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CQFD N°039


FAUX-AMIS

LE CHÔMEUR BIENHEUREUX

Mis à jour le :17 novembre 2006. Auteur : Le bouledogue rouge.


Chapeau, Thierry F. ! Quarante-cinq balais et vingt-deux passés au chômdu. Un gus témoignant une telle aversion pour le chagrin mériterait le prix Farniente de CQFD. « À 65 ans, mon père, qui avait travaillé toute sa vie, s’est retrouvé avec 600 euros de retraite. […] Sans le vouloir, il ne m’a pas encouragé dans la voie du travail », écrit-il dans son bouquin [1]. Mais voila où le bât blesse : pourquoi ce jean-foutre étale-t-il sa vie de « chômeur professionnel » ? Fièrement, il dévoile son « secret », l’ASS, ou Allocation spécifique de solidarité. « J’imagine que le terme est étranger à beaucoup d’entre vous », s’amuse-t-il. Justement non, t’es mal tombé. L’ASS - 440 euros par mois - ce n’est pas Byzance. Thierry F. explique que c’est suffisant, à condition de vivre chichement. Entendez en étant l’heureux propriétaire d’un appart’ et d’une bagnole. Trente mètres carré à Roanne, ce n’est pas une villa dans le Lubéron. Et son Alfa Romeo de 1989 fait moins classe qu’une Audi TT flambant neuve. Mais ce que le lecteur retient c’est que ce propre-à-rien est proprio, et sans un cal aux mains, vous vous rendez compte ?

D’énervant, il devient franchement désagréable quand il détaille ses combines pour éviter de trouver du taf tout en préservant son alloc’ : ruiner son CV en griffonnant des rajouts à la main, se pointer aux entretiens ANPE avec des lunettes « montures Yves Mourousi »… À CQFD, nous avions imaginé une rubrique « Trucs et astuces de la survie en monde hostile »… Le projet fut vite abandonné : la débrouille n’est valable que si elle se propage de bouche à oreille, sous le manteau. Mais ça ne l’a pas effleuré, notre chômeur béat. Le lien social, c’est pas son truc. Son bouquin est donc pain bénit pour ceux qui veulent « remettre la France au travail ». Merci Thierry ! Et le pire reste à venir, puisqu’il raille la main assez « cloche » pour le nourrir à glander ! Il souligne la « bêtise de l’État » et se goberge des gouvernements successifs incapables de réformer l’assurance-chômage. Excédé, CQFD l’a contacté pour lui demander s’il n’avait pas l’impression de se tirer une balle dans le pied, en même temps qu’une rafale dans le dos des collègues chômeurs heureux. Il éluda la question : « Je ne dis pas que c’est bien, je ne dis pas que c’est mal, je dis que c’est possible avec le système français ». Mais précisa : « Il y a eu deux types de réactions : certains ont été choqués qu’on puisse vivre de la sorte, mais d’autres m’ont approuvé. » Ces derniers « trouvent que c’est bien de dénoncer les profiteurs ». Tiens donc, ces deux catégories ne sont-elles pas les mêmes ?

Il ne reste que deux hypothèses. Soit Thierry F. est un vrai chômeur, mais nigaud comme une boîte à chaussures. Soit il n’a jamais pointé, et son bouquin est une commande du MEDEF. Un conseil : ne l’achetez pas, ne le volez pas. Il affirme en avoir déjà vendu dix mille : à trahir ses semblables, autant pouvoir s’offrir une Audi TT.

Publié dans CQFD n°39, novembre 2006.


[1] Moi, Thierry F., chômeur professionnel, Éditions Albin Michel.





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LE CHÔMEUR BIENHEUREUX
Anibé | 6 avril 2008 |

Oui, cher Bouledogue : je pense que ce « Thierry F. » n’est qu’un sous-marin du grand capital payé pour faire monter la grogne contre ceux qui n’ont pas la chance d’être formaté de la « bonne » façon : savoir courber l’échine et accepter n’importe quoi pour gagner une misère.

C’est simple : ce type n’est PAS chômeur. Ou alors il ne paye pas L’ASSURANCE DE SA VOITURE… ;o) (ça coûte bonbon, l’assurance d’une voiture. Sans compter les tickets de stationnement, l’essence…)

Ce type est donc un maquereau qui se fait du pognon sur le dos des autres.

Je n’ai pas l’habitude de souhaiter du mal aux gens, mais s’il pouvait VRAIMENT se retrouver un jour à vivre avec la somme qu’il prétend… ça lui remettrait peut-être les idées en place.

PS je suis un peu en retard, mais je découvre ! ;o)

LE CHÔMEUR BIENHEUREUX
Leonie | 2 mai 2007 |

Je suis assez dégoutée. Je galère depuis….depuis que je suis sortie de mes études et ai posé les pieds dans le monde du travail ! Ce genre de bouquins arrangent surtout ceux qui diabolisent les « flemmes » ! Suite à de nombreux choix de merde, je me suis retrouvée comme « bannie » du monde du travail ou… basardée dans des postes à mi-temps, ou massacrée psychologiquement dans d’autres postes à mi-temps (parce que « je suis de ces personnes qui doivent se reconstruire, qui ont de graves problèmes » etc etc…). Alors oui, aujourd’hui, j’ai effectivement de problèmes psy qui ont trouvé un terrain pour se développer. Des problèmes qui n’auraient peut-être jamais vu le jour si je n’avais pas fait l’objet de mépris, de techniques professionnelles psy abusives (intrusion dans la vie privée, mépris, dépersonnalisation façon "je parle de vous à la 3e personne en votre présence etc..). Je ne fais plus la différence entre ceux qui souhaitent m’aider et ceux qui utilisent les gentilles techniques psycho-intrusives de la remise « à niveau » (véritables viol de la vie privée soit dit en passsant).

Donc, avec ce genre de bouquin c’est encore mieux, les personnes regardent les « flemmes dans mon genre » comme des personne qui ne souhaitent pas bosser et qui trouvent tout un tas d’excuses ou comme des personnes gravement atteintes. MERCI ! Joli miroir !

Aujourd’hui encore, j’ai appelé mon boulot parce que je suis arrêtée (j’ai fini par lâcher prise complètement. Je suis en traitement et pas sortie de l’auberge !). Les réactions étaient « encourageantes », lentement après toutes sortes de techniques « professionnalisantes » peu probantes puisque méchamment matraquées (quand je dis méchant, j’entends une vraie violence psy, pratiquée verbalement) ..donc lentement, comme les techniques ne portent pas leurs fruits, j’ai droit au mépris.

Donc ces mecs qui prônent le discourt d’un chômage soit disant « bienheureux », je ne les félicite pas ! Ces conards plongent la tête sous l’eau à ceux qui veulent s’en sortir ! Le regard des gens n’est pas tendre, mais en le nourrissant de la sorte, il devient insupportable.

LE CHÔMEUR BIENHEUREUX
| 2 mai 2007 |
Pathétique. Monsieur Thierry F, vous avez une place réservée en enfer. Un homme, 45 ans, a divorcé, perdu la garde de ses enfants, son emploi suite à une dépression, doit payer les pensions les impôts j’en passe et des meilleurs, il m’a même dit reconnaitre faire la manche dans le rue de temps en temps, en alternant avec les resto du coeurs…Il s’est suicidé il y a quelques semaines. Vous êtes une honte Monsieur F, j’espère ne pas vous croiser dans la rue, car je vous trouverez un boulot. Pire que la mort pour vous, vous rendez-vous compte ? LE CHÔMEUR BIENHEUREUX
raslebol | 12 décembre 2006 |
Scandaleux et déguelasse ! Comment ça peut se terminer à force de balancer que les chômeurs sont des profiteurs, à votre avis ? ce bouquin n’est que le sac vomitoire des idéologues esclavagistes dont les maitres vont bientôt régner sur toute la planète. Ce type s’est fait de l’argent sur sa propre dénonciation : ça ne vous rappelle pas les auto-critiques des pires régimes autoritaires ? On peut se faire du fric sur tout dans « le monde libre ». Le problème est que des gens, qui de toutes façons ne trouveront pas de boulot, vont se retrouver encore plus mal traités par les institutions et par leur entourages pendant que les patrons vont pouvoir engranger plus de profits sur la suppression des allocations chômage. Réfléchissez bien avant d’aller voter, parce que les prochains chômeurs, ça pourrait être vous. LE CHÔMEUR BIENHEUREUX
gatonegro | 7 décembre 2006 |
En pendant de cette tête de gondole très actuelle, on pourra lire un autre livre de paresseux fier de l’être : Mendiants et orgueilleux d’un certain grand Monsieur Albert Cossery. Quand certains opportunistes revendiquent un confort à peu de frais, les personnages de ce roman se targuent eux non seulement de ne rien faire, mais aussi de ne rien posséder. C’est du Diogène, égyptien et actuel, et ça déménage ! Cossery, c’est comment pisser dans la soupe à l’oseille de certaines soi disant rebelles qui ont trouvé le bon filon, c’est à dire la provocation qui convient aux marchands : en restant lucide mais en s’en cognant grave. J’ai emprunté ce bouquin par hasard à un pote, j’en suis resté sur le cul, et donc je le conseille à tous les glandeurs qui passeront sur ce site. LE CHÔMEUR BIENHEUREUX
gatonegro | 28 novembre 2006 |
Cette guenon nymphomane a de surcroît tout du fourbe endimanché, et vous l’épinglez proprement. Il vaut mieuxd’ailleurs, avant qu’il ne serve d’argument à des politiques des suppression des allocations. Moi qui suis RMIste, je peux à peine me payer tous les bouquins que je voudrais lire (et je parle pas de mon loyer). Alors je les emprunte aux copains qui bossent. Ainsi, je viens de lire un roman extraordinaire, qui traîte aussi de paresse mais aux antipodes de cet opportunisme de tête de gondole. Ca s’appelle « Mendiants et orgueilleux », c’est de Monsieur Albert Cossery. C’est un livre dangereux puisqu’il valorise le dénuement et relativise la misère. Le héros, Hogar, est un ancien prof d’université qui a tout envoyer valdinguer, chaire, salaire, « dignité », pour s’installer dans un galetas du Caire, préférant vivre sans mensonges plutôt que d’enseigner ceux de la philosophie, qu’il a fini par trouver morbides. Quelques phrases tirées du livre : « Seuls les êtres dans leurs folies innombrables, avaient le don de le divertir » ; « C’était toujours la même chose : cet émerveillement qu’il avait devant l’absurde facilité de la vie. Tout était dérisoire et facile » ou encore « -Même un cul de putain réserve des surprises. Il peut étonner le monde.-Ta philosophie m’enchante. Je crois que tu es un homme qui connaît la vie. » Même en le citant, je sais que je ne rends pas justice à ce livre, plein d’humour et violemment antisocial, traversé par un cynisme qui serait celui d’un Diogène se promenant dans le monde d’aujourd’hui. Ce « Thierry F. » se croit malin parce qu’il affiche sans complexe sa bêtise et sa veulerie, comme un Beigbeder à une autre époque. Et ces conneries marchent, se vendent, font leur effet dans le petit monde de la com’ ! Albert Cossery s’en tamponne, avale une boulette de haschisch et pisse joyeusement dans leur soupe à l’oseille. Ca fait l’effet d’un bon pet’, en plus stimulant ! Salut ! LE CHÔMEUR BIENHEUREUX
| 20 novembre 2006 |

