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CQFD N°037


LE TANGO DES JOYEUX VA-T-EN-GUERRE

KATIOUCHA MON AMOUR

Mis à jour le :15 septembre 2006. Auteur : François Maliet.

Israël trouve scandaleux que le Hezbollah le canarde avec du matériel russe ayant transité par Damas ou Téhéran. Les milliers de tonnes d’armes états-uniennes et européennes que Tsahal déverse sur la tête de ses voisins sont, elles, moralement irréprochables.

AVEZ-VOUS REMARQUÉ QUE L’ACTUALITÉ trimbale son lot de mots et d’expressions à la mode ? Il y a peu, « l’épizootie » contaminait toutes les unes de journaux au moment même où la volaille se chopait une mauvaise crève… Récemment, l’incursion estivale de l’armée israélienne au Sud Liban fut l’occasion de découvrir les Katioucha, fameuses roquettes balancées par le Hezbollah de l’autre côté de la frontière. De fabrication russe, ces « Catherinettes » ont fait dire au ministre israélien de la sécurité intérieure que Moscou était responsable, par le truchement de la Syrie et de l’Iran, de l’équipement militaire des barbus… Les Russes ont rétorqué du tac au tac : des véhicules blindés aux hélicoptères Blackhawk et Apache en passant par des missiles et des lanceurs de missiles de type MRLS et sans oublier les avions de combat F16, une bonne part du matériel de guerre utilisé par Israël provient des États-Unis… Fin juillet, alors que les Libanais accueillaient obus et soldats pour les vacances, l’État hébreu tapait du pied pour que Washington accélère sa livraison de bombes à guidage ultraprécis commandées récemment.

Depuis 1995, Israël a importé d’outre atlantique pour plus de 5 milliards de dollars de matériel militaire, selon le dernier rapport de l’Institut international de Stockholm de recherche pour la paix (Sipri). La commande de 1 300 roquettes M26 passée en 2005 ne représente qu’une infime part de la douloureuse - 600 000 dollars - mais le résultat n’est pas décevant. Ces roquettes contiennent les fameuses sous-munitions, des bombinettes pas plus grosses que des piles rondes mais ô combien efficaces. Un obus M26 dissémine 644 bombinettes qui, en explosant, déchiquettent tout dans un rayon de 100 à 200 mètres autour du point d’impact. Mais le « taux d’échec initial », comme disent les galonnés, fait baisser la moyenne : jusqu’à 23 % de ces petits engins facétieux peuvent tarder à s’épanouir. Et préféreront attendre le retour des gosses, une fois les réservistes de Tsahal rentrés chez eux se plaindre que quand même ce pugilat fût bien mal organisé.

Selon les lois de la guerre, et il en faut sinon c’est pas sport, ces bombinettes ne peuvent être utilisées près des zones d’habitation. Or un rapport du Centre de coordination contre les mines des Nations Unies affirme que des sous-munitions sont éparpillées sur plus de 300 sites habités du Sud Liban. La signature du traité d’Ottawa, en 1997, devait garantir la disparition des mines antipersonnel des champs de bataille : c’était sans compter sur l’ingéniosité des marchands de canons. Et sur leur mauvaise foi : le New York Times du 24 août avance que Washington aurait diligenté une enquête pour déterminer les conditions d’utilisation de ce petit matériel par l’armée israélienne. Et prendrait des sanctions le cas échéant. Mais, officiellement, point de remarques désobligeantes… L’Oncle Sam se permettra-t-il de gourmander Tsahal, alors que les GI’s ont sur-utilisé les sous-munitions pendant la guerre en Irak ? Selon l’association Human Rights Watch, elles seraient responsables de la mort de plusieurs centaines d’Irakiens.

Les États-Unis ne sont pas les seuls à soutenir matériellement la dure mission civilisatrice d’Israël. La France - qui se pique de diplomatie à coups d’allers-retours de Doudou-Blabla - participe également à la sauterie. Oubliant un boycott décidé en 1967, une belle coopération militaro-industrielle s’est mise en place depuis 1993. EADS, le fleuron de l’industrie de guerre franco-allemand, collabore avec Israël Aircraft Industries (IAI) pour perfectionner des drones, les fameux avions sans pilote mais avec caméra et armement. Quant à l’Allemagne, elle s’est impliquée à hauteur d’un milliard de dollars de vente d’armes à Israël en dix ans. En 1999, Berlin refourguait deux sous-marins Dolphin, puis a remis le couvert cette année pour deux submersibles supplémentaires. Ces sous-marins pourraient être équipés d’armement nucléaire, et contribuer dans un futur proche à un joyeux équilibre de la terreur avec l’Iran.

Mais Tel-Aviv aussi a quelques compétences dans l’élaboration de matériel de mort. Et comme les veuves palestiniennes rechignent à régler la facture des balles, Israël se doit d’exporter pour rentabiliser son industrie de « défense ». Le Sipri avance le chiffre de 2,7 milliards de dollars à l’export entre 1995 et 2005. La liste des pays destinataires - à la moralité exemplaire - ressemble à un rapport d’Amnesty : le Cameroun s’est procuré de l’artillerie en 1999 ; l’Ouganda a acquis des canons et des fusils en 2002 ; la Chine et la Côte d’Ivoire sont friandes de drones ; le Mexique ne crache pas sur les hélicoptères, les mortiers et les avions de transport et l’Inde fait chauffer le plastique pour des drones et des missiles sol-air… Et, grenade sur le gâteau, même le pays du cèdre se serait procuré des mortiers auprès de l’État hébreu en 1996 ! Pour peu que le Hezbollah ait dévalisé la cartoucherie d’une caserne de l’armée libanaise… Alors, monsieur le ministre de la Sécurité intérieure, on ne va tout de même pas se faire la morale entre pays producteurs-importateurs- exportateurs-utilisateurs…

Article publié dans CQFD n° 37, septembre 2006.






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KATIOUCHA MON AMOUR
Edouard | 19 juin 2007 | Interessant
Trés interressant, mais tellement orienté anti Israelien et anti Occidentaux que ça en devient risible. Pourquoi ne pas parler du jeu des Syriens qui occupent le Liban depuis 10 ans et qui assassinent tous les hommes Libanais courageux . Et pourquoi ne pas parler de ces fanatiques Iraniens racistes qui s’amusent a mettre le desordre partout ou ils peuvent, en s’amusant de la detresse de leur frere Libanais !!!!!
 

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