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CQFD N°045



MARX HURLE ENCORE

Mis à jour le :15 mai 2007. Auteur : Vincent Cambier.

Le vieux Karl revient sur Terre. « Pour laver mon nom », annonce-t-il. Après l’effondrement du système soviétique, le « monde libre » prétendit avec jubilation que Marx était définitivement enterré. « Faux ! », s’insurge l’hirsute papet.

DU 27 AVRIL AU 2 MAI, le Théâtre de Lenche à Marseille présentait une pièce historique en un acte, Karl Marx, le retour, de Howard Zinn, auteur plus connu pour son Histoire populaire des États-Unis. « Laver son nom ? » Ça part mal ! A-t-il la prétention de vouloir donner des leçons, ce vieux con ? Et d’abord, ce qu’il expliquait dans Le Capital, c’était vrai à l’époque, mais plus du tout maintenant, paraît-il. Sa colère éclate : « À l’époque seulement ? » On lui rétorque : « Oui, bien sûr, car on a fait beaucoup de progrès depuis. » Marx cingle l’auditoire d’un : « Vous appelez ça progrès parce que vous avez des voitures à moteur et des téléphones et des machines volantes et mille parfums pour sentir bon ? Et les gens qui dorment dans la rue ? » « Vous chipotez, là », réplique-t-on faiblement. Puis, ragaillardis : « Enfin, on peut pas dire que le communisme a été un succès !  » Ça fuse aussi sec : « C’est parce que les dogmatiques ont bousillé notre rêve merveilleux et il faudra une nouvelle révolution, peut-être deux ou trois, pour le réparer.  »

Il se permet même, le bougre, de se foutre de notre gueule : « L’imbécillité des dirigeants, une opposition politique se contentant de piaulements et de glapissements, la lâcheté de la presse… Je suppose que les choses sont différentes aujourd’hui, hein ?  » Il prétend, par ailleurs, que « les êtres humains [sont] réduits à de la marchandise et leurs vies sous le contrôle de la super-marchandise, l’argent.  » Et puis quoi encore ? Il nous assène alors des chiffres : « 1 % des Américains les plus riches possède désormais 40 % des richesses du pays. » Mais ça mène à rien de critiquer ! Le vieux Karl : « Mais y a-t-il quelque chose de plus infamant qu’un critique honnête ?  » Alors, plus d’espoir ? Si, car le capitalisme, de par sa nature, finira « par creuser sa tombe ou ouvrir la voie à un système plus humain  ».

Un monologue est a priori peu théâtral. Marx raconte ses aventures et aussi ce que disent les autres. Gorgé d’idéologie, ce laïus ? Pas du tout : la tendresse et l’humour affleurent, notamment quand Marx parle de lui-même, de son épouse Jenny et de sa fille Eleanor, « une petite chose coriace ».

> Karl Marx, le retour, d’Howard Zinn (éd. Agone).

Article publié dans CQFD n° 45, mai 2007.






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