Devenir « citoyen volontaire de la police nationale », c’est simple comme un coup de tonfa : il suffit d’avoir au moins dix-sept ans, de remplir un dossier, de passer un entretien et de suivre quelques jours de formation. Et hop, vous voilà bénévole dans la milice ! Créé en 2006 par le Sarkozy de l’Intérieur, le Service volontaire citoyen est actuellement testé dans vingt-cinq départements. Pour la préfecture des Bouches-du-Rhône, il est « une réponse civique à l’accroissement de la violence des rapports sociaux et au mépris trop souvent affiché par certains pour les règles de vie en société ». La réponse à la délocalisation brutale de l’usine de dattes Saman à Marseille serait-elle de devenir indic des bleus ? La mise au chômage des ouvriers arlésiens de Lustucru aurait-elle été plus douce en collaborant avec la maison poulaga ? Seront-ils moins méprisés en faisant allégeance à la flicaille qu’à l’époque où Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances, leurs promettait « aucun licenciement » ?
On en doute. Mais cet engagement « permettra de renforcer le lien entre la police et la population » poursuit la préf’. À Toulouse, une association a reçu un courrier de la mairie daté du 6 mars lui stipulant : « Nous connaissons tous dans nos quartiers des personnes qui souhaitent s’investir dans la sécurité […] Je vous suggère […] de les informer de ce dispositif. » Une propension à encadrer la population au plus près qui rappelle la doctrine de « guerre révolutionnaire » détaillée dans l’interview PÉDAGOGIE GÉNOCIDAIRE. Ça grince un peu, non ?
Article publié dans CQFD n° 45, mai 2007.