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CQFD N°047


JE VOUS ÉCRIS DE L’USINE

VACANCES, J’OUBLIE TOUT

Mis à jour le :15 juillet 2007. Auteur : Jean-Pierre Levaray.


BON, ARRIVE la période des vacances. L’usine ronronne et nous sommes tous à souhaiter qu’il ne se passe rien d’exceptionnel pendant les deux mois d’été. Pas d’accident, pas de grosse panne, pas de turbine qui s’enflamme… La période des vacances est un moment difficile pour ceux et celles qui restent à l’usine. Pour pallier le départ d’une partie du personnel, il n’est pas question d’embaucher des intérimaires. Le travail retombe donc sur ceux et celles qui restent ou qui attendent leur tour pour partir. Ce qui veut dire davantage de taf, des heures supplémentaires et des repos déplacés ou supprimés. C’est dire que les vacances sont méritées. À part ça, pas grand-chose. Comme je vous l’avais annoncé le mois dernier, le groupe chimique a changé de nom et le discours est plus que jamais à la productivité (même si les comptes sont toujours lamentablement dans le rouge). On nous dit qu’on va relever la tête et qu’on va y arriver. Côté discours, côté motivation de l’encadrement, la direction y va de sa méthode Coué, mais pour le reste : social, entretien du matériel… c’est toujours pareil.

Deux ateliers de fabrication, l’un d’acide et l’autre d’engrais, ont été arrêtés pour entretiens et réparations annuels. Déjà que le matériel commence à être vieux, en plus, et comme à chaque fois, il a fallu faire vite et réparer a minima. Résultat, outre le stress des gars, parce qu’il y a toujours des incidents au redémarrage, cette fois les ateliers ont recraché par trois fois de sales nuages de fumées qui ont entraîné l’intervention de la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement) et de nouveaux arrêts des installations pour d’autres réparations. La troisième fuite a été impressionnante et aurait pu entraîner des brûlés. Une grosse bride de vanne qui lâche et des mètres cubes d’acide nitrique se répandent. La fumée est particulièrement suffocante et il y en a tant que ça forme un véritable brouillard. Les pompiers doivent intervenir, il faut se couvrir de vêtements spéciaux, prendre des masques à gaz et faire des manoeuvres pour que l’acide ne se répande plus. Un Plan d’opération Interne est lancé et les portes de l’usine sont fermées pour empêcher toute intrusion.

Tout rentre dans l’ordre au bout de quelques heures de travail acharné et risqué. Cette fuite était due à une bête question de timing. Il a fallu faire vite pour remonter la tuyauterie. Ceux qui connaissent l’atelier n’ont pas eu le temps de vérifier ; les intervenants d’une boîte extérieure ont pratiqué comme ils en avaient l’habitude… Si ce n’est que c’est un joint en acier classique qui a été mis alors que l’acide circulant nécessitait la pose d’un joint en inox. En trente secondes, l’acide chaud a rongé le joint et c’est ainsi que plusieurs mètres cubes d’un acide hyper-agressif se sont répandus. Les gars de l’atelier disent que la faute est liée au fait que toutes les réparations sont confiées à des boîtes extérieures qui ne connaissent rien à la fabrication. C’est vrai que la sous-traitance est un problème. Les grosses entreprises négocient au minimum des contrats avec des boîtes qui sont pressurées pour des résultats très souvent hasardeux, voire dangereux, par méconnaissance des ateliers ou emploi de personnel souvent peu qualifié. Bon, voilà, j’arrête ici. Bonnes vacances pour ceux et celles qui partent et rencard à la rentrée pour de nouvelles aventures.

Article publié dans CQFD n° 47, juillet 2007.






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