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Sommaire du N°006
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CQFD N°006



Les brèves du n°6

Mis à jour le :15 novembre 2003. .


Débat externalisé

« Le débat interne, comme d’habitude, nous renforcera », a ronronné François Chérèque, le patron de la CFDT, alors que sa boutique fait eau de toute part et que les clients se barrent par milliers vers la concurrence (Le Monde, 06/11). C’est précisément par l’escamotage du moindre « débat interne » que Chérèque avait apporté son soutien printanier au charcutage des retraites et au plan de radiation de huit cent mille chômeurs. Il faut dire qu’il y a plus grave que de ne pas « débattre » à la CFDT : en faire partie.


Culture d’entreprise

Dans une note interne datée du 21 octobre, le chef de la police de l’Hérault assigne des résultats chiffrés à son personnel : au moins vingt garde-à-vues par jour dans les différents services de police. Les matraqueurs volants de la Brigade anti-criminalité (BAC) doivent, quant à eux, « réaliser l’objectif minimum de six GAV [garde-à-vue] journalières ». La note ayant « fuité » dans la presse, certains se sont émus à l’idée que la police ramasse le premier venu juste pour faire du chiffre. Il n’y a pourtant aucune raison que les forces de l’ordre dérogent à la culture de l’excellence. Il serait par ailleurs étonnant - et, pour tout dire, parfaitement anti-républicain - que les nouvelles normes de production de « GAV » se limitent au seul département de l’Hérault. Par solidarité, et pour faciliter la tâche aux agents, CQFD exhorte tous les bons citoyens à se rendre à leur commissariat agenda en main et d’y proposer leurs services : « pour ma GAV, je peux être disponible lundi de 18 heures à 22 heures », etc.


Expédition punitive

En règle générale, la justice sait se montrer indulgente pour les conséquences qu’entraîne la culture policière de l’efficacité. Parfois, cependant, il lui arrive de formuler des remontrances : le 29 octobre, le procureur de Meaux a ainsi requis jusqu’à huit mois de prison (avec sursis, bien sûr, faudrait pas exagérer) contre trois policiers de Villepinte (93) présumés trop efficaces. En mars dernier, leur patrouille avait mené une expédition punitive contre un jeune de 20 ans, déficient mental, qui avait eu le tort de s’aventurer sur le parking de la résidence où habitait l’épouse de l’un des trois agents, à Mitry-Mory (77). Rappelé à l’ordre par des coups de matraque sur la nuque, dans les côtes et les parties génitales, Morgan sera embarqué menottes au poing puis abandonné à plusieurs dizaines de kilomètres de chez lui, à Tremblay-en-France (93). Jugement le 24 novembre.


Privatisation

Détail charmant dans la loi Sarkozy sur l’immigration, adoptée le 28 octobre : la police étant débordée, le transport des étrangers vers les centres de rétention pourra être effectué par des entreprises privées et les chauffeurs seront autorisés à porter des armes. La loi ne précise pas s’ils doivent tirer en cas de tentative d’évasion.


La recherche marche au pas

« Le monde entier se réarme. La France saura-t-elle en profiter ? », s’interroge en couverture le dernier numéro du mensuel Enjeux Les Echos. La réponse est oui, si l’on en croit les boîtes de recherche citées dans le journal. « Ces dernières années, nous avions presque perdu tout contact avec la Défense », regrette un responsable d’un obscur institut de recherche, l’Inria. Mais promis, se réjouit le mensuel, « cette période appartient au passé ». Les entreprises civiles aujourd’hui bénéficiaires du budget « recherche » de la Défense (1,1 milliard d’euros en 2002) se frottent les mains : cette mâne, qui n’est pas considérée comme une aide publique par les instances internationales, est établie sur du long terme, concerne des projets classés confidentiels, est encadrée par des bidasses réputés compétents et porte, pour finir, sur des créneaux juteux… Thésards en mal de bourse et labos sur la paille, adaptez vos programmes aux exigences des armées.


Morpion

Pierre Moscovici, ancien ministre PS des affaires européennes, évoquant la pathétique tentative de son parti à s’amarrer au cul des altermondialistes : « Le travail sur nous-mêmes avance. » (Libération, 10/11) Excellente définition du PS : une casserole qui avance sur elle-même.


Main dans la main

La Bourse a accueilli avec enthousiasme le « partenariat stratégique » conclu entre Thomson et le chinois TCL, et grâce auquel le groupe français va pouvoir délocaliser en Chine la fabrication de ses téléviseurs et lecteurs DVD. Les salariés, eux, voyageront vers l’ANPE. A moins, peut-être, qu’ils apprennent à dire CFDT en mandarin.


Intime conviction

Michael Moore a-t-il pété un câble ? Après avoir apporté un soutien sans réserve à la candidature du général Wesley Clark, un fou de guerre qui fait prospérer l’industrie US de l’armement (voir CQFD n°5), le réalisateur de Bowling for Columbine a trouvé malin de faire un croche-pattes au militant et écrivain noir Mumia Abu Jamal. A l’issue d’un procès bâclé, où seuls les témoignages à charge étaient retenus, Mumia avait été condamné à mort en 1982 pour le meurtre d’un policier, qu’il a toujours nié avoir commis. Michael Moore, lui, pense que c’est un menteur. Il n’en sait rien mais l’affirme quand-même dans son dernier livre : « Mumia a probablement tué ce type. Voilà, je le dis. » L’ennui, c’est qu’il n’apporte aucun élément à l’appui de son opinion. L’ennui, aussi, c’est que cette opinion, alourdie par la notoriété du cinéaste, enfonce un homme qui croupit depuis vingt ans dans un couloir de la mort en Pennsylvanie. L’ennui, enfin, c’est que Moore est « probablement » victime du syndrome qui frappe les essayistes narcissiques : le besoin de « dire » quand on ferait mieux de la boucler.






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Les brèves du n°6
Mégane10 | 20 février 2013 |
Salut, je veux vous dire que cet analyse s’avère être très agréable à lire. Mégane10 abonné de chez www.guide-toiture.com
 

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