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CQFD N°009



Dissolvant

Mis à jour le :15 février 2004. .


Et l’art, dans tout ça ? Il se porte bien. Mais pas forcément tout seul, comme le montre l’exemple du Lieu Unique. Ce bel espace culturel de Nantes, soutenu par son maire, le rosâtre Jean-Marc Ayrault, rayonne actuellement sous le patronage de Coca Cola. En effet, suite à un accord passé entre le fabricant de la boisson qui fait roter et le président du Lieu Unique, Jean Blaise, un « labo d’artistes » accueille depuis décembre et pour trois mois neuf plasticiens nantais, chargés d’œuvrer dans le cadre d’une commande de la multinationale. « Nous sommes aujourd’hui dans le monde de la consommation. Tout le monde l’accepte sauf les anarchistes », argumentait Jean Blaise le 16 janvier sur Jet FM. C’est vrai, lui a répondu la Lettre à Lulu, un canard nantais qui compte aussi des artistes, « rien ne résiste au Coca, pas même les pièces de monnaie ». Et les pièces de monnaie, c’est Jean Blaise qui n’y résiste pas : 75 000 euros ont été déboursés par la boîte pour financer l’affaire. Il va de soi, jure le maestro, que les artistes sélectionnés conserveront jusqu’au bout une « entière liberté » de création. Toutefois, pour canaliser un peu leur bouillonnante inspiration, on leur soumet juste un minuscule cahier des charges : « Ils doivent d’abord marner sur le nouveau pack de Coca Cola light en respectant les “contraintes graphiques et morales” de la firme, avant de s’adonner à un autre travail artistique sur le concept Coca light, et là, attention l’audace, jusqu’au détournement s’il le faut ! », explique la Lettre à Lulu. L’artiste de marque détourne ce qu’il peut, et comme il faut. Le seul détournement, aujourd’hui, qui produise des effets garantis, y compris, parfois, sur le plan artistique, c’est le détournement d’argent dont sont victimes les intermittents du spectacle : à devoir inventer des modes de lutte, on finit forcément par inventer un langage. Qui, lui, ne se dissout pas dans une canette.




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