BONJOUR ?AMIS DE CQFD.

P OUR NOTRE PART NOUS PENSONS QUE CE POPULISTE DE THIERRY F. ( ?), cache des identités multiples, prochent de ceux là meme qui pronent le chomage structurel, la précarité structurelle et bien d’autres épouventailles à peuples soumis aux dictats du cac 40…En pleine pèriode pré-éléctorale et prochaines renégociations du système unedic…Ce brulot populiste tombe à point nommé…Nous précaires de la loire, sommes bien au fait des usurpations de toutes sortes, puisque nous sommes soumis aux volontés post-monarchiques d’un roitelet départemental, en charge minisérielle de cette bonne veille justice, Ce personnage loin d’etre clément, ne serait-il pas ? aux soldes barbouzardes de cette veille république qui ne montre plus que sa face cahée et impunément pour le bon plaisir d’une élite dévoyée ? Nous ne sommes pas dupes. !

Précaires, n’empèche pas la saine colère !

A bon entendeurs salut. Hacène.

LE CHÔMEUR BIENHEUREUX
Olivier Germaine | 18 novembre 2006 |
Moi, j’ai été à l’ASS 1 an et demi, et je peux vous dire que l’ANPE ne m’a pas laissé en paix. (Déjà que la Sadique / l’Assedic m’avait « recalculé » en 2004) J’ai été obligé, avec des chômeurs longue durée, à faire un stage de recherche d’emploi de 2 mois à l’afpa (stage demandeur d’emploi longue durée) qui n’a servi à rien (faire un cv, consulter les offres sur le site de l’anpe… Je peux faire ça chez moi - stage bidon de 14 jours en entreprise, « pour voir »). Au final, un entretient humiliant avec une psychologue policère de l’afpa, agressive et persuadée que je ne veux pas travailler car je suis au chômdu depuis 4 ans. Coupable de ne pas trouver de boulot quoi. Ou alors, c’est que j’ai un problème et elle m’a même conseillé de consulter un psy ! ! ! ça m’a fait craquer, je suis parti en chialant. Je ne m’attendais pas à être dans un véritable tribunal. Puis, bon, avec l’ASS et les allocs logement, une fois réglés loyer et factures, il me restait 5 euros par jours pour bouffer la daube du supermarché, le lavomatic et les « loisirs ». Et le loyer qui a tendance à monter… Mon ass était loin d’être une sinécure, je vous le dis, j’en avais vraiment ma claque. Je suis actuellement en formation afpa d’« agent magasinier » pour 6 mois.
 

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