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CQFD N°010


Tout doit disparaitre

L’homo sapiens sent le sapin

Mis à jour le :15 mars 2004. Auteur : Arthur.


L’homme est un génie. Ce mammifère laborieux - homo faber - a inventé la brouette, le sémaphore, la pilule, le Viagra et la piscine de Loft Story, alors que le chimpanzé, son cousin germain libidineux, s’adonnait à la copulation sans même être abonné à Canal. S’il en était resté à la contemplation du sein de Janet Jackson à la télé, l’homo faber aurait pu survivre dans son environnement. On appelle ça l’écologie, du grec oïkos, la maison ( la planète Terre). Hélas, vint l’homo sapiens. Bouffer et allaiter, c’est bien beau, réflectionna le nouvel arrivant, mais ma commission dans tout ça ? L’homo sapiens inventa alors le capitalisme, c’est-à-dire l’appropriation des moyens de production en faisant suer le burnous (salariat). Cette ingénieuse nouveauté signa sa perte. Il y a peu, le capitalisme ne s’appelait pas encore libéralisme ou fonds de pension de la veuve de Miami. On lui donnait des noms exotiques comme « les Cent familles » ou « le Grrrrrand Capital ». Ses dégâts se limitaient aux pousseurs de wagonnets des mines du Borinage, même s’il lui arrivait de s’aventurer dans l’esclavagisme des « nègres » africains (« Y’ a bon Banania »). Aujourd’hui, en 2004, le libéralisme - alias le marché ou la Bourse - a mis le grand braquet : il est en train de détruire la planète. Nous pouvons l’affirmer : l’homme n’est plus un génie mais un con. Les assassins de l’humanité et de ses commensaux (la biodiversité animale et végétale) ne sont pas très nombreux : disons, deux cents individus. Ce sont les gérants des portefeuilles d’actionnaires (complices) et les dirigeants des multinationales. Ils ont des gros bides, voyagent en avion, conversent à Davos et se reposent dans les paradis fiscaux. Ils conseillent à leurs employés de dégazer en mer, de lancer des produits qui tuent les abeilles (Régent ou Gaucho), de tronçonner les forêts primaires d’Afrique ou d’Amazonie, de pomper du pétrole dans les milieux fragiles d’Alaska et de construire des centrales nucléaires qui permettent aux dictateurs du monde entier, islamiques ou pas, de se bricoler une bombe atomique. Leur credo : tout doit disparaître. Leur viatique : après nous, le déluge ! Leur modèle : Bush ! L’avenir de l’humanité ? Rien à glander ! En France, ces fossoyeurs ont des représentants, petits voyageurs de commerce salariés à la commission (pot-de-vin, « golden parachutes ») ou en CDD (élus du peuple). Ils rendent des comptes et doivent justifier des gains de productivité devant leurs boss de Wall Street ou la City. L’avenir de leurs propres enfants ? Rien à cirer ! D’ailleurs, qu’est ce qui prouve qu’ils en sont les vrais pères, avec toutes ces absences dues aux corvées des conseils d’administration ? Prenons un exemple : Chirac. Voilà un président qui vient de découvrir l’écologie grâce à son ami Nicolas Hulot. Non que le sujet l’intéresse le moins du monde, mais ses conseillers lui ont vanté l’intérêt électoral de ce thème « porteur ». Le Chirac multiplie les verbiages écolos. Conscient de la valeur des « frais de bouche » à la mairie de Paris, il se lance dans la lutte contre la faim dans le monde en avalant sa tête de veau arrosée de Corona dans les forums internationaux. Inquiet des ravages du cancer, il met en œuvre un « plan cancer », confié notamment à Dominique Belpomme, cancérologue à l’hôpital Pompidou.

Révélation de ce Belpomme dans Le Point (12/02/04) : « 80 à 90 % des cancers sont dûs à la dégradation de l’environnement. » [1] Accusés : non pas les cigarettes mais « les aliments que nous ingérons, l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons ». Bigre ! Si on doit vivre sans manger, sans boire et sans respirer, les vacances à Courchevel ou dans le Lubéron sont gravement compromises ! Mais pas de souci : la bouffe, l’eau et l’air n’intéressent pas les Français. La vraie question sérieuse qu’ils se posent, c’est « faut-il ou pas rappeler Anelka ? ». Aucune mesure ou loi n’est venue interdire les pesticides de l’agrochimie retrouvés dans nos aliments, les 4x4 Diesel qui trimballent les bobos ou les nitrates qui polluent les eaux. On fait semblant de pourchasser les « cargos poubelles » ou de réglementer l’importation de bois tropicaux. Mais il ne faut pas toucher aux profits de nos seigneurs et maîtres, l’allemand Bayer, le breton Pinault, l’ex-Lyonnaise des Eaux (de Monod) ou le pétrolier Total. Sinon, qui c’est qui va nous aider à gagner les élections ? Ce Belpomme qui réclame « le retrait immédiat du marché du Régent et du Gaucho » va-t-il démissionner avant qu’on l’appelle Belpoire ? [2] Voilà comment va disparaître l’homo sapiens. Les historiens des autres planètes, penchés sur des résidus de petits fours au caviar retrouvés dans les sédiments du bassin parisien, ont du pain sur la planche. Question grosseur du cerveau, ils nous classeront au niveau des dinosaures.

