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CQFD N°010


Ne pas confondre…

La misère et la pauvreté

Mis à jour le :15 mars 2004. Auteur : Nicolas Arraitz.

La misère, c’est quand l’idéologie du riche vient parasiter la mentalité du pauvre. Elle s’accroît en même temps que le PIB, Paul Lafargue le disait déjà au XIXe siècle. La pire ennemie du chômeur n’est pas la pauvreté, mais l’angoisse solitaire qu’il pense ne pas pouvoir partager avec son voisin devenu un concurrent. Libérons-nous du discours dominant et faisons feu de tout bois.

« Nous avons constaté un événement dans la période du 1er au 31 décembre, veuillez nous faire parvenir les pièces justificatives. » Ce coup de bluff des Assedic envoyé à de nombreux chômeurs des Bouches-du-Rhône (sans doute pour vérifier s’ils n’ont pas fait les Papa Noël au black) confirme qu’avant celui de crever de faim, c’est bien le risque de mourir étouffés sous leur mesquinerie qui nous menace. Et si pour une fois, dans l’espoir d’attirer leur bienveillance, nous faisions confiance à ceux qui nous gouvernent ? Au lieu de nous débattre dans une angoisse irrationnelle d’enfants abandonnés, aidons-les plutôt à tordre définitivement le cou de l’ancienne utopie officielle selon laquelle, grâce au travail mécanisé et à la production de masse, on s’acheminait vers une vie de loisirs et d’harmonie. Aux poubelles de l’Histoire, ces glorieuses foutaises, ces rêveries de rentier ! Car les mesures du gouvernement, qu’elles agissent sur les retraites, les allocs, la Sécu ou les cages d’escalier visent un seul et même but : secouer l’abject assistanat et la molle démocratie représentative, qui infantilisent le peuple en encourageant sa passivité. Cette déferlante de contre-réformes (appelons-les fièrement par leur nom) veut simplement donner un coup de fouet (shlaaak !) à l’esprit d’initiative. Je vous jure que ça doit être ça. Sinon, quoi d’autre ? Alors, arrêtons de nous plaindre et naviguons dans le sens du vent. Parions avec eux sur la dérégulation et le libre-échange. Mais soyons réalistes, aussi : l’aspect humain, festif et amoureux de la mondialisation ne peut être laissé aux bons soins des Seillière, Alliot-Marie, Perben ou Sarkozy : ils n’ont vraiment pas la tête à ça. De tous temps, la misère a poussé les pauvres vers des solutions désespérées telles que l’émeute, le banditisme, l’émigration ou l’enrôlement dans des expéditions de fortune. Si nous examinons les circonstances actuelles, les conditions seront bientôt réunies pour qu’un large pan de la population se précipite à nouveau dans ce genre d’aventures (c’est sans doute pour ça qu’une spécialiste des droits de l’Homme vient d’être promue à la gestion des « projets immobiliers de la Justice »). Mais nous aborderons le thème de la criminalité et de l’insurrection la prochaine fois. Occupons-nous aujourd’hui de l’alternative la plus poétique : le voyage (en écartant toutefois ses avatars inopérants que sont tourisme et sport extrême). Il faut profiter des dernières bontés de la protection sociale pour nous déplacer vaillamment vers le Sud, l’Est et l’Ouest (le Nord aussi, mais attendons les beaux jours). Pour cela, faisons feu de tout bois. RMI et allocs mis en commun, congés maladie, menus détournements, bourses, subventions de projets culturels (intellectuels et intermittents du spectacle, qui viennent de découvrir la dimension sociale du malheur, pourraient nous filer quelques tuyaux dans ce domaine) seront le carburant de ces expéditions. Les préparatifs de ces équipées seront l’occasion de tisser des liens et d’associer des talents trop longtemps séparés.

Notre projet est double mais dépourvu de duplicité. Nous irons là-bas pour réapprendre à exister sans le carcan des aides sociales et d’un même mouvement nous monterons de vastes réseaux migratoires pour que les pauvres du Sud viennent goûter les dégradantes facilités de cette protection sociale. Nous les inviterons à venir brûler les dernières cartouches de l’Unedic et de la Sécu avec nous, et ce dynamitage d’une existence étroite, vouée au décompte des points retraite, provoquera un somptueux potlatch planétaire. Sans trop préjuger de la nature des futurs échanges, on imagine qu’entre matière première et philosophie pure, tout un trésor d’idées pratiques pourra s’enrichir au fil de nos allées et venues. Si nous donnons sans retenue, nos frères du Sud, rompus aux mécanismes de la réciprocité, nous apporterons à coup sûr des cadeaux inestimables. Les Mama-Benz béninoises, par exemple, pourraient enseigner les lois du marché de quartier et le sens de la vraie richesse aux pâlichons des Chambres de commerce. Des ateliers coachés par des coopérants africains remettraient au goût du jour l’art du bon voisinage comme celui de peupler bruyamment les rues, d’échanger des services sans la médiation obligatoire de l’argent, de développer la dynamique exponentielle des tontines, d’organiser des bals sur les boulevards et des matchs de foot dans les hypermarchés, de dépenser à la cosaque, de frimer pour le plaisir des yeux… Car si l’heure est venue d’en finir avec l’Etat Providence, dilapidons de bon cœur son grenier magique en offrant une fête splendide au reste du monde. Nous l’avons tous bien mérité. Et quand nous en aurons fini avec l’aliénant paternalisme d’Etat, nous nous attaquerons au plus gros morceau du gâteau : la Banque et les multinationales. Au diable la déprime, compagnons du beau geste gratuit ! La vie est dehors. Et il ne s’agit pas de fuir en tournant en rond, mais de repousser les frontières jusqu’au fond des coffre-forts. Déployons nos énergies inemployées, et vogue la galère. Bon vent !

Nicolas Arraitz

Publié dans CQFD n°10, mars 2004.






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La misère et la pauvreté
mario kekic | 1er avril 2010 | MONKY BUISNESS

HOLD-UP DU SIECLE ! Enregistré dans : Non classé — buster @ 10:56

Pour réduire le déficit budgétaire, il suffirait de remplacer L’euro, le dollard, le yen et la livre sterling en même temps par une nouvelle génération de billets.

Pour ceux qui peuvent justifier l’origine, cela ne changera rien.Les autres se retrouveront avec de la monnaie de singe.Celà devrait permettre de récupérer sans violence une bonne partie de l’argent qui nous manque !

On sait combien de billets sont édités, la différence manquante sera dans la poche de l’état et poura même être revérsée aux plus démunis sous formes de subventions.

Pour ceux qui prétendent que cela coutera plus cher que cela ne rapporte, qu’ils présentent leur bilan !L’idée seule suffit à accélérer le blanchiment d’argent et donc à remplir les caisses des états du G20 !

Faut que ça bouge pour les gens qui ont des certitudes !


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La misère et la pauvreté
Ken | 25 novembre 2006 | information pauvreté
Je suis heureux de votre page sur la misere humaine.Il ya beaucoup a faire mais il est possible de combattre ce mal pourvu qu’il y ait la bonne volonté et une vraie solidarité entre les hommes.Autant qu’il est possible,je souhaiterais avoir des informations sur la pauvreté à l’echelle mondiale.Je désir travailler contre ce mal.kendelunivers@yahoo.fr Salut.
 

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