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CQFD N°044


CAUSERIE AU COIN DES FLAMMES

MORT À LA DÉMOCRATIE

Mis à jour le :15 avril 2007. Auteur : Gilles Lucas.

« Ce livre ne doit pas être compris comme une prise de position en faveur de l’abstention ou de la non-inscription sur les listes électorales. L’abstention n’est pas plus impérative que le vote n’est un devoir.  » Dans son essai Mort à la démocratie [1], Léon de Mattis va au-delà du faux débat qui se résume à un « élections pièges à cons ». C’est le principe même de la démocratie qui est ici attaqué. Entretien :

CQFD : Le point de vue antidémocratique est en général celui de ceux qui dominent soit en affirmant que leur pouvoir est de droit divin soit en pratiquant la plus grande brutalité. En quoi ta critique de la démocratie se différencie-t-elle de ces conceptions-là ?

Léon de Mattis : La critique de la démocratie est aussi une tradition libertaire, et il est évident que c’est de ce coté-là que se situe la mienne, même si je ne me définis pas comme un « anarchiste ». Et je renvoie dos-à-dos le point de vue démocratique et celui, antidémocratique, qui défend la force ou le droit divin comme ayant en commun d’être des théories du pouvoir de l’État, donc de l’oppression.

Ta critique s’en prend à la démocratie en tant que telle ou bien à ce qu’elle est devenue aujourd’hui ?

Toute critique, à mon sens, n’est intéressante que si elle critique ce qui existe réellement. Il va donc de soi que la critique de la démocratie est une critique des conditions contemporaines de la démocratie, de ce qu’on entend habituellement, actuellement, par le terme « démocratie » - donc la démocratie élective, représentative, parlementaire, telle qu’on la voit fonctionner par exemple en France au cours de cette élection présidentielle. Cependant, j’ouvre aussi le débat sur la critique de ce qu’on appelle parfois la « démocratie directe », car, à mon sens, il ne s’agit le plus souvent que de singer les procédures de la démocratie étatique en en reproduisant les tares (formalisme, magouilles, etc.).

Pourquoi, quand on critique la démocratie, est-on tout de suite diabolisé ?

Le pire sera toujours là pour nous faire filer doux. Choisissez Royal sinon c’est Sarkozy, choisissez Chirac sinon c’est Le Pen, choisissez la démocratie sinon c’est Hitler, etc. Je crois qu’ainsi l’État a réussi son chantage, qui est de dire « contentez-vous de la démocratie sinon vous aurez la tyrannie ». Toute critique de la démocratie est présentée comme faisant le lit de la dictature. Mais attention : nous abstenir de critiquer la démocratie ne nous épargnera pas pour autant la dictature, si la nécessité s’en fait un jour de nouveau sentir pour sauvegarder à tout prix le pouvoir des puissants.

Qu’est-ce qui pourrait remplacer ces permanentes injonctions à « respecter la démocratie » ?

Ce qui revient à demander : « qu’est-ce que tu proposes à la place ? » Une chose est sûre, il ne peut pas s’agir d’un autre mode d’organisation du pouvoir puisque c’est le pouvoir lui-même qu’il faut dissoudre. Il faut donc déjà éliminer le « cratos » (le pouvoir) du terme démocratie. En fait, je ne pense pas qu’il faille un mot unique pour désigner le processus qui permet d’aboutir à une décision collective, car justement il n’y en a pas forcément qu’un seul de possible, et c’est là toute « l’erreur » du formalisme démocratique, de croire que la manière d’organiser une discussion collective préexiste à la discussion elle-même.

Propos recueillis par Gilles Lucas

Article publié dans CQFD n° 44, avril 2007.


[1] Léon de Mattis, Mort à la démocratie, L’Altiplano, 2007.





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MORT À LA DÉMOCRATIE
gatonegro | 21 avril 2007 |

Quel titre ! Mais pas un seul argument dans cette interview, alors quoi ? On aurait dire, en somme, bien des choses, comme ça par exemple (Desproges sur le même sujet) :

« Parce que c’est ça aussi, la démocratie. C’est la victoire de Belmondo sur Fellini. C’est aussi l’obligation, pour ceux qui n’aiment pas ça, de subir à longueur d’antenne le football et les embrassades poilues de ces cro-magnons décérébrés qu’on a vus s’éclater de rire sur le charnier de leurs supporters. La démocratie, c’est aussi la loi du Top 50 et des mamas gloussantes reconverties en dondons tisanières. La démocratie, c’est quand Lubitsch, Mozart, René Char, Reiser ou les batailleurs de chez Polac, ou n’importe quoi d’autre qu’on puisse soupçonner d’intelligence, sont reportés à la minuit pour que la majorité puisse s’émerveiller dès 20 heures 30, en rotant son fromage du soir, sur le spectacle irréel d’un béat trentenaire figé dans un sourire définitif de figue éclatée, et offrant des automobiles clé en main à des pauvresses arthritiques sans défense et dépourvues de permis de conduire. »

Alors, on en cause quand, de la dite « démocratie » ?

 

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