Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°045
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°045


LIBRE ACCÈS À L’INFORMATION

LA TÉLÉ À LA HACHE

Mis à jour le :15 mai 2007. Auteur : Gilles Lucas.

Des milliers d’habitants de la région de Millau ont été privés, le soir du premier tour de l’élection présidentielle, des faces avenantes des Hollande, Hortefeux, Montebourg, Gollnish, Alliot-Marie, Strauss-Kahn, et autres Voynet. Un profond traumatisme dont la petite ville aveyronnaise a bien du mal à se remettre.

« QUAND L’IMAGE DE LA TÉLÉ a disparu vers 20 heures 15, je me suis demandé ce qu’il se passait  », raconte un millavois. Le 26 avril au soir, des milliers d’habitants de Millau sont devant leur télé pour regarder le résultat du premier tour des élections présidentielles. À la même heure, dans les collines environnantes, des coups de hache viennent sectionner les câbles de deux relais de transmission des chaînes de télévision hertziennes, des stations de radio et de téléphonie mobile. Entre 4 000 et 10 000 foyers de Millau auront eu juste le temps de connaître le score de leurs divers favoris. « Ça m’a franchement amusé. J’imagine que ce sont des jeunes révoltés qui ont fait le coup. C’est un truc de gamin. Et puis ça nous a évité les commentaires et les discussions des spécialistes et autres politicards. Mais j’espère que cette histoire ne va pas retomber sur le dos de José Bové, qu’on ne va pas l’accuser et encore lui chercher des noises  », avance un jeune cuisinier. Une dame proteste : « Ça m’a mis en colère. Quand même, ce n’est pas bien ! La télévision, c’est indispensable ! » Une autre reprend : « C’est inadmissible de priver tout le monde de télévision. Mais quand j’en parle autour de moi, personne ne dit rien. Les Français sont bizarres, ils ne veulent pas se mouiller. Il y a plein de gens qui n’ont même pas été scandalisés.  »

Un patron de bar affirme : « À mon avis, ça a été fait exprès. Je pense que ce sont des gens qui n’étaient pas d’accord avec le résultat des élections. Bien sûr, on a tous été surpris, puis on a causé entre nous.  » Un basque aveyronnais en rigole : « C’était très bien. Pas de télé, pour une fois, ça fait du bien. On a vu les résultats avant que tout soit coupé. Et puis, on a fait un bon repas entre amis, dans une super ambiance  ». La mairie, quand à elle, recentre le propos, dans une belle synthèse fourre-tout des sujets à la mode : « La Ville de Millau condamne fermement ces actes de dégradation, voire de terrorisme, qui ont privé la population de sa liberté d’accès à l’information.  » Fort heureusement, les possesseurs de paraboles auront pu échapper au fléau qui s’est brutalement abattu sur cette petite ville tranquille. Ils auront pu, donc, jusqu’à plus soif, s’enivrer des propos passionnants des multiples apparatchiks enrobés dans le miel des journalistes de cour. Espérons que les autorités interviennent au plus vite pour sécuriser les installations avant que des actes aussi simples ne suscitent d’autres vocations. La puissance technologique et la « liberté d’accès à l’information » seraient-elles suspendues à quelques coups de hache ? On frémit au souvenir de la destruction de l’émetteur de Roc’h Trédudon (Finistère) en 1974, qui avait privé de télévision pendant un mois les habitants de la région et qui les avait contraints à passer leurs soirées entre amis et voisins.

Article publié dans CQFD n° 45, mai 2007.






>Réagir<

LA TÉLÉ À LA HACHE
Le chaussette | 22 septembre 2008 |
10ans… C’est un peu lourd nan ? On ne vit pas non plus en urss. Information à réviser. LA TÉLÉ À LA HACHE
| 15 septembre 2007 |
D’après ce que j’ai entendu deux personnes ont été arrété sur dénonciation à Millau ou dans les alentours et jugés en comparution immédiate pour avoir coupé la télé le 26 avril 2007. Elles auraient pris 10 ans ferme en première instance. Cette information est à vérifier et à faire connaitre.
 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |