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CQFD N°010


Main d’oeuvre d’occasion

Le RMA se fait désirer par les patrons

Mis à jour le :15 mars 2004. Auteur : Olivier Cyran.


Les patrons s’impatientent : le revenu minimum d’activité (RMA), adopté par l’Assemblée nationale le 19 décembre dernier, devait entrer en vigueur au 1er janvier. Mais le glorieux retour à l’emploi promis aux allocataires du RMI - un boulot précaire et merdeux payé 411 euros par mois, moins qu’un Smic à mi-temps - pose plus de problèmes que prévu. Au 10 mars, le gouvernement n’avait toujours pas publié les décrets d’application. Un vrai casse-tête pour les Conseils généraux, auxquels incombe la gestion du dispositif, et qui aimeraient bien en connaître le mode d’emploi avant de régaler les entreprises en main d’œuvre à prix cassé. Il y a urgence : avec 367 euros versés à l’employeur pour chaque contrat RMA, les patrons - y compris ceux des boîtes d’intérim - vont pouvoir faire marner trois précaires à mi-temps pour le prix d’un temps plein au Smic. Et cela sans aucune formation ni promesse d’embauche. Depuis janvier, les antennes locales du Medef rongent donc leur frein devant la porte des notables du département. Du coup, las de faire le pied de grue, quelques futés ont pris les devants. Dans l’Ain, les « partenaires » ont déjà créé une quinzaine de postes à titre expérimental. « Ce serait une faute de tergiverser en attendant les décrets d’application de la loi, pendant que des gens, au RMI, très dignes, perdent le moral et s’enferment dans ce système ! », s’est exclamé Jean Pépin, président du Conseil général et roi d’un jour des faux-culs (La Voix de l’Ain, 20/02/04). Une convention a été signée avec la Caisse d’allocations familiales, la Mutualité sociale agricole, le Medef et les entreprises pour ouvrir le bal. En guise d’apéritif, une dizaine de boîtes et administrations ont proposé des créations de postes RMA « au bénéfice » (sic) des Rmistes. La liste des bienfaiteurs comprend surtout des boîtes privées (dont un centre équestre, qui manque sans doute d’un manant pour ramasser le crottin) mais aussi l’ANPE et le Medef, dont l’entente réciproque fait plaisir à voir. Les postes créés donnent une idée de ce que sera le RMA une fois entériné : femme de ménage, hôtesse de caisse, aide-agricole… « Nous mettons l’accent sur le secteur marchand », précise le Pépin, qui espère « que les entreprises se souviendront que la fiscalité de l’Ain est une des plus basses de France. » Un vrai petit paradis ! Dans l’Allier, ce sont les militants d’Agir contre le chômpage (AC) de Montluçon qui ont pris les devants en allant squatter le syndicat des patrons. « La mise en place du RMA semble poser des gros problèmes pratiques, témoigne le collectif, alors le Conseil Général a essayé de refiler le bébé au Medef local. » Celui-ci aurait accepté une « mission d’information » auprès de ses adhérents pour qu’ils s’engagent à respecter des règles « éthiques » d’exploitation. « Devant nos doutes et notre insistance, notre interlocuteur a reconnu qu’à l’intérieur du patronat il existait des “brebis galeuses” et des “cow-boys” qui ne respectaient pas grand-chose mais que ceux là n’étaient pas au Medef. » Nous voilà rassurés.

Olivier Cyran

Publié dans CQFD n°10, mars 2004.






>Réagir<

Le RMA se fait désirer par les patrons
| 26 septembre 2007 |

Bonjour,

TOUS les artistes ne sont pas tous « grassement payés », merci ! En proportion il y en a plus qui sont explotés : Merci aussi !!

Comme quoi les idées reçus ne sont pas que chez les riches …

Navrant !!

