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CQFD N°043


EN ATTENDANT INES

L’OEIL DU BIO-MAÎTRE

Mis à jour le :15 mars 2007. Auteur : Anatole Istria.


L’EXTENSION TECHNOLOGIQUE des systèmes de fichage nous entraîne vers une ère de suspicion généralisée motivée par la psychose antiterroriste, où ne pas être fiché relèverait déjà du comportement criminel. « Le jour où le contrôle biométrique sera généralisé et où la surveillance par caméra sera établie dans toutes les rues, toute critique et tout dissentiment seront devenus impossibles  », annonçait le philosophe Giorgio Agamben dans un texte en soutien aux manifestants qui avaient détruit le 17 novembre deux bornes biométriques dans la cantine du lycée de Gif-sur-Yvette (CQFD 29). Ce premier acte de résistance publique à l’avancée de la biométrie a été sanctionné sans qu’aucun débat public n’ait lieu : trois personnes condamnées à trois mois de sursis, 1 500 euros d’amende et 9 000 euros pour bris de machine [1].

Nos innocentes têtes blondes sont des cobayes idéaux. Comme au lycée Jean-Giraudoux de Bellac (87), où un système de contrôle biométrique a été installé pour que l’élève puisse pénétrer dans la salle du self. « L’établissement aura, au préalable, constitué un vaste fichier anthropométrique de tout le personnel  », dénonce Sud Éducation-Limousin. Les sans-papiers constituent également un bon terreau d’expérimentation. Même si parfois il y a des couacs dans le zèle de nos Big Brothers. En effet, le 7 février, le Conseil d’État a demandé l’annulation de l’arrêté du ministre Sarkozy créant le fichier ELOI, destiné à rassembler des données, y compris biométriques, sur les clandestins et les personnes qui les hébergent. Simple répit ?

Car la biométrie s’immisce dans tous les secteurs de la société marchande. Pointeuses à reconnaissance digitale au bureau, puçage animal, filtrage biométrique dans les casinos pour les joueurs interdits, puces sous-cutanées pour les night-clubbers barcelonais ou pistage satellitaire de la marchandise - à quoi s’ajoute la traçabilité des portables, cartes bleues, pass Navigo, e-mails… - les moindres gestes du quotidien tombent sous l’oeil du bio-maître. Prochaine étape, 2008 : tout citoyen scrupuleux devra être doté de la carte d’identité nationale électronique sécurisée (INES) qui comportera des données biométriques conformément à ce que réclament les USA. Un coup de modernité sur les papiers d’identité, rendus obligatoires sous le régime de Vichy… Le futur sous contrôle total n’est pas pour demain, il est presque déjà là.

Article publié dans CQFD n° 43, mars 2006.


[1] Pour les soutenir adresser vos chèques à l’ordre de la Compagnie du Cheval Noir, au 63, rue Georges-Boisseau, 92110 Clichy.

- Voir également le site du collectif George Orwell : http://1984.over-blog.com/





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