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CQFD N°045


VEAUX, VACHES, COCHONS, POULETS

LE CHÔMAGE AUGMENTE !

Mis à jour le :15 mai 2007. Auteur : Sébastien Dubost.


APRÈS LES TENTATIVES d’intimidation du journaliste Denis Robert et du dessinateur Placid (voir CQFD n°43), c’est au tour de l’ami Lindingre de subir les foudres d’une censure à peine masquée. Qu’elle soit le fait d’une banque opaque, de ministres rubiconds de fureur ou d’un directeur falot, la logique est la même : viser les bourses pour priver l’outrecuidant des moyens de s’exprimer. En 2007, la caricature doit se faire discrète, le porc moins altier. Professeur vacataire d’édition et d’illustration à l’École supérieure d’arts de Metz (ESAM), Lindingre devait être titularisé après son succès au concours de la fonction publique territoriale. Mais, après six années de service, c’est son « insuffisance professionnelle » qui est invoquée pour lui fermer la porte au groin. Le motif, sensé dispenser l’école de toute justification, est aussi solide que la maison de paille de Nif-nif : auteur à succès, sa compétence est attestée par ses pairs (les pointures Baru et Lefred-Thouron, notamment) comme par ses élèves, qui manifestent leur incompréhension. « Le climat est particulier en Alsace-Moselle, où les lois datant du Concordat sont toujours en vigueur », décrit Lindingre. « Les cours de religion sont obligatoires dans les écoles publiques et il existe encore une loi réprimant le blasphème. »

Dans ce contexte d’un autre âge, Jean-Marie Rausch, maire (divers-droite) de Metz et président de la communauté d’agglomérations qui gère l’ESAM, entend faire des beaux-arts un service municipal comme un autre. Il a nommé à sa tête M. le comte Olivier de Laborde de Monpezat, pour qui la politique est « un sujet sensible » qui doit rester en dehors de l’établissement. Lindingre, déjà lui, avait vu un projet sur ce thème interdit de séjour. En cette année électorale, il avait fait plancher ses étudiants en communication sur des candidats virtuels. Avant un faux scrutin, la direction avait fait arracher les affiches créées par ces graines de voyous avant de les rappeler à l’ordre. Ce coup-ci, il s’agit de se débarrasser du trublion : le dirlo et son adjointe ont cru se reconnaître dans deux personnages gentiment ridicules de Titine au bistrot, dernier opus publié par Lindingre chez Fluide Glacial. Le directeur le lui précise verbalement avant d’invoquer cette fameuse « insuffisance professionnelle » .

Interpellé en conseil municipal sur les raisons de priver les élèves d’un tel enseignant, Jean- Marie Rausch, déclare que de telles caricatures sont « inacceptables » et que « ce monsieur [lui] a adressé une lettre avec des mots très durs contre la direction de l’école », tombant ainsi le masque de l’incompétence. Du coup, Lindingre, qui conteste avoir caricaturé son patron (« tous mes personnages se ressemblent, tous ont ce même groin »), contre-attaque devant le tribunal administratif de Strasbourg pour abus de pouvoir et n’entend pas lâcher l’affaire, au nom de la liberté d’expression. Nous non plus. Cochon qui s’en dédit !

Article publié dans CQFD n° 45, mai 2007.






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