> Le RMA se fait désirer par les patrons
gb | 25 juillet 2005 |
ils faut arreter de ce voiler la face dans ce pays liberter egaliter fraterniter ne sont plus dactualiter arretons de payer les acteurs les chanteurs et tout le reste a des salaires exorbitant quand de pauvres gens ce creve la santer dans des unsines pour faire des boulots de merde a des salaires de miseres qui ne permette meme pas au parents detre dignes devant leurs enfants le medef les hommes politiques sonts motiver pour aller au boulot avec des salaires qui leurs permete de vivre aisement a sengraisser et se payer de vrais vacances pour un ouvrier cses deebout a 4 heure du matin et pas a 10 heure ses un salaire de 900euros environ et pas des miller deuros ses un logement en HLM et pas des proprietes dans les quatre coin de france mtiver c payer juste et repecter > Le RMA , j’y ai droit !
jean-hercules | 29 mai 2004 |

Commission Locale d’insertion

Rue du docteur Gabriel Péry

33078 Bordeaux Cedex

Bordeaux, le 24 avril 2004

Objet : Ma vraie vie au Rmi

Madame, Monsieur,

Hier j’ai signé mon contrat d’insertion avec Madame P…. ;

Elle m’a demandée de vous envoyer ce courrier, afin de vous exposer mon parcours.

Bien que je ne vois pas l’intérêt de le faire, je tiens néanmoins à honorer ma promesse, sans mentionner mon nom .

Car pour être franc, je redoute des représailles. Elle voulais que je je produise aussi des photocopies, prouvant ma recherche d’emploi .

Mais après réflexion, je ne le ferais pas.

Pourquoi devrais-je démontrer ma bonne foi par des preuves écrite ? mon témoignage ne suffit-il pas ? Le témoignage d’un demandeur d’emploi est-il nécessairement frappé du sceaux de la mauvaise foi, de la fainéantise, de la duperie ; qu’il soit ainsi obligé de produire les preuves de ces dires pour etre cru… ?

En 2001,Lorsque j’ai signé mon premier contrat d’insertion,

l’assistante sociale a remarqué « ma volonté et mon acharnement à sortir du « dispositif rmi »

Dispositif dans lequel je me suis trouvé après avoir fait des études supérieures, dans une grande école, souvent considérée comme la meilleure (située rue d’ulm a paris), agrée par le ministère de la culture et recevant d’énormes subventions de l’état.

Le concours d’entrée est d’une extrême difficulté et demande beaucoup de préparation, cela va de soi.

Mes études, très décevantes, n’ont pas été a la hauteur de leurs promesses, j’ai néanmoins obtenu mon diplôme, la semaine du 11 septembre 2001, ou l’on licenciait déjà en masse… (il tiennent a ce que l’on sorte diplômé, car plus ils diplôment, plus ils reçoivent de subventions..)

J’ai du demander une formation au greta, pour palier a l’insuffisance de ma formation.

Ayant appris l’existence, la « mission locale » d’un « chèque de la deuxième chance » auquel j’avais alors droit .

J’en ai fait la demande ; il m’a été refusé : « je n’étais pas assez en difficulté »…

Parallèlement, j’ai pris rendez-vous avec un élu de la culture afin d’avoir plus d’informations sur le marché culturel de l’Aquintaine.

Celui ci m’a appelé immédiatement pour me demander ce que je voulais : je lui ai exposé ma requête

Il m’a répondu sèchement, que tout les ans des « gens comme moi sortent des beaux-arts et que l’on ne sais pas quoi en faire » et il as annulé le rendez-vous.

Mais si une formation n’est pas qualifiante, pourquoi la maintenir ?

N’est-ce pas justement le rôle d’un élu, de stopper une situation pareille ?

Je me suis tourné vers l’ANPE et la CLI qui ne m’ont accordés une aide pour une formation, que sur la base d’un quiproquo (ils ont mal lu, et m’ont cru handicapé).

