Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°035
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°035


GALETTES ET CANETTES

PUNK ET CHEIKHA ERRORISTES

Mis à jour le :15 juin 2006. Auteur : Iffik Le Guen, Pierre Etbunk.


L’internationale erroriste ne cesse de s’agrandir : voici le tout premier groupe homologué « punk erroriste francophone » ! Basé au pays basque, cette toute jeune formation, même pas un an d’existence, a décidé de se baptiser Varlin. Les historiens mélomanes peuvent trépigner de joie, pour une fois un groupe keupon choisit de rendre hommage à un communard plutôt qu’à une marque de bière ou un nettoyant WC. Les amateurs de musique de chambre et les victimes d’acouphènes seront bien avisés de prendre des mesures préventives, puisque Varlin compte un ancien des Pekatralatak qui a gardé dans sa pogne le style du trio anarko-punk à cagoule : la musique déboule toute en force avec des morceaux qui excèdent rarement les deux minutes trente. Pourtant la violence des instruments, qui pourrait agacer les fans de Bénabar, épouse à merveille l’adrénaline des textes. Le groupe vient de sortir une démo de huit titres. Au programme, des vociférations contre les politiques répressives, une reprise des Ludwig, une chanson sur la Commune et le morceau « Erroriste », que l’on peut considérer comme l’hymne provisoire de l’Internationale du même nom. La démo est disponible gratuitement en ligne et probablement très bientôt en concert où nous pourrons reprendre en choeur : « Nous sommes des erreurs pour ce système parfait, des erreurs comptables, des erreurs judiciaires, des erreurs statistiques, des erreurs politiques… » La suite sur http://varlin.propagande.org

Pierre Etbunk


Spéciale dédicace à Cheikha Remitti ! La vieille dame indigne du raï vient d’offrir sa dernière tournée. « Remitti-z-en une autre, patron ! » Cette invite lancée dans les cantinas oranaises a servi de pseudo à celle qui chantait : « Certains adorent Dieu, moi j’adore la bière !  » Une fine tactique, utilisée par toutes les cheikhas, pour protéger sa véritable identité, et donc sa famille, contre les foudres du pouvoir colonial avant l’indépendance, de la dictature militaire après, des intégristes tout le temps. Elle est d’ailleurs interdite de diffusion pendant le règne de Boumédiene, qui n’était pas franchement l’ami des femmes (il ne supportait pas le rouge à lèvres ! ). Qu’à cela ne tienne. Elle remettra la sienne avec des morceaux fustigeant les mariages forcés entre « vieillards et pucelles », ou faisant l’éloge de passions amoureuses librement et simplement vécues. Ses paroles crues, évoquant des étreintes ô combien charnelles, émoustillent un public aussi bien féminin que masculin et lui assurent une renommée dans toute l’immigration algérienne, par-delà la Méditerranée. Ses chansons (quatre cents K7, vingt-cinq 33 tours) seront reprises par toute la génération des chebs (des « pilleurs », comme elle les appelait). Pour vous mettre dans l’ambiance, sur la plage ou au bar du coin, son dernier opus, N’ta goudami, est sorti début 2006. Vous pouvez aussi attendre les rééditions et compils qui ne vont pas manquer de fleurir.

Iffik Le Guen

Article publié dans CQFD n° 35, juin 2006.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |