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CQFD N°010


La chance aux chansons

Jungle barrée, crête esseulée

Mis à jour le :15 mars 2004. Auteur : Will et Pierre Etbunk.


Sonarcotik, un sound system issu du collectif Marseille City Pressure (MCP), nous embarquait à la Machine à coudre pour une soirée « drum‘n’dub wise » évocatrice de bonnes vibrations syncopées. Me voilà en immersion profonde dans ce vivier de l’underground massaliote. Dans les coursives du bâteau ivre, on croise quelques clébards tenant leurs maîtres en laisse, des dread-lockers, pas mal de teufers et d’inévitables branleurs. La montée en pression impulsée par le selecta Izmo, entre gros dub mystique et son plus actuel, nous incite à quelques pas timides sur le pont. À l’écho de ses ondes acoustiques à fortes résonances rastafariennes, mon sonar s’enclenche au rouge. Sec et clairsemé au début, le public s’hydrate et fusionne petit à petit, pour déferler en une forte houle saccadée. Dans un duo sauvage, D. Fek Dub déclenche les assauts drum’n’dub de ses machines chauffées à blanc tandis que DJ Raptus balance et triture ses galettes ragga-jungle et drum’n’bass. Entre deux montées d’infra-bass, Izmo me glisse : « tu vois, pour moi, le reggae c’est large d’expression, ça va du reggae roots à la jungle la plus barrée. » Le parterre secoué se lance dans des figures de danses tribales, ponctuées de poses extatiques. Le set s’illumine, et voguent les projections de 2 Baz, conceptuelles ou pas loin, truffées d’images urbaines et de vieux films sépia. Un bon moment de clash city rockers. Allez les gars ! La terre promise n’est plus très loin, à quelques bpm de là…

Contact : sonarcotik@hotmail.com

Will


Une lectrice, effectuant le geste louable de se réabonner à CQFD, en profita pour pointer le manque d’éclectisme de cette rubrique. On ne peut lui donner tort et j’espère que les nouvelles chroniques d’XXL la satisferont. Pour ma part, je persiste dans mon domaine musical favori avec ce mois-ci un concept novateur : le « one man punk band », porté avec brio par Urban Blight. Ce groupe franco-hollandais est constitué, comme le laisse imaginer le concept, par un seul individu (à la fois français et hollandais, donc). Difficile de trouver quoi que ce soit de comparable. Un keupon ardéchois pourrait bien signaler qu’il existe dans son village un groupe similaire répondant au doux patronyme de Pustule, mais alors là, attention : avec Urban Blight, pas de bluette mielleuse à la gloire de José Bové. On nage en pleine culture anarcho-punk avec des paroles aussi rentre-dedans que la musique, mais toujours intelligentes et intelligibles (car chantées en français, ça aide). Le son est un peu pourri et ça donne à l’album, Valeurs fluctuantes, un cachet original à une période où les groupes de punk ont tendance à lyophiliser leurs supports musicaux avant même d’apprendre à jouer et chanter. Urban Blight, c’est donc une boîte à rythme, une guitare saturée et une grosse voix qui gueule contre l’impérialisme, la prison, le fanatisme religieux et le capitalisme en général : rien de trop pour un seul homme. Le CD regroupe dix titres enregistrés en 2001 et 2003, le tout pour 3 euros. Urban Blight, c/o Schoenerstraat 18, 3534RM Utrecht, Netherlands.

Pierre Etbunk

Publié dans CQFD n°10, mars 2004.






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