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CQFD N°037


FAUT QUE ÇA BRILLE

LES NETTOYEURS SONT LESSIVÉS

Mis à jour le :15 septembre 2006. Auteur : Gilles Lucas.


FIN 2004, L’ENTREPRISE sous-traitante chargée du nettoyage de la gare Saint-Charles, à Marseille, déposait son bilan. Une centaine de salariés restent sur le carreau. L’un d’eux, Abdelaziz Hamri, propose alors ses services à la SNCF qui, prise à la gorge, ne demande qu’à lui donner le marché. En quelques jours, il monte sa boîte, Propreté-Nettoyage-Sud, et récupère ses ex-collègues. Motivés par leur ancien collègue et nouveau patron, les salariés redoublent d’énergie pour l’aider à obtenir la certification requise. Rapidement, PNS rafle d’autres marchés : Carrefour, les foyers Sonacotra… Mais, en remerciement des efforts fournis, les salariés se retrouvent vite aux abois. Malgré des départs en série, le patron refuse d’embaucher. La charge de travail s’alourdit, la mauvaise humeur se propage et les fiches de paye sont incomplètes. Le délégué CFTC, syndicat majoritaire, proteste auprès de la direction. Fin août 2006, à leur retour de vacances, le délégué syndical et le chef d’équipe reçoivent un courrier qui leur annonce une affectation sur un autre site. Une « promotion », selon le patron… Le 4 septembre, les salariés en CDI se mettent en grève. Les CDD, sous pression, menacés et noyés de promesses d’embauche, ne peuvent faire autrement que continuer le boulot.

Pour compenser le manque d’effectifs, M. Hamri, qui vient tout juste d’adhérer à l’Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône [1] (qui « oriente et conseille par une lecture entrepreneuriale de la législation dans les domaines du droit du travail et des relations sociales… »), embauche alors quelques stagiaires dociles. Des « jaunes », dénoncent les grévistes, qui installent une table dans le hall de la gare et font signer des pétitions. « Le droit syndical est bafoué  », disent-ils. « On attend que la direction entame les négociations  », explique le délégué. Un gréviste précise : « Pour l’instant on est tout seul. La CGT est prête à nous aider si on accepte ses conditions.  » Assise à part, une collègue « fran-che-ment dégoûtée » confie : « Quand même, ce qui est scandaleux, c’est que le patron les envoie nettoyer la merde dans un foyer Sonacotra !  » Une dose de racisme pour pimenter la lutte sociale : l’hygiène, un vrai combat.

Article publié dans CQFD n° 37, septembre 2006.


[1] Le 8 septembre, l’UPE-13 organisait à Marseille un très moderne « Forum des Entrepreneurs » avec une belle brochette de spécialistes high-tech : Daniel Cohn-Bendit, l’éternel faux témoin de gala, Alexandre Adler, le falsificateur en série, Bruno Julliard, le Grand Timonier de l’anti-Cpe, assistés du directeur du Figaro, du chef de FO et d’un spécialiste en « relations humaines regroupées »… Avec, en guest-star finale, la Parisot.





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