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CQFD N°039


CASSOULET SÉCURITAIRE

COSMÉTIQUE DE LA VILLE

Mis à jour le :15 novembre 2006. Auteur : Sébastien Dubost.


POUR UNE FOIS, La Dépêche a eu raison, pendant quelques heures. Titrant « La révolte des SDF » (27/10/2006), elle présentait l’expulsion du Clandé, squat historique de Toulouse, comme une émeute de vagabonds menaçant la ville. D’accord, mais les gens du Clandé ne sont pas restés longtemps sans toit. Ce jour-là, non contents de bafouer la propriété privée, des hordes de squatteurs érigent des barricades sur les boulevards, défiant l’honnête trafic automobile. Expulsés à l’aube, émeutiers à midi, discutant de la conduite à tenir en fin d’après-midi, ils seront de retour à la maison en soirée. Deux cents motivés se constituent en assemblée à la Chapelle [1] et décident d’aller protester devant la belle façade. Là, surprise : pas un flic. L’unique vigile évalue le rapport de forces et s’éclipse. À 21 heures, le Clandé est rentré dans l’ordre… de ses pénates.

Le Clandé, qu’es aco ? Un ancien claque avec velours toujours et miroirs pour s’y voir. Propriété de la Ligue contre le cancer. L’endroit, n’hébergeant plus ni filles ni malades en phase terminale, est rouvert en 1996 par une équipe avide d’expériences partagées. Concerts, projections, ateliers, débats, habitation.

Dès l’année suivante, ces sauvages sanguinaires gagnent en justice une « convention d’occupation précaire ». Contre loyer, ils peuvent rester mais devront déguerpir en cas de vente. En 2000, le lieu devient expulsable. Mais… rien ne bouge, car le proprio joue profil bas. Et pour cause : dans le sillage du scandale de l’ARC, la Cour des comptes a ferré quelques errements de gestion à la Ligue. Trop de publicité nuit et le taulier fait le canard en attendant son heure. Elle arrive tragiquement : le 12 septembre 2006, Édouard Rihouay, étudiant en sociologie travaillé par les pratiques solidaires, est tué sur le Pont-Neuf par un groupe d’errants déjantés. La mairie tient enfin son alibi sécuritaire : la « marginalité agressive ». Viennent un hommage médiatique du maire à la victime (sans informer la famille [2]), une demande d’audience au ministre de l’Intérieur, un arrêté anti-camping sauvage, la création d’une délégation municipale ad hoc…

L’union sacrée politico-médiatique joue à plein. Mais la grosse manip’ fait grincer des dents : les proches d’Édouard organisent un hommage à sa mémoire au squat de la Chapelle, qu’il fréquentait. De vrais SDF entament un jeûne (sic) pour protester contre l’amalgame mendicité/agressivité. Depuis, le Clandé a repris du poil de la bête. La menace a transformé le train-train quotidien en grosse dynamique. Le 4 novembre, une manif’ a rassemblé quelque quatre cents personnes. Les gens se relaient pour occuper les lieux, offrir des petits déjeuners, imaginer, discuter, organiser de nouvelles actions. La prochaine, le 18 novembre, devrait détourner la mode « téléthon » chère aux instituts de recherche comme la Ligue… Défis et performances décalées, les squatteurs joindront l’utile revendication à l’agréable moquerie. La lutte libre continue…

Article publié dans CQFD n° 39, novembre 2006.


[1] Abandonnée depuis une quinzaine d’années, cette chapelle fut rouverte en 1993. Elle est depuis un lieu de « pratiques artistiques et culturelles alternatives à la société de consommation  ».

[2] « Je n’avais pas à demander l’autorisation de quiconque pour rendre un hommage à quelqu’un mort sur la place publique.  » Jean-Luc Moudenc, La Dépêche du Midi, 28/09/06.





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COSMÉTIQUE DE LA VILLE
Message de la Chapelle (l’Atelier Idéal) | 15 mars 2007 | Site internet de l’Atelier Idéal (La Chapelle)

Pour retrouver toutes les infos sur la Chapelle, lieu d’expérimentation sociétale, politique et artistique, à Toulouse, vous pouvez venir nous voir au :

36 rue Danielle Casanova

face au Conseil Général

à 2 pas de la place Arnaud-Bernard

Le lieu est notamment ouvert tous les lundis de 18h à 22h pour les soirées « RELACHE »

Vous pouvez aussi retrouver toutes l’actualité du lieu, ainsi que les dernières informations relatives à sa menace d’expulsion. sur notre site internet.

Salutations associatives et militantes,

L’Atelier Idéal (association animant les activités de la Chapelle)

c/o La Chapelle

36 rue Danielle Casanova

31000 Toulouse

www.abri.org/atelier-ideal

 

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