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CQFD N°046



C’ÉTAIT PAS DU JEU

Mis à jour le :15 juin 2007. Auteur : Jean-Pierre Levaray.


Je suis obligé de revenir sur l’article « boulot de nuit » paru dans CQFD n°44. Dans cet article, je parlais d’un incident qui s’était déroulé dans une usine du groupe GP située près de Nangis. D’une part je n’avais pas vérifié mes sources, d’autre part il s’avère que cette nuit-là, en plein essai de démarrage de l’atelier, tout le monde était à son poste et bossait. L’un de ces ouvriers m’a même dit que : « Vu l’ambiance et le stress liés à un atelier qui n’arrive pas à démarrer, ça fait un an qu’on ne joue plus aux cartes.  » Bon. A priori ce n’est pas gravissime, si ce n’est que quatre personnes ont été sanctionnées, suite à cet incident, et que de lire qu’ils jouaient au tarot les a plutôt énervée. En fait cet incident s’est produit sur un atelier qui connaît, depuis un an, avarie sur avarie. Il a été totalement informatisé sans formation du personnel et avec des interventions de sous-traitants et d’engineering divers et variés qui proposent des améliorations (demandées par la direction) qui marchent sur le papier mais qui ne sont pas opérationnelles sur du matériel de plus de trente ans.

Reste que c’est une usine où la pression règne sur les ouvriers, d’autant que ceux-ci sont peu portés sur l’action collective, sont peu syndiqués et sont assez individualistes. Depuis un an que l’atelier d’ammoniac n’arrive pas à redémarrer, la direction générale fait retomber sur les salariés les difficultés que ça entraîne sur le groupe chimique dans son entier. De cet incident, la direction n’a pas pris les enseignements et a préféré la répression. Ce sont les quatre ouvriers et techniciens qui se trouvaient en poste cette nuit-là qui ont trinqué. Dans un premier temps la direction générale a voulu les virer sans autre forme de procès, puis, sous la pression, les licenciements ont été transformés en déclassements. « Les quatre punis ont eu l’impression de payer pour l’ensemble des problèmes techniques (parfois dangereux) qui se sont accumulés  », dit quelqu’un de ce site. En réunion du Comité central d’entreprise, le directeur général a cru bon de convoquer les représentants de chaque syndicat (et pas moi) pour leur parler de cet article et d’expliquer que ce n’était pas le moment et qu’en donnant des informations sur les activités de l’usine, je crachais dans la soupe… Non, c’est juste que je suis plutôt du genre à mordre la main qui tient ma chaîne.

Article publié dans CQFD n° 46, juin 2007.






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