Arthur

Publié dans CQFD n°10, mars 2004.


[1] Révélation, sauf pour les lecteurs du défunt « La Gueule Ouverte », le journal qui « annonçait la fin du monde » de 1972 à 1980.

[2] Mieux : après avoir fait mine de l’interdire, ce bon Gaymard, ministre de l’industrie agro-alimentaire, a décidé d’autoriser l’utilisation du Régent encore un an, histoire d’écouler les stocks mais surtout de pondre un nouveau rapport rassurant.





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> L’homo sapiens n’est pas tout à fait seul « pour l’instant »
SARTORI Jacques | 2 mars 2005 |

Pollution : Etats généraux des insectes volants et courants

La parole à notre représentant : Maya l’abeille
- Nous avons obtenu, de haute lutte, l’interdiction de produits excessivement destructeurs qui menaçaient, l’ensemble de toutes nos communautés, à l’hécatombe finale. Ces produits, censés protéger des plantes sélectionnées par la race « dite » humaine, ont le pouvoir d’anéantir quiconque s’approchera, touchera ou respirera à proximité. La mort est instantanée.

Intervention de madame Reine-mère, la fourmi : Connaissez-vous les raisons de cette victoire ? Maya : Oui, des millions de morts et la reconnaissance de nos différentes actions en faveur de dame nature qui sans nous serait promu à un déclin irréversible.

L’araignée : Nous aussi nous sommes utiles, quoique vous puissiez penser de nous, notre rôle est, je le pense, aussi important puisque nous régulons les espèces en supprimant les faibles, les malades ou les imprudents.

Un papillon : Des services, nous en rendons toute l’année également, sans nous glorifier, bien que, j’ai entendu dire que nous étions des fleurs-fées qui virevoltent et éclairent de mille couleurs des paysages qui en deviennent tout riant. Je voudrais signaler aussi de véritables hécatombes : il y a quelques décennies, les humains, sur leurs drôles de machines lancées à des allures folles, décimaient des foules d’êtres volants et il n’était pas rare de voir sur des pare-brise et des radiateurs des milliers de cadavres écrasés. Nos populations respectives ont, soit compris les leçons et elles s’évitent ces bolides, soit elles ont tellement régressé qu’elles ont moins de mal-chance d’en rencontrer .

Maya : J’ai comme impression qu’il existe, parmi les hommes, des âmes sensibles et pourvues d’humanité qui ont compris que nous étions indispensables à la beauté et à l’équilibre de la nature et qu’il fallait nous laisser vivre pour qu’elle soit préserver.

Reine-mère : Sans déplaire à quiconque et en estimant que nous participons aussi et grandement à la pollinisation des myriades de fleurs qui nous entourent je voudrais vous dire : 1e que les humains se foutent de nos états d’âme 2e que la seule raison qui les fait agir se résume en un seul mot : Profit 3e que l’or, tout jaune, qui coule de vos ruches, mesdames les abeilles, est le seul motif qui ait pu stopper, dans l’immédiat, le génocide 4e qu’il existe depuis des décennies une foule d’autres produits toxiques répandus un peu partout en grande quantité et des armées de grands savants, forts de leurs grands savoirs, capables de créer d’autres foules de grands produits encore plus performants qu’ils vont expérimenter ; même si cela doit anéantir toute espèce de vie sur l’ensemble de la terre et même des océans. 5e qu« aucun être » qui se dit humain " ne s’est jamais soucié des milliers d’espèces qui disparaissent chaque année à cause de leurs grandes et terribles fatuités à se croire les grands maîtres du monde et de l’univers 6e que notre monde est condamné… à mort

Excusez-moi si je m’invite à votre petite réunion, intervient le crapaud : je suis affreux, tout vérolé, un peu grotesque mais j’ai un excellent goût. Depuis belle lurette, mes ancêtres me l’ont rapporté ; sauterelle, mouche, moustique etc… sont des mets de premier choix et devraient régaler l’individu que je suis. J’ignore pourquoi mais de plus en plus ça me dégoutte, on dirait qu’ils sortent tous d’un placard de naphtaline et qu’ils ne mangent que des saloperies préparées par une ribambelle de vielles sorcières envieuses et déterminées à nuire.

Le moustique du haut de ses précieux millimètres trompète : Je suis peut-être moins bon à croquer mais moi j’arrive à me faire respecter et je pique à qui mieux-mieux tous ces ravageurs de planètes, ces accapareurs d’espaces, ces parasites qui sucent la moelle de tout un chacun sans se préoccuper d’autrui ou imaginer qu’ils puissent en demander à quiconque la permission. Je suis pour la défense active et je demande la création d’un comité de salut public. Nous sommes les plus faibles mais les plus nombreux et nous devons rechercher l’aide de tous nos cousins même les plus éloignés : les bactéries voire les virus car le plus grand de tous les maux provient de cette souche qui a dévié : HOMO SAPIENS-SAPIENS, en véritable monstre foldingue. JS

 

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