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CQFD N°041


REPRÉSAILLES ET RÉSISTANCE

RETOMBÉES DE CPE

Mis à jour le :15 janvier 2007. Auteur : Antoine Chapo.

À l’université François Rabelais de Tours, des profs, des Iatoss et des étudiants ont créé un Comité de mobilisation et de vigilance. Survivance de l’esprit du printemps 2006, ils résistent aux mesquines représailles contre les ex-grévistes. Et ce malgré l’inertie syndicale.

LE 14 DÉCEMBRE dernier, invité à Blois par le Medef, Michel Lussault, président de l’université de Tours - et notable socialiste notoire (voir CQFD n°40) -, dégoisait à la tribune sur « le travail et la liberté ». Et sur le sujet, notre homme en connaît un rayon. Jugez vous-mêmes : Pierre-Antoine, jeune professeur d’anglais au statut encore flou, a été tout bonnement licencié suite à sa participation aux journées de grèves. Raison invoquée par ses supérieurs ? Son poste est supprimé faute de budget. Mais peu de temps après, Pierre-Antoine voit arriver une remplaçante, payée pour faire le même job avec le même salaire. Ses demandes d’explication rebondissant sur un mur en béton, et ayant eu entre-temps la chance d’être embauché par une autre université, Pierre- Antoine finit par laisser tomber.

Une fois les piquets de grève levés, Sylvie et Daniel, syndiqués travaillant à la bibliothèque, négocient le paiement des « jours chômés » avec le secrétaire général de l’université, Jean-Marc Blonsard (ex-gendarme, copain comme cochon avec les RG et adepte du coup de poing dans le dialogue avec les grévistes). L’accord, qui porte essentiellement sur le paiement intégral des fameuses « journées d’action nationales », reste oral. Quelle n’est pas la surprise de nos deux compères lorsqu’ils découvrent leur salaire amputé plein pot. Même le lundi, jour de repos, est décompté. Explication de Blonsard : « Je vous ai vu dans la fac occupée ce lundi-là. Vous y étiez en tant que grévistes !  » Et après tout, qui prouvera qu’il a pu promettre une chose pareille ? Ce n’est qu’après une rude bataille administrative et un peu de pression que la présidence honorera ses engagements. À noter que la caisse de solidarité du mouvement sera mise à contribution pour compenser les « vrais » jours de grève (hors les journées d’action syndicales). Comme on voit, lorsqu’il s’agit de châtier les plus turbulents de ses administrés, l’université de Tours connaît « la liberté et le travail ». Il ne lui manque plus guère que la matraque. Et c’est uniquement pour cela qu’elle sous-traite encore la répression plus musclée des étudiants à la police et à la justice. Le procès en appel des « Trois » (accusés de dégradations au siège de l’UMP et condamnés à cinquante heures de TIG après un premier tour de piste ubuesque en juin 2006 [1]), est fixé au 26 mars à Orléans.

Étudiants, profs et Iatos ont donc rendu leur union permanente au sein du Comité de mobilisation et de vigilance, pour se défendre et attaquer. Voilà longtemps que ce n’était pas arrivé. Et si l’organisation autonome devenait le pilier des prochaines luttes ?

Article publié dans CQFD n° 41, Janvier 2006.


[1] « Sale enculé de gauchiste de merde, enfoiré, connard, fils de pute, ordure  », sont quelques-uns des noms d’oiseaux qu’un des trois inculpés aura essuyés en même temps que les coups assénés par les policiers qui l’emmenaient ce jour-là. « Tu vas voir sale bicot ce que c’est la gégène !  », « Cette nuit on viendra te casser toutes les dents !  », « Tu vas payer cher, on va te péter ta gueule de merde !  », « On n’aurait pas d’ordre tu serais déjà mort !  », « Ferme ta gueule, je t’entends parler encore une fois je t’explose ! T’as compris connard ?  » sont les autres joyeusetés endurées pendant la garde à vue. Tout cela méritait bien en effet quelques heures de travaux d’intérêt général.





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