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CQFD N°041


FAUX-AMIS

ZINEDINE DANONE

Mis à jour le :15 janvier 2007. Auteur : Le bouledogue rouge.


Se payer la bobine de Zidane, c’est toucher à la magie, c’est porter atteinte aux rêves de millions de n’enfants à travers le monde. Comment s’en prendre à un tel symbole de gentillesse et de modestie, insoupçonnable de calculs vénaux ni d’arrière-pensée politique, lisse et poli, timide à la limite de l’autisme ? Sauf quand on traite sa sœur évidemment ! Et puis la main sur le cœur : visite de services de pédiatrie, d’orphelinats en Algérie comme au Bangladesh. Aaah les n’enfants ! C’est merveilleux les n’enfants. C’est d’ailleurs « l’engagement de Zizou auprès de l’association des gamins atteints de leucodystrophie » qui a fait fondre Franck Riboud, le PDG de Danone. Le cœur, coco, voilà le secret du business du xxi e siècle ! Du coup, Zidane a été embauché comme super-VRP par le laitier philanthrope qui refuse de communiquer le salaire de sa recrue : « Les enjeux affectifs et intellectuels sont supérieurs aux enjeux financiers. » (L’Express, 07/06/2004). Tu m’étonnes ! Si on en croit le patron de la multinationale - 1,46 milliards d’euros de profit l’an dernier - c’est lui qui a débauché Zidane de sa fraîche retraite dorée. Il avait pourtant de quoi buller pendant cent ans, le veinard, avec 14,6 millions d’euros engrangés rien qu’en 2005 ; soit un peu moins de 3 000 ans de RMI et un peu plus de 7 000 ans de salaire d’un instituteur algérien. On imagine sans peine le mentor et son nouveau pote les yeux embués d’émotion à l’évocation de « l’exploitation de l’image [de Zizou] pour la promotion d’actions en faveur de l’enfance. » « On peut faire du business au service de la pauvreté… Zidane l’a bien compris. » (Libération, 16/12/2006) et l’avenir sourit aux ambitieux sans vergogne, dit-on…

La reconversion du mercenaire du ballon rond en homme-sandwich n’est pas nouvelle : un pied dans la grolle de sport (Adidas), un autre dans le yaourt, la gorge pleine de Volvic, la tête dans la téléphonie mobile (Nedjma, opérateur algérien), le tronc chez Canal +, le séant dans l’assurance (Generali)… et la main sur le cœur en toute circonstance. Quand l’imitateur Gérard Dahan usurpe la voix de Chirac pour demander à l’ancien numéro 10 que les joueurs de l’équipe posent leur menotte droite sur le palpitant durant La Marseillaise avant le match Eire-France, ils s’éxécutent comme des moutons. La docilité des sportifs est sans limite. Lors de son récent voyage en Algérie le footballeur a encore franchi un cran dans le domaine de la carpette. Accueilli en sauveur et en homme d’État, il déclare : « Je suis un sportif, je ne fais pas de politique » et se laisse décorer comme un pantin par Bouteflika. Une pub inespérée pour un gouvernement qui a toujours bafoué la cause kabyle (notamment lors de la révolte de 2001) ; qui dénigre les binationaux franco-algériens comme étant « la cinquième colonne du néo-colonialisme » ; qui a laissé croupir les sinistrés du séisme de mai 2003 dans des conditions déplorables pendant trois ans et qui brade le pays dans une ambiance de corruption sans précédent. Rien de ces sordides contingences ne semble troubler la candeur béate de la personnalité préférée des Français : « J’avais un besoin de revenir, c’est la terre de mes parents. J’espère retrouver des sensations, voir la mer, le soleil, les saveurs du pain kabyle. » C’est très touchant et il faudrait vraiment avoir mauvais esprit pour soupçonner un quelconque rapport avec l’implantion bientôt hégémonique de Danone (eaux minérales, lait, biscuits) en Algérie depuis 2001. En tout cas, puisque tout est communication, on voit d’ici le slogan des prochaines campagnes de la firme : coup de boule sur les prix au rayon yogourt !

Publié dans CQFD n°41, janvier 2007.






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Vis tel ZINEDINE DANONE
kendor | 21 mai 2007 |
Oui au delà de la notion fric il reste le symbôle, Zizou est autant à sa place pour ce qu’il représente au regard des gosses que l’inverse, ne vous en déplaise, un bouledogue, rouge de surcroit, avec du yaourt à la commissure des babines ca le ferait pas. T’es d’accord la bête ? Nos grands hommes.
KiriKou | 9 février 2007 |
Un peu facile de choisir de se payer la tête de Zidane parce que c’est la plus connue. Et puis quand on voit aujourd’hui Basile Boli servir de contre-feu anti-Thuram pour le compte de Sarkozy (y aurait-il un lien avec le ralliement de Bernard Tapie à Sarko ?), je me dis qu’entre deux (et trois zéros !) pantins Zidane est effectivement plus humble : il veut bien la tune, quel gros vendu hein, mais pas le pouvoir. Basile Boli se sent probablement gonflé d’importance et de responsabilité en ce moment. Grand bien lui fasse. ZINEDINE DANONE
sabri | 28 janvier 2007 |
Laissez moi vous éclairer sur la profession de footballeur professionnel en prenant l’exemple et la trajectoire somme toute banale de zidane. A 15ans il entre en centre de formation à cannes, vers 19ans il touche son premier salaire avec lequel il s’acheta un 501 levi’s avant de donner le reste du cachet à ses parents. Ce n’est qu’en allant jouer en italie à l’age de 27ans que zidane commença a gagner beacoup d’argent. Inutile de dire que la vocation suggére un certain nombre de sacrifices et que sont portés par un footballeur souvent les aspirations de tous ses proches à une vie meilleure. (zizou est issu des quartiers nords de marseille, son pére était ouvrier). Ce ne sont pas les joueurs qui tracent les limites de leurs salaires ni les prix des places. Cela étant dit, on ne peut blamer zizou de rouler pour une « mafia politico-financiére ». Ce n’est pas son rôle de zizou de refuser l’invitation du président bouteflika ni la décoration qui lui fut decernée. Il faut avoir vu l’évolution de la réalité des algeriens pour porter un jugement sur le bilan du president qui n’est certainement pas le meilleur mais l’un des moins mauvais depuis l’indépendance. Je trouve votre papier plus indéscent vis vis des sinistrés de boumerdes que l’instrumentalisation de zizou aux fins politiques escomptées par boutef. D’ailleurs croyez vous vraiment que l’algérie est démocratique au point que le president ait besoin pour se maintenir d’un bon coup de pub tel que la visite du plus grand sportif de la planéte. Boutef est et serait resté incontesté sauf dans les sphéres des editorialistes tellement eloignés de la réalité et de la relative amélioration du quotidien. En algérie, un des moins mauvais candidat nous a été imposé. En France vous avez aujourd’hui le choix entre un hyper-inquiet adepte du tout-sécuritaire et une pin-up en quête de programme.
 

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