Cette formation m’a permis d’obtenir un poste de professeur, pour un salaire de misère dans des condition scandaleuses(4000 francs, par mois à l’époque avec un planning condamnant toute activité parallèle ; je gagnais moins que mes élèves en contrat de qualification)… duquel j’ai été viré 1 mois et demi après sans raisons et sans contrat de travail !

Lorsque j’ai porté l’affaire aux prud’hommes, tout le monde m’a mis en garde, disant : « tu n’as pas beaucoup travaillé : tu n’auras rien ! »… mais, il me semble important de rappeler une vérité de base : je voulais travailler, j’ai été licencié !

Effectivement, malgré l’évidence des preuves, la juge as manipulée mes propos et littéralement crée la défense ( car il n’en avait pas) de mon ancien patron (qui a fait des chiffres d’affaires records l’année de mon licenciement !) et….effectivement, j’ai obtenu encore moins que ce que proposait ,mon ancien patron lui même, en conciliation !

Je me suis fait « berné » une première fois par mon patron (qui serait idiot de ne pas continuer), et une seconde, par la justice (qui va jusqu’à qualifier mon escroc de patron « d’imprudent »).

Il est évident que j’ai cherché activement un poste qui s’éloignait de plus en plus de mes compétences : car il faut vivre

J’ai poussé la porte des agences d’intérims, ou il m’est arrivé qu’on me reproche mes études de design et de photographie : on avait besoin d’un carreleur !

Quand j’ai rétorqué que je voulais apprendre… on m’a répondu, que l’on a pas le temps de former pour des missions…

Je me suis mis à postuler pour du nettoyage industriel, des postes de caissier etc.. Sans succès Sans même une réponse la plupart du temps…

Certains n’hésitent pas a dire : « si on vous réponds pas c’est qu’on ne veux pas de vous »

Il y as même un patron qui m’a appelé pour me proposer d’être professeur bénévole , afin de « rentabiliser son association »( le poste de nettoyage industriel, payé une misère pour lequel j’avais postulé , avait été pourvu, et je n’avais même pas reçus de réponse négative… cela va de soi !)

J’ai appris à me méfier de fausses annonces en « CES » qui sont passées par certains organismes d’insertions peu scrupuleux, afin de proposer des rendez-vous aux postulants pour « faire le point » (ils ont comme cela les coordonnées des gens en difficulté, leur proposent des solutions , genre « écrire des cv » et eux reçoivent des subventions de l’état…)

Des CES , ou l’on exige jusqu’à 4 ans d’expérience professionnelle, ceux ou ils faut passer plusieurs entretiens d’embauches, des annonces pour du bénévolat (les retraité, quand ils s’ennuieront concurrencerons les emplois par le bénévolat), des stages non rémunérés de 1 mois ou l’on fait miroiter des « CDD » ou la plupart du temps des « CES » (car personne ne croit plus au CDI) Des employeurs qui cherchent des contrats de qualification,des missions intérims d’une heure Ainsi qu’aux annonces périmées ou déjà pourvues, qui ne sont « oubliées » d’être enlevées ici et la.

Et les amis de l’ANPE qui recoivent les annonces avant leur sortie « officielle » .. J’en oublie sans doute…

Quand j’ai trouvé un travail (en fait c’est un ami qui me l’a trouvé, car il ne faut pas se leurrer ça marche comme cela et tout le monde le sais), pendant la canicule, je n’ai pas hésité ! (d’autant qu’il m’avais été promis un CDD ensuite, je n’en ai jamais vu la couleur ,cela va sans dire)

(Mais a l’heure qu’il est, la boutique Y saint L ,à madeleine possède une belle décoration…pour le plus grand bonheur des riches)

J’ai demandé à temps une prise en charge pour mon déplacement à paris :

Cela m’a pris 3 jours de démarches diverses, photocopies, de lettres de rendez-vous…pure perte ,Cela va de soi ! Le rectorat de l’académie, me propose un travail de vacation dans un lycée professionnel à 400 km de mon domicile ( je vis a Bordeaux, le poste était à Bayonne, ce qui signifie 2h de train le matin, 2h le soir, ainsi que 4 heures d’attente, soit un total de 8h , pour 6h de cours rémunérés) : j’accepte, sous réserves qu’une aide me soit octroyée pour le transport.

