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CQFD N°043


AFFAIRISME CATHOLIQUE À TOULOUSE

LA CHAPELLE EST EN FLAMMES !

Mis à jour le :15 mars 2007. Auteur : Pierre Samson.

Ventre-dieu et Bourre-mou font dans l’immobilier. Ventre-mou tombe à l’eau, qui-qui reste ? Ou comment se débarrasser avec profit d’un terrain inconstructible et d’une chapelle inaliénable devenu lieu de contre-culture. C’est la martingale que tentent - au nom des SDF !- la mairie et l’archevêché de Toulouse.

LES « DON QUICHOTTE » toulousains ont bien de la chance, ils ont Françoise de Veyrinas, dame patronnesse du Capitole. Pour que décampent enfin ces gueux qui lui salissent son gazon, la très catholique conseillère municipale avait imaginé leur donner en pâture « La Chapelle », un bien d’église investi il y a treize ans par une poignée d’agitateurs culturels. « Il faut que vous nous aidiez  », a-t-elle lancé le 29 janvier, en réunion publique, aux Enfants de Don Quichotte. « Simplement ce bâtiment, il est aujourd’hui squatté… par des gens qui font simplement des activités culturelles.  » Elle ne dit pas « ces squatters qui vous piquent simplement votre toit », mais c’est tout comme. Devant la bronca, l’adjointe a dû remballer sa tentative de croisade. L’opération « tempête du bréviaire » aurait pourtant dû faire deux heureux. En premier lieu, l’archevêché et son association diocésaine qui, après avoir laissé ce lieu en friche, se préoccupent soudain de sa rentabilité. Quand le prix du temporel flambe, le spirituel ne crache jamais dessus, ça pourrait l’éteindre. La calotte, qui voudrait se refaire après une gestion en dents de scie, a trouvé acquéreur : une association « catholique » de comptables et de banquiers au caritatif bien pensant nommée Habitat et Humanisme, qui voudrait tout raser pour se doter décemment de deux cents mètres carrés de bureaux. Et accessoirement, loger quelques pauvres. L’éviction des actuels occupants leur aurait ôté une épine du pied.

Second bénéficiaire, la mairie de Toulouse. Le Capitole aime tellement ses sans-logis qu’il noie à la lance à incendie leurs lieux de couchage et vient de lancer un concept confit d’empathie : « La marginalité agressive ». Le maire UMP de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, en est si fier qu’il s’est empressé de le vendre à Sarkozy. Mais pour lui refourguer aussi son brevet de videur de squats, il devra patienter. Car ce tapage ennuie beaucoup le clergé, et pour cause : il y a de gros grumeaux dans son saint potage immobilier. Une clause testamentaire interdit en effet à l’association diocésaine, héritière du terrain, de l’affecter à un usage autre que cultuel. « Laissons la chapelle se ruiner, la clause sera sans objet », s’est dit l’Église, qui n’avait pas imaginé que ses locataires impromptus la payeraient en toiture, charpente et peinture. Désormais en possession d’une bâtisse pimpante, les calottes potassent fébrilement leur casuistique pour y trouver le droit de lâcher les bulldozers.

Autre souci : le certificat d’urbanisme. Déposé le 10 février 2006 par Habitat et Humanisme, il aurait dû tomber le 17 février sous les dispositions d’un Plan Local d’Urbanisme (PLU) tout neuf, qui classait le jardin de la chapelle en espace vert inconstructible. Les services de la mairie, à qui il faut habituellement deux mois pour traiter ces dossiers, n’ont mis que quatre jours pour accepter celui-là… Un coup de pouce à la limite de l’abus de pouvoir, mais qui prouve que la solidarité des cathos ne se chine pas opus… Las de ces entourloupes, les empêcheurs de spéculer en rond ont décidé de pousser l’archevêché dans ses retranchements et celui-ci a fini par leur reconnaître du bout des lèvres un semblant de légitimité… Tout en jouant en sous-main Habitat et Humanisme, à qui ils espèrent toujours fourguer la parcelle. Les saltimbanques se sont donc rendus chez les Humanistes du cru. Les amis du « pauvre propre sur lui » n’ayant pas accepté le Ripolin gratuit de leurs bureaux en guise de dédommagement, c’est le grand coach de la maison, Bernard Devers, un curé lyonnais ne dédaignant pas jouer les Abbé Pierre dans les gazettes, qui s’est retrouvé publiquement pris à partie. Trop de bruit : la charité bien ordonnée de ces officines ayant besoin de silence pour s’épanouir, les humanistes de façade seraient, paraît-il , sur le point de renoncer à se saisir de La Chapelle. Leur architecte s’est d’ailleurs prudemment retiré. Mais méfiance : si la religion n’est plus le seul opium du peuple, ses représentants travaillent toujours à l’endormir.

Article publié dans CQFD n° 43, mars 2006.






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LA CHAPELLE EST EN FLAMMES !
ATELIER IDEAL | 12 avril 2007 | L’Atelier Idéal

Pour ceux qui voudraient en savoir plus, nous soutenir, toutes les infos sur le site de l’ATELIER IDEAL, association qui anime les activités de la CHAPELLE : http://www.abri.org/atelier-ideal

rubrique « une expérience menacée » …

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