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CQFD N°048



LES BREVES DU NUMERO 48

Mis à jour le :15 septembre 2007. .

Premier avertissement

Jour de rentrée dans un lycée réputé du centre de Marseille. Le principal, prenant les devants sur la « lettre aux éducateurs » de Sarkozy, s’adresse aux parents d’élèves en se caressant les mains, le ton mielleux : « Vous nous confiez vos enfants pour en faire de bons citoyens. Il ne faudrait pas essayer de leur apprendre des valeurs différentes de celles de la République, vous en feriez des êtres schizophrènes. » Dans la foulée, il martèle, en insistant sur le dernier mot : « Liberté-Égalité-Fraternité-Solidarité-LAÏCITÉ ». Rayez les quatre premières mentions inutiles. Puis, la CPE enfonce le clou : « Et n’essayez pas de faire de vos enfants des révolutionnaires, ils sont trop jeunes. » Pas trop jeunes pour aller en prison, pourtant !


Acharnement

Jann-Marc Rouillan, notre correspondant permanent au pénitencier, au placard depuis vingt piges, a comparu ce 4 septembre, via une visioconférence, afin de défendre sa nouvelle demande de liberté conditionnelle. C’est avec « surprise » que nous avons appris que le Parquet s’opposait à cette demande ! Motif de ce refus : le risque de récidive. L’argument est aussi léger que le silence des cachots. Et pourtant, notre collaborateur a un dossier aussi béton que celui de Nathalie Ménigon, qui bénéficie depuis le 2 août d’un régime de semi-liberté. Hé, magistrats ! Contre la récidive de vos jugements obtus, sortez-le ! Résultat le 26 septembre.



Écologie kaki

Le 18 août, deux communautés zapatistes des Montes Azules, dans la région lacandone (Chiapas, Mexique), ont été expulsées par un imposant commando de l’armée mexicaine. Six de ces paysans mayas ont été emprisonnés pour « crimes contre l’environnement » et trente-neuf autres (dont une majorité de vieillards, de femmes et d’enfants) ont été déportés en hélicoptères de combat vers le chef-lieu, Ocosingo, où ils ont été assignés à résidence dans un bordel abandonné. Au même moment, plusieurs axes routiers sont ouverts à marche forcée vers cette réserve naturelle pour, selon les autorités, « la mettre à disposition du tourisme et de son économie »… Vert, le tourisme. Verte, l’économie.


Zone de tolérance

Les « travailleuses sexuelles » d’Apizaco (localité de l’État de Tlaxcala, au Mexique), regroupées en coopérative, refusent d’être parquées dans la « zone de tolérance » que le maire projette d’inaugurer bientôt sous le doux nom de « centre de loisirs pour adultes ». « Nous y serions à la merci des proxénètes et des trafiquants de drogue », argumentent-elles. Ces prostitué(e)s insoumis(es) sont partie prenante de mouvements sociaux comme l’Autre campagne zapatiste. Elles prétendent exercer leur activité de façon digne et indépendante, font la promotion du préservatif et bannissent la prostitution infantile, la drogue et l’exploitation par des intermédiaires. Qu’en pensent Élisabeth Badinter et Fadela Amara ?


Terrorisme de marché

Dans Le Journal du Dimanche du 9 septembre, le « déclinologue » Nicolas Baverez (auteur du pamphlet ultra-libéral La France qui tombe) prévient : « C’est sans doute la dernière occasion pour notre pays de faire des réformes de fond de manière pacifique. » Bigre ! Demain, dynamitage du Code du travail et baisse des salaires imposés à la baïonnette ! Et en prime, la «  dépénalisation de la vie économique ». Lire : impunité pour les affairistes. « C’est l’enjeu du quinquennat. Si on le rate, les réformes finiront par se faire, mais au prix de violences politiques et sociales », conclut l’économiste, qui trouve Sarkozy un brin trop mou. Voilà ce qui nous pend au nez : un Pinochet franchouillard pour nous introduire les recettes des Chicago Boys par là où Baverez pense.


Survivre aux stages d’été

Pour fêter les dix ans de la loi anti-bizutage, on apprend - après deux ans de silence pudique - que l’École de gestion et de commerce de Bretagne avait envoyé un élève de vingt-deux ans faire la compta d’une boîte thaïlandaise spécialisée dans la pratique du golf dans un petit paradis pour pédophiles. Au départ, il s’agissait de superviser les hôtesses chargées de faire les caddies pour les touristes. À l’arrivée, le boulot consistait à recruter des putes. Décontenancé, l’étudiant envoie des SOS, mais les responsables de l’école le persuadent que ce n’est là qu’une occasion de se dépasser : « Vous devez tenir », lui répond-on par mail. Un accident de la route conclut le test de sélection par un rapatriement sanitaire en coma irréversible.

Publié dans CQFD n°48, septembre 2007.






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