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CQFD N°042


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

L’ÉCOLOGIE POUR LES NULS

Mis à jour le :15 février 2007. Auteur : Arthur.


CONTRAIREMENT À LA POLITIQUE - ou vie dans la cité grecque (polis)-, l’écologie est le discours de la maison (oikos), notre planète, la Terre. Le champ d’action ou d’inaction est donc plus vaste. Le nez sur leur ouvrage, les cités négligent le tout pour soigner leur partie, se battent en terrain clos et, à la façon de l’empire romain, se croient immortelles et ignorent le danger des barbares chevelus qui campent aux frontières.

Sautons vingt siècles : les cités modernes sont devenues des nations dirigées par des tyrans corrompus qu’on appelle chefs d’États, qui se croient fortiches mais qui sont, en réalité, des valets aux ordres des dirigeants des multinationales (réunis à Davos chaque année). Les vrais maîtres du monde ont inventé la mondialisation, c’est-à-dire le libre-échange des marchandises qui leur permet de faire de gros profits au Nord et de gros dégâts au Sud. Ils disposent de relais de propagande très étudiés : l’information télévisée, la presse écrite, la publicité. Chacun à leur place, ces esclaves bien payés que sont, par exemple, Claire Chazal (TF1), Colombani (Le Monde) ou Séguéla (la pub) sont chargés de chanter les louanges du libéralisme, le bonheur par la carte bleue et la joie par les massages en Thaïlande.

Pendant ce temps, les barbares fourbissent leurs armes. Ils ne s’appellent plus Huns, Vandales ou Goths, mais effet de serre, méthane, cyclones, sécheresse, disparition de la biodiversité, manque d’eau, fonte des banquises et libération du méthane enfoui dans le permafrost sibérien. On affecte de les prendre au sérieux mais tout le beau monde à stock-options et golden parachutes s’en branle. Personne ne veut toucher à son train de vie. On fait le tour de la planète en avion et pour « compenser carbone », on plante un tilleul. On fait circuler des supertankers bourrés de pétrole sur les océans et pour prévoir les marées noires, on achète des pelles et des cirés aux riverains. On déboise l’Amazonie et l’Afrique et pour se donner bonne conscience, on vend une pompe solaire au pékin assoiffé. On multiplie les 4X4 et on leur conseille de ne pas dépasser le 80 sur le périph’. On débarrasse les mers du globe de leurs requins et autres morues et, pour compenser, on élève des truites côtières dans les fermes aquacoles. On constate la disparition des glaciers et on pleure l’absence de neige pour nos vacances à la neige. On signe le Pacte écolo de M. Hulot et on mène campagne contre les fumeurs qui sont, ne l’oublions jamais, les vrais destructeurs de l’environnement.

Les deux mamelles du siècle à venir sont la « compensation » et le « principe de précaution ». Il serait plus simple et, pour tout dire, vital de ne pas avoir à « compenser » nos émissions de carbone, de ne pas fauter, comme le collégien qui avoue se branler au curé et, pour compenser, récite dix pater noster. En sortant du confessionnal, avec trois degrés de plus au climat de la planète, nous serons à poil sous les UV du soleil et enclins à pécher à nouveau. Résultat nul. Quant au principe de précaution, il s’applique à tous les vulgum pecus de la Terre, sauf aux multinationales précitées, les Monsanto (OGM), les chimistes (Gaucho anti-abeilles), les nucléocrates (vendeurs d’uranium enrichi aux fous d’Allah) et le club de Davos, dont les chargés de com’ du genre Alain Minc (La mondialisation heureuse) ou Jean-Marc Sylvestre (TF1 et France Inter) vantent le virage vers le « développement durable ». Entendez en réalité : la durabilité des profits.

Voilà pourquoi, madame la marquise, à moins d’une révolution mondiale, le pire est sûr : nos mômes y auront droit. Un monde à la solde des boursiers qui ne respirent plus en attendant l’indice de consommation des ménages de l’Alabama, ce monde-là ne peut rien espérer des alertes écologiques. Il est foutu. Rivé à son miroir. Madame Bovary, c’est eux.

Article publié dans CQFD n° 42, février 2006.






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L’ÉCOLOGIE POUR LES NULS
| 21 août 2007 |

 Herman- Entièrement d’accord sur le constat établit ici quand à notre triste avenir sur cette pauvre planète ! Je n’ai pas d’enfant et, malgré mon amie bien décidé à procréer un mauvais jour(pour le futur bambin), je ne suis pas certain d’assurer le rôle de père de si tôt…Déjà que je galère ne serais-ce que pour allé bosser ! Je ne voudrais surtout pas piquer le boulot d’un autre qui, ca se trouve, est très heureux là où il est..Mais alors,donner vie à un marmot qui n’a rien demandé sachant qu’en plus de devoir supporter cette civilisation dont les seules mots(maux) d’ordre sont : Travailler, Consommer, et voter utile( !!!), il va aussi falloir faire face au conséquences de cette misère humaine : sècheresse, famine, maladie, guerre, ma conscience risque de le payer très chère. Lire « Comment les riches détruisent la planète » d’Hervé Kempf« où il ait démontré comment par effet du »JE VEUX UNE AUSSI GROSSE QUE TOI", les riches induisent une sur-consommation des un peu moins riches qui, à leur tours, donnent à rêver à la masse de gens qui, naïvement (mais peut-être aussi parce que marner toute la journée juste pour bouffer et payer le crédit qui vous emmène à l’usine est un peu frustrant), suit le troupeau. Tout ça va vraiment mal finir ! Et quand on pense que cette belle planète avait vraiment tout prévu pour qu’on y passe du bon temps ! Quelle gâchis !!! A part ça, je viens de découvrir votre site et donc l’existence de CQFD, qui est une formule que j’adore et ça tombe bien car je vais m’abonner. J’aime votre ton et votre radicalité, qui ne sont pas sans me rapeler le Charlie d’avant la médiocrité, le faux-cul-isme et le cynisme d’un Val dont la platitude semble gagner le reste du journal… Bon vent et merci pour la diffusion des vieux numéros…
 

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