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CQFD N°036


GALETTES ET CANETTES

FÊTES ET DÉFAITES DE LA MUSIQUE

Mis à jour le :15 juillet 2006. Auteur : Will et HVB.


L‘escale interminable se prolonge. La moiteur de l’atmosphère englue le môle défoncé, au détour du quai d’un port imaginaire quelques notes de piano à bretelles me décollent les étiquettes. Des roulements de batterie se font plus précis malgré le tourbillon de l’accordéon. Petit à petit, le son d’une basse déploie ses rondeurs. Je m’avance en alerte et j’espinche les alentours. Et là, au milieu du bric-à-brac d’une cour des miracles, B. Roy et sa bande (www.broyetsabande.net), rescapés de la scène dite alternative des années 80, se déchaînent en chansons contre vents et marées. Ces bourlingueurs invétérés nous entraînent dans une ambiance de ritournelles pour apaches des fortifs et débrident un auditoire déjà grave ensuqué à cette heure avancée. Autour du petit bonhomme à casquette chantant et pianotant se tient, rigolard, un peu chancelant, un grand escogriffe caressant sa basse d’une manière originale, à ses cotés un bon bougre corrige sa caisse claire sans pitié. Au fil des histoires chantées avec une bonne gouaille de Paname, on rencontre des tocards, des « pas-de-chance », on chantonne aussi des reprises mélancoliques de chansons du pavé et on se bidonne d’aventures épiques. Ces notes de java trash-musette des familles nous incitent à choquer les chopes, à inviter notre voisine dans une farandole enfiévrée et surtout à envoyer une rafale de mornifles aux représentants, puant ostensiblement la royaltie, d’une chanson « à texte » insipide et sans moelle.

Will


Jouer pour les taulards des Baumettes, c’était pas con comme idée. Surtout la nuit de la fête de la musique, quand chacun joue où ça lui chante, libre comme l’air qui se fredonne dans la tête, pas besoin pour ce coup-là de sésame préfectoral ni de préavis aux matons. C’est ce que dit la chanson, en tout cas. On se colle devant la zonzon, on déballe le matos et on envoie le steak, les cousins et les cousines vont trop kiffer d’entendre ça de l’autre côté du mur. Allez, chaud devant ! Voilà donc nos potes de CQFD No Star (ex-CQFD All Stars) qui rappliquent leur camtard en direction des Baumettes. Sauf que les condés étaient déjà là, harnachés, barrant la route. Ça alors ! Se peut-il que Jack Lang nous ait menti ? La fête de la musique ne serait donc pas pour tout le monde ? Pour TF1 peut-être mais pas pour les bagnards ? Nos musiciens ont beau alléguer le caractère non attentatoire à l’ordre public de leur initiative, rappeler les principes sacrés qui président au déroulement de cette merveilleuse soirée de fête et de fraternité, plaider les vertus passe-murailles des décibels, les flics s’en cognent. Circulez ! Finalement, le concert aura lieu quand même, mais à cinq cents mètres de là, entre une pharmacie et une barre HLM. Le ragga-rock aïolisé de CQFD No Star n’aura pas fait un tabac ce soir-là, pas plus que le trash-keupon de Scheisse for ever. Heureusement qu’il y avait aussi les rappeurs et les DJ, et puis les ondes de Radio Galère pour convoyer tout ce raffut dans les cellules… La prochaine fois, juré, on fera ça depuis les collines qui surplombent les Baumettes, leur parloir libre.

HVB

Article publié dans CQFD n° 36, juillet-août 2006.






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FÊTES ET DÉFAITES DE LA MUSIQUE
BILLARD Sonia | 21 juin 2007 |
Je suis une habitante du « hlm » en question, qui n’est pas un hlm, mais une résidence privée et qui a subi l’enfer cette nuit-là. En effet, les musiciens se sont installés sur le trottoir et le parvis de la boulangerie faisant partie intégrante de la résidence, donc sur une propriété privée… droit devant la fenêtre de la chambre de ma fille qui avait 11 mois à l’époque. Eh oui, les enceintes géantes étaient positionnées à 5 mètres de sa fenêtre. Elle a hurlé toute la nuit et a mis de nombreuses semaines à s’en remettre… De plus dans ce bâtiment, se trouvent des BB, des personnes très âgées… L’insonorisation étant inexistante dans l’immeuble, tout le monde a vécu un calvaire. S’il vous plait, je n’ai rien contre la fête de la musique, même pour les taulards. Je souhaiterais juste que la propriété privée soit respectée et que quand des habitants sortent de chez eux pour que le concert se décale de quelques dizaines de mètres pour préserver un minimum de tranquillitié aux habitants. En espérant que ce problème ne se renouvelle pas ce soir…
 

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