Je n’ai été payé que plus de 3 mois après le début de mes vacations, j’ai du financer seul mon transport et déclarer à la caf , des revenus non encore perçus effectivement !

Après avoir reçu le dernier refus d’aide au financement, j’ai du renoncer a ma vacation.

La Cli, a estimée que je « cumulais » RMI et vacation (c’est ignorer le fonctionnement même du Rmi que de sortir cela !) et que je pouvais payer mon transport en totalité.

Mais je ne « cumulais » pas le RMI et mon activité de vacataire, puisque les salaires touchés les trois premiers mois (amputés du prix exorbitant du transport SNCF) n’ont pas suffit à me faire vivre les 3 mois d’apres (suspension de RMI )

Je me suis même retrouvé a découvert, et j’ai du faire une demande d’urgence auprès du ccas, ou j’ai tout de meme obtenu « 10 euro »

J’ai du emprunter de l’argent à mon frère étudiant…

Après ce travail, j’avais réussi à faire suffisamment d’heures pour prétendre au chômage, lorsque j’appelle les assedics, j’apprends que les durées ont changé avec le nouveau gouvernement : je resterais donc au RMI, cela va de soi !

Cette année, j’ai voulu m’inscrire aux concours de le mairie de paris : annulés ! (sauf ceux de « gardiens de la paix » )

Mes parents, qui se reconnaissent volontiers avoir été « maltraitants » se sont toujours arrangés pour en faire le moins possible pour leurs enfants,afin les maintenir dans une dépendance sadique.

Ceux qui ont la chance d’avoir un membre de leur famille pour leur offrir le permis B, ne se rendent pas compte de leurs chances :

J’ai passé 2 ans à économiser pour le passer, je n’ai pas fait d’erreurs, mais l’examinatrice a préféré donner un avis défavorable (avec beaucoup de malice) : et je perds donc le bénéfice du code qui est maintenant périmé ; réduisant ainsi 2 ans d’efforts, toutes mes économies, mes espoirs d’insertion de trouver un travail à néant.

J’ai fait un courrier, demandant un aide au financement du permis de conduire,

Je ne me fais pas d’illusions quant a la réponse (si j’ai la chance de recevoir une réponse). Ma sœur, qui ne pouvait vivre de petits travaux faute de diplômes, a décidé de reprendre des études : la voilà au RMI et dans les petits boulots !

Dans mon entourage, je ne connais pas d’amis avec un CDI, et tous vivent dans des conditions difficiles, souvent au chômage, en dessous du Smic pour ceux qui ont un CDD, cela va de soi (chercheur, journaliste, vendeur…)

Quand je vais à l’ANPE pour essayer de trouver une solution concrète , on me réponds :

« il ne fallait pas vous positionner sur un créneau si peu porteur » je vous invite à faire « évoluer vos objectifs professionnels : nous avons des ateliers d’écriture de cc.. »

je ne sais plus quoi faire ni comment prendre le problème.

En trois ans, j’ai été écoeuré, découragé, et peu a peu c’est une colère violente qui s’installe en moi, à un point qu’il est difficile d’exprimer.

La mendicité , la prostitution sont devenus des délits traqué par la police…

Je n’ai plus d’espoir et aucune perspective d’avenir, plus de buts, ni aucunes illusions.

Je vis au quotidien dans la misère, j’ai des trous à mes chaussures, et mes quelques meubles ont été récupérés dans la rue.

Je n’ai plus rien a perdre, car je n’ai rien.

Il me reste encore la vie, mais je n’y tiens plus.

Jean-hercules

 

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