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CQFD N°043


TARNAGAS !

LA CONF’ PLIE, MAIS…

Mis à jour le :15 mars 2007. Auteur : Gilles Lucas.

La Confédération paysanne a perdu sept points lors des élections de février aux chambres d’agriculture. Manifestement, certains paysans n’ont pas lu le n°40 de CQFD qui prédisait une victoire des confédérés… Nicolas Duntze, du comité national, analyse cet échec relatif.

« Ce vote a d’abord été un repli corporatiste. Il ne faut pas oublier qu’il y a six ans, la Coordination rurale, qui vient d’opérer une forte poussée, n’était pas présente dans tous les départements. Cette fois, ils ont eu des listes partout. Lors des élections aux Chambres de 2001, beaucoup de voix protestataires anti-FNSEA s’étaient portées sur la Conf’ et aussi sur le Modef [1]. La Coordination rurale, créée il y a une quinzaine d’années, est issue d’une scission de droite au sein de la FNSEA. Ces paysans en sont partis parce qu’ils considéraient que la corporation n’y était pas assez défendue. Leurs thèses sont proches de Villiers, ils prônent le libéralisme total, les primes sans contrôles et cherchent à prendre tout ce qui est prenable dans le domaine de l’assistanat agricole. Cette attitude est à mettre en parallèle avec le désespoir du monde agricole, où les rapports au métier de paysan et au terroir ont été laminés. Ils s’accrochent à ce qu’ils ont ou plutôt à ce qui leur reste, pour beaucoup une rente effective, sans envisager le futur de tous. Ensuite, la FNSEA est allée sur le terrain de la Conf’, en faisant de la pub pour les ventes directes et collectives, la valorisation d’outils à taille humaine. Ils ont mené cette campagne en utilisant les moyens dont disposent les chambres d’agriculture au seul bénéfice de leur organisation.

Mais il faut aussi reconnaître que la Conf’ a des difficultés à faire avancer l’idée selon laquelle il ne faut pas laisser l’avenir de l’agriculture aux mains des seuls agriculteurs. Nous souhaitons que le « corps social » se réapproprie la ruralité, qu’elle devienne l’affaire de tous. Nous affirmons que pour changer l’agriculture, il faut changer les rapports sociaux. Expliquer cela n’est pas chose simple… Et puis, il y a ceux qu’on appelle les cotisants solidaires, ces petits maraîchers, horticulteurs ou éleveurs qui cotisent à la MSA mais ont un trop petit chiffre d’affaires pour être déclarés paysans-exploitants. Ils sont à peu près 100 000 en France. Ils participent à des réseaux et à la vie des pays, mais ils n’ont pas le droit de vote… »

Propos recueillis par Gilles Lucas

Article publié dans CQFD n° 43, mars 2006.


[1] Syndicat proche du PCF.





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