Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°048
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°048


CORRECTIONNELLE

INJUSTICE CHRONIQUE

Mis à jour le :15 septembre 2007. Auteur : Gilles Lucas.


POLICE = répression, Justice = prison. La banderole est posée face au tribunal correctionnel de Marseille. Ce 7 septembre doit être jugé, pour violences envers les forces de l’ordre, un ami des squatters expulsés fin juillet d’un immeuble occupé dans le quartier de la Joliette. Une table est posée à côté, couverte de tracts. Plus loin, quelques personnes sont assises sur des marches. Des lunettes noires protègent, entre autres, les yeux du soleil…

Une femme s’approche de la banderole : « C’est ça, ils ont raison ! Mon fils de dix-huit ans, les flics l’ont tabassé pendant des heures pour qu’il avoue un truc qu’il n’a pas fait. C’est une honte ! Une honte ! » Sa voix résonne entre les bâtiments de la ruelle étroite. Les policiers, en chemise blanche, équipés de gilets pare-balles, ainsi qu’un civil bedonnant laissant échapper de son blouson un talkie-walkie, ne cillent pas. Elle reprend : « C’est quoi ce pays ? Qu’est-ce qu’il est devenu ?  » Une femme âgée lui prend le bras pour l’éloigner. « Laisse-moi, maman, j’ai encore le droit de parler ! C’est une honte, vous m’entendez ? » Quelques minutes auparavant, CQFD avait croisé dans les couloirs une autre mère de famille : « Quand ils l’ont arrêté, mon fils portait une chemise turquoise. Les policiers recherchaient un jeune habillé en vert. Ils l’ont pris lui. Je suis intervenue, ils m’ont insultée. C’était comme s’ils me frappaient. Mon fils est gravement malade. Pour pouvoir prendre ses médicaments, ça a été très, très difficile. Heureusement l’avocat vient de démontrer que toutes les accusations ont été montées par les policiers.  » Un jeune intervient : « Et vous savez madame, ça ne va pas aller en s’arrangeant !  »

Résultat des délibérés : le jeune est libéré, l’ami des squatteurs prend deux mois avec sursis et cent soixante heures de TIG. Décision qui n’efface ni les insultes, ni la peur, ni les frais d’avocat, ni les gardes à vue, ni les démarches, ni les inquiétudes.

Article publié dans CQFD n° 48, septembre 2007.






>Réagir<

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |