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CQFD N°040


SARKOYAL ET ROYOZY

SAINTE ALLIANCE A TOURS

Mis à jour le :15 décembre 2006. Auteur : Antoine Chapo.

Le Canard enchaîné avait déjà démontré au printemps dernier quelles étaient les propositions du programme du Front National reprises, et surtout appliquées, par l’UMP. Par souci d’équité, CQFD s’est penché sur la politique socialiste, et en l’occurrence sur celle de Jean Germain, maire de Tours.

À TOURS, RIEN D’ANORMAL entre les rives paresseuses de la Loire et du Cher : le maire est un de ces voyeurs qui a mis la ville sous vidéosurveillance, le procureur est sarkosyste et le préfet militaire. PS et UMP marchent main dans la main, la matraque dans l’autre et appliquent le même programme… Quelques exemples : le 6 septembre 2006, à l’occasion d’un sujet intitulé « Le prix de l’urgence » dans le journal de France 3 Tours, Jean Germain, maire PS, s’interroge, sans bégayer, sur « le bruit et l’odeur » si cher à Jacques Chirac : « Que dirait une famille dans la difficulté, le père chômeur, la femme qui fait des ménages, trois enfants… qui attend son logement à l’OPAC depuis deux ans, si on lui dit “hé ben non, on ne peut pas parce qu’il y a quelqu’un qui arrive d’ailleurs”. Faut aussi qu’on ait ça dans la tête. » Le journaliste : « C’est un poids électoral certain ?  » Germain : « Ce ne sont pas des sujets faciles. J’essaie de ne pas les traiter de manière électorale, parce que je pense que l’éthique doit être au-dessus de ça, ainsi que la réputation de notre pays. Mais jamais le couteau sous la gorge.  » Ce jour-là le journaliste aurait pu faire une entorse à la déontologie de la brosse à reluire, et prolonger ainsi sa question : « C’est un poids électoral certain que la préférence nationale, sempiternel argument du Front National et de l’UMP depuis 2002 ?  »

Contre le « couteau sous la gorge » dont il parle, Jean Germain a trouvé une solution digne du nain de la place Beauvau. Trouvant que ce dernier parle trop sans passer à l’action, il karchérise tous azimuts. Dorénavant, les militants syndicaux, politiques et associatifs ne peuvent plus rentrer dans la mairie pour des démarches administratives sans avoir un vigile collé aux basques. Une « liste noire » de noms de personnes qui ne sont pas en odeur de sainteté auprès des administrations locales circulerait. Début octobre, l’association Droit au logement et le collectif de soutien aux sans-papiers décident d’attirer l’attention de la mairie sur la situation des sans-logis. « Il y a des couples, dont un avec une femme enceinte, obligés de dormir au bord de la Loire  », rapporte Lionel Bellot du DAL. Les associations rejoignent les SDF dans un lieu où ils ont de longue date leurs habitudes, l’entrée d’un ancien cinéma situé sur la Grand-rue du centre ville de Tours. « Chaque soir nous étions huit, ici, à dormir. La Croix-Rouge nous a offert à manger. Le Secours populaire a donné des couvertures et un réchaud à gaz. Notre boîte à collecte a été plutôt bien perçue par les étudiants et les personnes âgées.  » Le 26 octobre, la police nationale intervient. Les services municipaux, sous protection policière, nettoient l’endroit au karcher. Une entreprise barricade les lieux. Pour éviter tout repeuplement hostile, les quatre mètres carrés sont murés en tôle galvanisée.

Galvanisé, le préfet l’est aussi. Il s’était déjà illustré en 2002 en affirmant que : « Les gens du voyage vivent à nos crochets, de la rapine aussi, tout le monde le sait. » Dans une interview accordée à La Nouvelle République, il rend hommage au bon sens socialiste en plagiant Michel Rocard. « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde  », affirme le très martial Paul Girot de Langlade en parlant des Roms, des demandeurs d’asiles et des sans-papiers. Parqués dans un camp aux abords de la ville, les Roms qui se risquent à se montrer dans les rues tourangelles sont immédiatement ramassés par la maréchaussée. Selon l’humeur des pandores, ils sont gardés quelques jours en rétention puis libérés avec cet avertissement dans la tête : « Qu’on ne revoit plus ta gueule en ville. » Inexpulsables, ils emmerdent tout le monde, à commencer par le maire et le préfet qui affiche fièrement à son palmarès soixante-dix-sept expulsions. « Et finalement, ça arrange bien la population française qu’on fasse le sale boulot ! » affirme le préfet sous les applaudissements du maire, partisan déclaré de la « démocratie participative » vantée par Ségolène Royal. Qui sait ? Un camp pour délinquants encadrés par les militaires chers à sa favorite remplacera peut-être bientôt celui des Roms. Quant à la population française dont se revendique le préfet, celle qu’il aime bien c’est celle qui est à ses ordres. Parce que « la démocratie, ce n’est pas simplement des gens dans la rue qui disent n’importe quoi  » précise-t-il dans La Nouvelle République du 25 novembre. Lui il peut, nom de Dieu !

Article publié dans CQFD n° 40, décembre 2006.






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