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CQFD N°047


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

CALCULE TON COURS DE TENNIS !

Mis à jour le :15 juillet 2007. Auteur : Arthur.


TOUJOURS À LA POINTE de l’actualité, Le Monde a sorti un numéro spécial écolo « Demain la Terre », trente-cinq ans à peine après La Gueule Ouverte (qui n’est pas citée dans ce numéro). Bravo, chers confrères ! Mais cessons de radoter en se penchant sur notre passé avec nos arthroses. Avoir raison trop tôt, c’est avoir tort. Étudions plutôt pourquoi le feu qui couvait dans la planète au début des années 70 est devenu ce bel incendie mondial pendant que les pompiers de la société du spectacle s’intéressaient à des questions vitales du genre « le péage est trop élevé entre Neuilly et Deauville  » ou « il serait temps de goudronner les chemins vicinaux du Luberon pour que nos 4x4 diesel cessent de s’y embourber  ». Dans ce numéro spécial du Monde, donc, on apprend au lecteur à calculer son « empreinte écologique » à l’échelle d’un court de tennis, avec des questions basiques comme « escalier ou ascenseur ? », « viande ou poisson ? » ou « ordi éteint ou en veille ? ». Notre confrère a calculé que l’empreinte écologique de son numéro était de cinquante-neuf hectares, en prenant en compte les quarante tonnes de papier et les kilomètres parcourus par les messageries de la presse dans 15 000 points de vente mais en oubliant le « niveau de vie » des journalistes bobos à résidence secondaire dans les Alpilles. Nul doute qu’en comparaison, l’empreinte écolo de CQFD ne doit pas dépasser les limites d’un seul court de tennis, surtout que les 4x4 des rédacteurs ne doivent pas encombrer les rues de Marseille ! Small is beautiful !

On devine aisémentl’objectif de ces numéros alarmistes fabriqués par la presse française ou internationale : culpabiliser le citoyen ordinaire en lui prônant la « décroissance » alors même que les dirigeants de la presse et des pays, de Dassault à Bouygues ou Turner en passant par leurs majordomes (Sarko, Bush and Co) poursuivent leurs activités criminelles dans leurs jets privés. Car le vrai, le seul responsable de l’apocalypse annoncée porte un nom : le libéralisme, nouvelle version aseptisée du vieux capitalisme. Le Monde devrait se pencher sur l’empreinte écologique de son maître, Alain Minc, avocat du libéralisme mondialisé. Mais là, attention : danger pour nos emplois, mollo mollo ! La seule façon de sauver la planète est donc une révolution mondiale où les citoyens, après avoir fait interner leurs dirigeants, prendraient leur salut en main. Adieu les fonds de pension, les investisseurs délocalisateurs, les paradis fiscaux échappant aux lois nationales, les Bourses où la recherche du profit maximum immédiat entraîne la déforestation, la fin de la diversité biologique et les envolées du carbone. Comme on le constate, ce programme dépasse légèrement la nécessité d’éteindre son ordi au bureau.

Seulement voilà : en votant pour leurs sauveurs médiatiques, les citoyens du monde creusent leur tombe. Car aucun, je dis bien aucun, de ceux qui prétendent « sauver la planète » ne renoncera jamais à aller parader dans les forums internationaux en avion ou bronzer le plus loin possible de l’Élysée, vers Malte par exemple, dans le yacht d’un milliardaire (Bolloré) qui importe des bois précieux d’Afrique. On le rabâchera jamais assez : ce qui va faire crever la planète, c’est le décalage entre le discours vertueux et la réalité assassine. In petto, tous les dirigeants pensent « après moi, le déluge ! » et reprennent une louche de caviar et une fricassée d’ortolans en lorgnant le décolleté de l’interprète. Je le sais : je les ai vus naguère à l’oeuvre avant de partir avec l’interprète ! Alors l’avenir ? Il est résumé par le savant britannique James Lovelock dans le numéro précité du Monde : « Avec le réchauffement, la plus grande partie du globe va se transformer en désert. Les survivants se grouperont autour de l’Arctique. Mais la place manquera pour tout le monde, alors il y aura des guerres, des populaces déchaînées, des seigneurs de la guerre. Ce n’est pas la Terre qui est menacée mais la civilisation.  » Quel beau scénario pour Hollywood !

Article publié dans CQFD n° 47, juillet 2007.






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