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CQFD N°040



COMMENT QU’ON CAUSE ?

Mis à jour le :15 décembre 2006. Auteur : Gilles Lucas.


Avant, tout était clair : le progressiste regardait la tradition avec mépris et prônait l’émancipation humaine pendant que le réactionnaire défendait le pouvoir en place. Aujourd’hui, tout se complique : être conservateur dans le domaine de l’agriculture, c’est défendre des modes de culture à l’ancienne. Par contre, l’agriculture dite traditionnelle est vouée au progrès aveugle, aux désherbants, aux insecticides et aux engrais chimiques. De même avec la médecine allopathique, qu’on dit traditionnelle. Ou la maison traditionnelle, qui n’est pas en pierres mais en parpaings. Tudieu, quel chaos sémantique ! Les adorateurs du progrès regardent la mémoire et l’histoire comme autant d’entraves au développement technologique. Ils accusent d’archaïsme ceux qui se défient de lui. Les conservateurs oeuvrent eux à la pérennité de savoirs et de pratiques vernaculaires tout en questionnant la religion du progrès. Mais aux USA, le conservateur se réclame de la divine Providence… Ici, le traditionaliste rêve la messe en latin… Se faire traiter de réactionnaire est le sort que subit aussi bien celui qui aspire au rétablissement des pouvoirs de l’Église que celui qui tente une critique radicale de la société. Les millénaristes du XVI e siècle étaient-ils conservateurs lorsqu’ils prenaient d’assaut les châteaux et poursuivaient la réalisation du paradis sur terre selon les promesses de la Bible ? Les communards opposés à la propriété privée étaient-ils réactionnaires quand ils remettaient en question cette belle avancée qu’a été la propriété bourgeoise ? La pensée moderne, avec ses variantes « post » ou « proto », est une apologie frénétique de l’époque. Il y a donc des conservateurs qui parlent encore de lutte des classes et affirment que rien n’a fondamentalement changé. Certains disent que les conservateurs sont des résistants et les progressistes des collabos. Et vous ?

Article publié dans le supplément « Total rural » du CQFD n° 40, décembre 2006.






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