Accueil
Du même auteur :
Sommaire du N°049
NUMEROS PRÉCÉDENTS
THÈMES
- Armement
- Guerres
- Chômage
- Foulard et laïcité
- Faux amis
- Genres
- Exils et expulsions
- Luttes sociales
- Médias
- Patrons
- Science contre capital
- Sécuritaire
- Musique
- Livres
- Chroniques
- A l’arrach’
- Ecologie
- Chronique carcérale
- Santé
- Dessins
- Anthologie
- Courrier des lecteurs
- Fascisme

CQFD N°049


FORCE DE FRAPPE FRANÇAISE

PORTAIL ATOMISÉ

Mis à jour le :15 octobre 2007. Auteur : Christophe Goby, François Maliet.

Un militant antinucléaire, ça sait tout faire : empêcher le mariage d’un laquais de Nicolas Sarkozy, pénétrer sur un terrain militaire et vilipender le missile nucléaire M51. Et même, mais sans faire exprès, blesser un gendarme à coup de portail.

IL EST DÉLICAT de visiter et contrôler, sans autorisation, un centre d’essai et de lancement de missiles (CELM) placé sous haute protection militaire. En revanche, faire capoter le mariage du porte-parole de l’Élysée, c’est simple comme un coup de sonnette : il suffit de s’inviter ! Les membres du collectif « Non au missile M51 » avaient annoncé leur venue aux épousailles de David Martinon, qui devait convoler le 22 septembre à Arcachon, à quelques kilomètres du rassemblement d’opposition au petit dernier des missiles nucléaires français. Le témoin des futurs époux se nommant Cécilia Sarkozy, les militants comptaient y rencontrer son légitime afin de discutailler de sa politique nucléaire. Sentant venir l’interminable prise de chou qui fait fuir les fêtards, le porte-parole renonça à sa noce. Dommage, car dans le domaine de l’atome, comme dans tant d’autres, le candidat de la « rupture » brille par sa continuité. En janvier 2006, depuis la base nucléaire de L’Ile-Longue, Jacques Chirac réorientait la politique de dissuasion : le bougre prévoyait d’intervenir à l’arme atomique si les « approvisionnements stratégiques » de l’Hexagone étaient en danger. De plus, les États qui auraient recours à des actions terroristes « doivent comprendre qu’ils s’exposent à une réponse ferme et adaptée de notre part, précisait l’ex-président. Et cette réponse peut être conventionnelle. Elle peut aussi être d’une autre nature.  » Pas commode, le vieux ! On dirait du Nicolas Sarkozy dans le texte, qui n’a nullement contesté la position de son prédécesseur et qui persiste dans le développement du M51. Ce missile, destiné à équiper à partir de 2010 les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de nouvelle génération et pouvant contenir six têtes nucléaires, est actuellement testé au CELM de Biscarosse. Un bel outil pédagogique pour expliquer aux enfants iraniens ce qu’est le devoir d’ingérence cher à l’humanitaire Kouchner.

Les 21 et 23 septembre, deux à trois cents loustics souhaitaient jeter un coup d’oeil à l’intérieur de ce centre et rappeler que la France est signataire du traité de non-prolifération des armes nucléaires. Alors qu’une manif’ symbolique faisait diversion, quelques-uns réussirent à sauter les grilles pour jouer un court instant au gendarme et au voleur. Alpagués par les bleus, ils furent mis au frais pour le reste de l’après-midi. « Nous étions une vingtaine à protester bruyamment contre les arrestations en secouant le portail d’entrée du CELM, lorsque, à notre grande surprise, celui-ci s’effondra ! », rigole une désobéissante. Un gendarme mal placé et un tantinet nonchalant reçut le portique de destruction massive sur la jambe et dut se faire opérer d’une double fracture du tibia. Preuve que l’atome représente un vrai danger pour la santé, et que son utilisation est bien moins sécurisée qu’une vulgaire supérette. « Pour pénétrer sur le site, il faut passer un autre portail. Plus haut et posé sur rail, il n’a rien à voir avec celui qui s’est effondré », rassure, dans Sud-Ouest, l’officier de gendarmerie chargé de la communication. À l’époque, son grand-père devait soutenir mordicus que la ligne Maginot était infranchissable… Ce centre d’essai s’est avéré être une passoire dont le portail fut un parangon de fiabilité. Déjà, en juin dernier, un groupe s’était introduit dans la base pendant des essais de tirs. L’année précédente, les Bomb Spotter belges pénétrèrent sur le site sans coup férir. Des portails en jus de chique, des flics incompétents… Si ça se trouve, leur M51, il est en papier mâché.

Article publié dans CQFD n° 49, octobre 2007.






>Réagir<

PORTAIL ATOMISÉ
un prévenu | 30 juillet 2010 |

8 septembre 14 H Mont de Marsan Les inspecteurs citoyens du collectif pacifiste « non au missile M51 » devant le tribunal

Le premier procès des opposants aux tirs d’essai du nouveau missile nucléaire d’attaque français M51 se tiendra le 8 septembre 2010 à Mont de Marsan.

Les 7 activistes comparaitront pour l’occupation d’un radar au Centre d’Essai de Lancement de Missile (CELM) de Biscarrosse, le 1er décembre 2009, jour de l’ouverture du créneau de tir du 4e tir d’essai du missile M51.

Depuis 2006 et le premier essai du M51, les inspecteurs citoyens du collectif « Non au missile M51 » tentent d’empêcher ces tirs d’essai en intervenant physiquement sur les lieux du tir ou en essayant de perturber le bon fonctionnement des instruments de mesure du CELM (occupation du radar, lâchers de ballons « métallisés »).

Par leurs actions, ils essayent de dénoncer la violation délibérée des accords et traités internationaux par la France en matière d’armement nucléaire. La France s’est engagée en les ratifiant à rentrer dans la voie du désarmement nucléaire et à ne pas attribuer de nouvelles missions à son armement nucléaire. