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Sommaire du N°046
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CQFD N°046



LES BREVES DU N°46

Mis à jour le :15 juin 2007. .


À boire !

Pas contents, les salariés de Kronenbourg-Obernai (Bas-Rhin), avec leurs salaires s’élevant en moyenne à 3 200 euros ? C’est vrai qu’ils bossent jusqu’à 50 heures par semaine, et vivent dans un département où 67 % d’électeurs ont voté Sarkozy. Mais « travailler plus pour gagner plus,c’est mourir plus vite », ont-ils écrit sur une banderole. Marre des heures supplémentaires obligatoires, des samedis au boulot, des plans de restructuration. Marre de ne toucher que des primes de misère pendant que la direction s’accorde des augmentations de plus de 15 %. Le 4 mai, malgré l’avis des syndicats, grève. La direction flippe et propose un arrangement. Suprême insolence, les grévistes refusent de le mettre au vote jusqu’à l’imposition du vote à bulletin secret. Résultat : embauche des interimaires, fin des heures sup’ obligatoires et une prime de 1 500 euros. Mais qu’ont-ils bu pour se mettre dans un état pareil ?

Communautarisme

K.M., Maghrébin résidant en France, est menacé de mort par son voisin, un ancien militaire algérien, qui l’accuse de faire du gringue à sa femme. Affolé, il fuit son hôtel meublé et se rend au commissariat. À l’accueil, une femme-flic et un confrère, visiblement en fin de service. K.M. explique la situation : son voisin l’attend devant sa porte avec un couteau à la main. Il demande protection. Ce à quoi on lui rétorque que la police ne peut rien faire, puisqu’il ne lui est encore rien arrivé. Il insiste, demande à être placé en garde à vue. On l’éconduit. « Vous aurez ma mort sur la conscience !  » Réponse du fonctionnaire : « Tu n’as qu’à aller te plaindre à ta ministre.  » Besoin de soustitrage ?

Déjeuner sur l’herbe

Il aura fallu l’intervention du RAID, le matin du 6 juin pour expulser les « squatheureuses » du Chatô, à Montreuil, après que ceux-ci eurent mis en échec la police de la ville en se réfugiant sur le toit de cette belle bâtisse datant du temps de la Commune. Rachetée par la BNP à une vieille dame forcée par de cupides neveux, ce château était habité depuis fin octobre par une bande de copains et copines munis d’une joyeuse envie d’en découdre avec le très stalinien « apparenté communiste » Jean-Pierre Brard, amateur de bétonnage « social », député-maire de la ville depuis vingt-deux ans. Cours, camarade, le RAID, les rouges et les banquiers sont derrière toi !

Alerte, ce comité

Tous les sondages semblent favorables à n’importe quelle mesure que le gouvernement Fillon lance à la gueule de l’opinion. Tous ? Non : 61 % des Français voient d’un mauvais oeil la franchise sur les soins médicaux. Qu’à cela ne tienne, le lendemain, une autre dépêche tombe : le Comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance maladie, créé par la réforme de la Sécurité sociale de 2004, annonce qu’« une procédure d’alerte [est] déclenchée sur les dépenses d’assurance maladie en France - une première -, en raison d’un risque de dépassement de l’objectif des dépenses dans le cadre de la loi de financement pour 2007 », selon Reuters (29 mai 2007). Un électrochoc administré en toute indépendance, ça va de soi.

Is Rome burning ?

Samedi 9 juin, Bush est à Rome. Des dizaines de milliers de râleurs défilent. Et tout cela dégénère en une violence inouïe. Selon Le Journal du Dimanche du 10 mai, « des bouteilles sont jetées  » et, pire encore, « des tables retournées, des pots de fleurs renversés et des feux de signalisation endommagés par des manifestants au visage dissimulé par des foulards  ». Ce déferlement de barbarie serait l’expression d’une prétendue opposition à l’installation en Europe centrale de radars et de missiles antimissiles, qui constitueront autant de cibles militaires pour l’ennemi russe et iranien. Les plus délirants vont même jusqu’à imaginer que ce projet fait peser de mortelles menaces sur des millions de civils. Le JDD (Lagardère) trouve cela un peu exagéré.

Sado-maso

« Pas d’amnistie », qu’il a dit le Président. Pas de suppression des PV et autres infractions au code de la route ! Pas de grâce pour les petites peines à l’occasion du 14 juillet ! « Encore ! Encore ! », ont réclamé les braves électeurs. « Vous en voulez encore ? Allez ! Pas d’amnistie non plus pour les avertissements, mises à pied et autres blâmes prononcés contre des salariés. » « Encore ! Encore ! », s’extasie le public subjugué. Et l’écho de répondre : « Une garde à vue, un fichage ADN et une petite condamnation, ça vous irait ? » Pendant ce temps, le choeur électoral entonne le refrain de Boris Vian : « Fais-moi mal ! Nico, Nico ! Fais-moi mal, envoie-moi au ciel ! » Un tube pour les cinq ans à venir ?

Connerie décomplexée

Le 8 mai, dans La Provence (qui est au journalisme ce que la musique militaire est à la musique), nous apprenions que désormais les contrôleurs de la Régie des Transports Marseillais devraient exiger des voyageurs qu’ils détaillent par le menu leur trajet pour vérifier sa concordance avec la piste magnétique du ticket. Ceci pour lutter contre une désastreuse (mais conviviale) forme de fraude : le ticket, vendu à 1,70 euro ( !), étant valable une heure, se refile de la main à la main à la sortie du métro. Selon la nouvelle consigne, l’usager qui refusera d’obtempérer et d’étaler sa vie privée se verra gratifié d’un PV de 58 euros. Gageons que cette mesure contribuera à détendre l’ambiance dans le nouveau tramway.

Par simple curiosité

« Combien de verre d’alcool consommez vous un jour typique où vous buvez ?  » « À quelle fréquence vous êtes vous senti nerveux, triste, abattu, fatigué ?  » « Avez-vous du plaisir à être avec votre enfant ?  » Ces questions, quelques peu indiscrètes, sont tirées d’une enquête de la MGEN (mutuelle de l’éducation nationale) distribuée aux parents d’enfants de cinq ans scolarisés dans des écoles parisiennes. L’objectif ? Étudier la santé mentale des bambins en décortiquant la vie privée de leurs géniteurs. Question aux enquêteurs de la MGEN : « Combien de fois par jour vos boyaux de la tête virent béchamel ?  »

Castration

À Castres (81), il y a un musée sur Goya, ce peintre critique des puissants et de leurs vices. L’édile, Pascal Bugis, rêvait peut-être de figurer sur une eau-forte de l’illustre espagnol. Il est le premier élu à s’emparer de la loi du 5 mars 2007 qui donne au maire des pouvoirs sur les mineurs de huit à quatorze ans : couper, comme disent les Castrais, les allocs aux familles « qui n’assument pas l’éducation de leurs enfants […] et qui [les] abandonnent dans la rue  », convoquer un mineur auteur d’un « fait qui porte atteinte au bon ordre  », consulter le listing des absences scolaires, saisir le juge pour enfants, etc. Pauvre Bugis ! Belle vengeance d’une enfance probablement passée à ne pas jouer au ballon sur la place, à ne pas faire de farces aux adultes ou à ne pas dessiner sur les murs…

Publié dans CQFD n°46, juin 2007.






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