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CQFD N°042


FAUX-AMIS

LA REVOLUTION ECOLOGIQUE

Mis à jour le :15 février 2007. Auteur : Le bouledogue rouge.


Y a des bulles dans le caviar ! Après avoir été bannie des esprits comme projet totalitaire et terroriste, la révolution est de retour. Dans le rôle du stratège, Nicolas Hulot, shampouiné par Ushuaia, propose « une évolution en profondeur vers d’autres façons de produire, de travailler, de consommer, de se nourrir, de se loger, de se déplacer, de se chauffer ». Dans celui du tribun radical, Chirac, haute autorité morale dont la vie aura été, comme chacun sait, une démonstration permanente d’intégrité mise au service du bien commun : « Face à l’urgence, le temps n’est plus aux demi-mesures : le temps est à la révolution au sens authentique du terme. La révolution des consciences. La révolution de l’économie. Et la révolution de l’action politique. » Aux armes ! « Il nous faut passer à un nouveau stade de la conscience humaine. Notre intelligence doit se consacrer à la protection de la planète. Nous devons apprendre à cultiver un rapport harmonieux entre l’homme et la nature… inventer une autre croissance. » Hugh ! Voynet, oratrice aphone, renchérit avec modération : « C’est une révolution écologique qui est à l’ordre du jour. » On sent déjà la foule frémir. On mesure les forces en présence. Assemblées et discussions vont à coup sûr fleurir partout. Les habitudes et les mœurs d’hier semblent d’ores et déjà bien surannées ! Les prédateurs vont-ils être expropriés ? La transformation générale des rapports sociaux serait-elle à l’ordre du jour ?…

On se calme ! Le grand chambardement ordonné depuis le sommet de la pyramide est encore plus terrifiant. Il dessine une société où les décideurs continuent à décider - à l’ombre de centrales nucléaires bordées de champs génétiquement modifiés - du développement durable de leur niveau d’empoisonnement de la vie. Car ce qui les agite, au-delà des dérisoires échéances électorales, c’est la somme faramineuse que devrait coûter le maintien de leur monde à eux : 7 500 milliards de dollars, soit plus que les deux guerres mondiales mises bout à bout, selon le rapport Stern sur les conséquences du dérèglement climatique. Car « si nous ne faisons rien contre le réchauffement climatique, notre économie s’effondrera ». Et meeerde ! Voilà que nos très chers capitalistes renouent avec l’histoire et le futur, qui depuis des décennies ne se conjuguaient qu’à l’aune d’une reproduction immédiate de leur accaparement des richesses. Ce ne sont plus leurs gains immédiats dont ils redoutent la perte, mais la disparition, à terme, de leur petit monde dans son entièreté cadastrée.

Alors, camarades, comment mobiliser les masses ? En ces temps de fébrilité durable, marquée par la défaite des autorités le 29 mai 2005, le soulèvement banlieusard de novembre 2005 et le mouvement dit anti-CPE du printemps 2006, le contre-feu le plus efficace est encore de se saisir d’une vague émotion circulant dans la société pour se l’approprier, la concentrer spectaculairement et finalement la désarmer. Résultat de cette inflation : Hulot cause d’évolution, Chirac de révolution, l’ex-ministre mitterrandien Edgar Pisani nous pousse à l’émeute avec un brûlot titré Vive la révolte, et l’incendiaire de la place Beauvau annonce la rupture. On échappe difficilement à une telle surenchère : même Bové convoque une insurrection électorale ! Jusqu’où s’arrêteront-ils ? D’ici à ce que le Medef décrète l’abolition du salariat et que la République se transforme en association libre d’individus libres, il n’y a qu’un pas ! Mais toutes ces cochonneries, faites-les sans nous, hein !

Publié dans CQFD n°42, février 2007.






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