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CQFD N°042



GALETTES ET GUINGUETTES

Mis à jour le :15 février 2007. Auteur : François Maliet, Will et HVB.


Petite connivence ordinaire

Chroniquer les CQFD Allstars dans CQFD fleure bon l’arrangement de comptoir… Un peu comme quand Le Figaro encense les Rafales du patron Dassault dans ses colonnes… Avouons-le, ces bougres homonymiques ne nous sont pas étrangers, mais notre joyeuse amitié n’influe en rien sur nos capacités d’écoute de leur production musicale. Leur tube, le désormais légendaire « Manger salade », entraîne un franc déhanchement jusque chez le pisse-froid d’ordinaire peu enclin aux gesticulations imbéciles face à des musiciens qui ne convainquent qu’eux-mêmes. Les Allstars, eux, sont terriblement convaincants. Avec cézigues, terminées les sempiternelles polémiques de zinc sur Cronstadt ou les émeutes de novembre 2005 pour surtout, surtout, ne pas se trémousser ! Ils envoient « Noailles », et le plus timide des angoissés est irrésistiblement happé par le dancefloor, tricotant des gambettes comme une douzaine de Travolta. Plus belle encore, « L’amant Roger » secoue le popotin tout en extorquant quelques larmichettes sur son « putain de sort ». Et pour décrocher les derniers « politiques » de leur tabouret de bar, les Allstars ont mis en musique « Je vis dans un pays ». Un très beau texte où l’auteur, Laurent Jacqua, décrit un univers qu’il connaît bien pour y croupir depuis de nombreuses années. Pour savourer toutes leurs chansons, téléchargez leur premier album, L_s p_tits bonhomm_s, sur www.cqfdallstars.com. Mais n’hésitez pas à craquer un billet pour leur CD, la pochette est superbe. Conseil donné en toute objectivité puisque le gus qui l’a conçue, on le connaît même pas…

F.M.


Gérard remet la sienne

C‘est fou comme le ska bouge encore. Tu secoues une carotte de bistrot dans n’importe quel bled de France et t’as trois ou quatre groupes qui tombent un pas devant l’autre, le saxo enfumé et quelques crêtes qui dépassent. Perso, j’adore le ska : c’est le genre dans lequel l’amateurisme fait le moins de dégâts. Joué par de vrais bons, c’est un délice majeur de l’existence. Ravissement du naufragé à la découverte de Gérard et les Stars, les plus fines gâchettes à l’ouest du Pecos, je veux dire au nord de la Camargue. Malgré un nom de scène invoquant le lourd héritage de Marcel et son orchestre et autres Raymonde et les blancs-becs, ces types-là explosent le balèti. Une rythmique qui chauffe les genoux, deux sax qui retournent les poumons et puis une poignée de refrains imparables : « Je suis un chômeur de la première heure/Et les Assedic me filent du fric/Mais pas assez pour mes soirées/Acheter à boire et à fumer !  » Cette déclaration devrait être versée d’urgence aux renégociateurs de l’Unedic. Sur « ANPE », le plus beau morceau de leur dernier album, un riff de sax à déverrouiller les gonds soulève un gars sommé par sa mère d’aller chercher du taf : à pousser à fond de ghetto-blaster lors de votre prochaine convoc’ à l’Ahènnepéheu. Les morceaux sont parfois trop longs, chacun voulant y aller de son solo, péché de jeunesse, mais l’album vaut sa tournée au comptoir. Ça s’appelle « Mon bar », justement, c’est (mal) distribué par Harmonia Mundi mais disponible entre autres à Mon Bar, place du Forum à Arles, un des zincs les mieux en bouche au sud du Rio Grande.

H. V. B.


Viagra rules !

Alors que j’arpente un trottoir de la Plaine, un collègue m’interpelle : « Y a UK Subs et les Vibrators qui jouent sur Marseille !  » Heng ! Ils sont pas morts et enterrés, les fossiles ? Après vérification auprès de caciques musicaux bien au jus, les vieux de la vieille sont effectivement toujours là. Alors, on chope des places chères, on siffle quelques binouzes et direction la fosse aux keupons. Y a pas à dire, les mythes vivants ça ramène du people, le bar est submergé de jeunes crêteux, des boules à Z et des anciens à qui on la raconte pas. Ça démarre avec les Vibrators, groupe fondé en 1976. Le trio actuel est pratiquement d’origine mis à part le bassiste, un jeune branleur tatoué. Si les années ont passé, l’envie d’en découdre sur scène est intacte, ça enchaîne les morceaux et c’est méchamment carré, leur punk rock est toujours aussi efficace. Puis c’est le tour des UK Subs et leur inoxydable chanteur qui tape les 63 piges et pas un cheveu blanc, toujours alerte le papé, certes bedonnant mais respect, il tient la route. Les zicos assure un punk métalleux, millésimé eighties. Dans le public on se déchaîne, on pogote, on tient la pose fuck the system. Hé ben, ça fait du bien de s’en prendre plein les esgourdes malgré un acouphène tenace. Alors, vive la DHEA (pilule de jeunesse) en vente libre ! Si ça peut ressusciter les vieux punk-rockers d’antan pour foutre une bonne claque aux morveux sans couenne d’aujourd’hui !

Will


Article publié dans CQFD n° 42, février 2006.






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