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CQFD N°037



ANTHOLOGIE DU PINARD BIZNESS

Mis à jour le :15 septembre 2006. .


… DU PINARD BIZNESS

Cette anthologie accompagne l’article « Du gros rouge qui fâche », publié dans le numéro 37 de CQFD en kiosques et librairies le 15 septembre.

« Un autre verre de vin est possible. C’est 2,80 €, siouplaît »

Le barman

« Recherche de la qualité maximale garantie par le contrôle de la superstar des œnologues, Michel Rolland, complémentarité des cuvées d’exception et d’autres plus accessibles, marketing original (s’appuyant notamment pour certains vins sur l’association avec Gérard Depardieu) et désormais boutique-vitrine à Paris, avant d’investir d’autres capitales. Loin de se conclure, l’aventure [Bernard] Magrez pourrait avec profit inspirer bien des vignerons… »

Thierry Desseauve, « Le guide vin 2006 », supplément Le Monde 2, le 2/09

« Si Robert Parker a légué une chose au monde, c’est de mettre tout le monde au même niveau. Dans ce monde [du vin] si stratifié, ce système de castes, soumis à des élitistes et des réactionnaires, Robert Parker aura apporté le point de vue démocratique du candide américain. Ça, c’est révolutionnaire ! »

Robert Parker, Mondovino, 2003

« Parker aime les vins ronds, un peu épais, aux tanins adoucis, aux parfums vanillés procurés par le bois des barriques neuves, et qu’on peut consommer sans attendre. Que ne le disiez-vous ? Michel Rolland va « fabriquer » ce breuvage, qui s’achètera à prix d’or chez les yuppies américains des années 90. Il devient le Dior de ces vins qu’on finira par qualifier de « parkérisés ». Un grand faiseur, taillant dans la haute couture oenologique, mais ne négligeant pas les lignes de prêt-à-porter des multinationales vinicoles. »

Bernard Poulet, L’Expansion, le 25/05/2005

« Les chercheurs [de l’Agro/Inra de Montpellier] soulignent le poids déterminant du type de structure dans les objectifs et choix des petites entreprises viticoles, qu’il s’agisse de domaines familiaux, de négoces ou de coopératives, particulièrement nombreuses en France. Celles-ci, plus orientées sur le vrac et le marché intérieur, sont jugées par les auteurs de l’étude globalement moins innovantes et moins offensives. »

« Ancien et Nouveau Monde : passivité contre agressivité commerciale ? », Vitinet.fr, le 10/08

« Le projet de réforme du secteur vinicole présenté en juin dernier par la Commission européenne préconise l’arrachage de 400 000 hectares de vignes sur une période de cinq ans, compensé par des aides européennes, et la suppression des subventions pour la distillation et le stockage des surplus. Il a reçu un accueil mitigé de la part des pays producteurs de vin et des viticulteurs. “Il y a 100 millions de bouteilles de vin invendues tous les ans en Europe. Nous ne pouvons pas continuer à subventionner la production de millions d’hectolitres qui ne se vendent pas, parce que simplement cela ne va pas être accepté par les États membres qui ne participent pas au secteur du vin”, a indiqué la commissaire européenne Fischer Boel. »

AFP, le 01/09

« Des chercheurs japonais […] ont mis au point un robot sommelier, capable d’identifier plusieurs dizaines de variétés de vins. […] Le robot pourrait être utilisé dans un proche avenir dans l’industrie vinicole pour tester le vin dans chaque bouteille sans la déboucher. »

AP, le 03/09

Publié dans CQFD n°37, septembre 2006.






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ANTHOLOGIE DU PINARD BIZNESS
François TATARD - ex prof-ingénieur Insa Rennes - capitaine au long cours (75 ans) | 23 septembre 2007 | les vins français malade deleur oenologie

Les vins français malades de leur œnologie

François TATARD (1932) a participé, dans les années 1960, dans une grande maison de Champagne à l’expérience suivante : Des bouteilles, prêtes à être munies de leur bouchon de commercialisation habituel ont été goûtées, puis capsulées en deux lots. Le premier avec des capsules en inox et joint de liège, le second avec ces même capsules mais joints en polyéthylène à garantie alimentaire. Après dégustations comparées, il apparut nettement, avant une semaine, que les vins à joint polyéthylène de bouchage, avaient rajeuni et perdu toutes leurs qualités mûries par vieillissement. On constate que les vins, actuellement bouchés par des polyéthylènes expansés serrés, deviennent acides, aigres et sans saveur en assez peu de temps. Les vins chiliens en font la triste expérience imitée, comme d’habitude, par les vins français. Les chimistes de RHONE POULENC autant que les responsables des grands laboratoires œnologiques n’étaient pas surpris de ces résultats qu’ils expliquaient par la migration bien connue des éthers aromatiques au sein de la matière de synthèse. Ces éthers, en traces non mesurables, ont un pouvoir dissolvant au contact des macromolécules artificielles.

1960 - achat d’une bouteille de vin chez l’épicier de quartier

La recette était simple quand on connaissait les habitudes du commerçant. Lorsque le casier à bouteille était en voie d’épuisement, le livreur venait recharger en empilant sa livraison sur ce qu’il restait au fond du casier. Il fallait, discrètement, fouiller vers le fond et mirer le flacon poussiéreux à l’étiquette défraîchie. Si l’on constatait la présence d’une « queue de renard », bien collée sur le verre, on pouvait être certain du bon choix. Ce dépôt adhésif était le résultat d’une fermentation de vieillissement favorisée par un bon taux d’alcool. Le vin blanc y prenait un goût de Xeres et le vin rouge atteignait des performances de qualité exceptionnelles. Bien sûr, les vins au litre ne permettaient pas cela, mais des bouteilles de vins d’Algérie, très bon marché, étaient capables de ces prouesses. Les professionnels, œnologues avertis, expliquaient que le bas prix de ces vins ne justifiait pas les tripotages des vins « chics ». C’est, peut-être, parce qu’on avait laissé faire la nature qu’on arrivait à cet idéal.

Nos vins sont malades de notre oenologie et de nos vinifications « scientifiques ». On citera comme causes de la dégradation de leurs qualités ancestrales : Les mélanges abusifs de raisins noirs et blancs, les filtrages excessifs, les ajouts d’acides tartriques, les excès des bisulfites, les fermentations malo-lactiques artificielles prématurées. Ainsi, les vins de Bourgogne ne sont plus tout à fait des vins rouges. Les Beaujolais semblent oublier que le Gamay ne donne pas un très bon vin sans l’alcool nécessaire. J’ai acheté un excellent VIONNIER du pays d’Oc, le producteur justifiait sa qualité par l’intervention d’un « wine maker » australien. Alors, soyons modestes et reconnaissons que les anglo saxons sont les meilleurs oenologues du monde.

 

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