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Sommaire du N°042
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CQFD N°042



TRAVAILLER PLUS POUR TRAVAILLER PLUS

Mis à jour le :15 février 2007. .


A quelques petites choses malheur est bon. L’Insee l’expliquait en juin 2006 : la croissance ne redémarre que grâce à l’endettement des ménages. Au cas où on n’aurait pas compris, un ministre candidat enfonce le clou le 5 février 2007 sur TF1 : la France est trop endettée et les Français pas assez. Trimer plus pour s’endetter plus et vice-versa. Voilà le programme : brûler nos vies sur l’autel de leur économie. Ils viennent même d’inventer le crédit sur cinquante ans, pour que l’esclave des banques soit paralysé ad vitam eternam par la crainte de perdre ce qui ne sera jamais à lui. Et la vie dans tout ça ? Sans nourrir de nostalgie pour le vacarme des usines, nos quartiers populaires portent encore en eux une espèce de plus-value sociale qu’a produite malgré elle la concentration industrielle des deux siècles passés. Les travailleurs y expérimentaient liens, cultures et combats communs. Autant d’entraves à l’essor du capital que celui-ci n’a eu de cesse de briser. Selon l’époque, ce fut à coups de travaux épuisants, d’assommoirs, de guerres et de massacres. Aujourd’hui, atomisés, précarisés, les pauvres sont seuls devant ce qu’ils ont produit. Le turbin est ramené à une figure abstraite, un moralisme frelaté, une mise au pas, un décervelage sans but et sans futur. Cette réintroduction au marteau-pilon de la « valeur-travail » au sein d’une société qui produit surtout du chômage de masse est aujourd’hui le programme commun de toute la classe politique en campagne électorale. « Les enfants des familles pauvres traînent dans la rue et s’organisent en bandes, seule entité où existe un peu de fraternité, à moins qu’ils ne soient vissés devant la télévision, unique source de rêve, ou devant des jeux vidéo très violents. L’acculturation des enfants les plus démunis par l’accroissement des loisirs, ça existe ! » Pour remédier à ce « temps libre » chargé de menaces, le ministre Allègre proposait en 2001 que la gauche, qui a toujours été « le parti des travailleurs », soit aujourd’hui « le parti de la réhabilitation du travail »… Mais pourquoi travailler ? Pour quoi faire ? Pour consommer quoi ? Pour vivre comment ? Pour empoisonner quelle planète de rechange ? Ils n’ont qu’une réponse à tout ça : organiser encore et toujours la rareté dans un monde d’abondance et travailler pour travailler, un point c’est tout. Mais de plus en plus de réfractaires savent qu’il n’y a pas de vie sur leurs vieilles lunes. À nous d’explorer d’autres archipels.

Publié dans CQFD n°42, février 2007.






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TRAVAILLER PLUS POUR TRAVAILLER PLUS
| 5 mars 2007 |
Travailler plus pour travailler plus,. C’est dépassé mon cher ami, à la Poste c’est travailler plus pour gagner moins, une en -vie de rupture ; bien venue à bord . Ceux qui conduisent les fourgons pours ammener les facteurs sur leur tourné, ont eu le grand plaisir d’entrendre les murmures d’une direction très fière de ses explois qui annonçait aux chaufeurs qu’ils n’avaient plus droit à leurs 1 ou 2 euros par jour.Par mois 45 eurs/ par ans sans les vacances - de 400 euros. A l’inverse ces mêmes chaufeurs de jours en jours doivent distribuer du courrier. Travailler plus pour gagner moins ,c’est une réalité à la Poste NE PAS EN FOUTRE UNE RAME ET FLIPPER PÖUR SON RMI
gatonegro | 5 mars 2007 |

Ma réaction va autant pour cet article que pour l’interview de Pierre Carles et Claude Faraldo, et c’est plutôt une interrogation… Le dessin d’Aurel relève avec humour une contradiction majeure des tenants de la condamnation du travail : que penser de ces journalistes, intellectuels, réalisateurs qui, dans leur discours, chient sur la « valeur-travail » (perte de temps, absurdité de vouloir « gagner sa vie » attendu qu’on l’a déjà, etc.) et, dans les faits, produisent comme des malades, interviewent, rencontrent, bouclent, tournent, montent, s’expriment,…bref, bossent dur et en obtiennent considération et gratifications symboliques à gogo… ? A qui s’adressent-ils ? Leur discours vaut-il le vernis révolutionnaire qui l’ enrobe ? Ne se situent-ils pas eux aussi dans un « chacun pour sa gueule, après moi le déluge » bien dans l’air du temps ? (je sais, c’est dur pour tout le monde…)

Faraldo, bien que son film soit qualifié dans le chapeau de « pré-punk », semble demeurer avant tout un utopiste : cf sa conclusion : l’amour libre !

Carles, fils d’instit’, d’abord connu comme un persifleur de première, se tourne depuis deux fims vers le rejet du « boulot-aliénation ». Comme si constater que la corruption règne dans les hautes sphères devaient entraîner des changements de choix de vie à l’échelle individuelle !! N’importe, je préfère le trouver là, avec de l’empathie pour son sujet, et « Attention danger travail » est un film amusant.

Que tout cela s’achève en débat sur le chiottes-séchisme suggère assez bien à quel point on est dans la merde : plus d’utopie, plus d’idée, simplement les deux pieds dedans. Surtout ne pas penser, ne pas parler, ou l’édifice va glisser ! Sur le fond, je crois qu’on rejoint sans encore oser le dire les utopies soixante-huitardes ; mais ça la fout mal de le reconnaître après les Sex pistols.

 

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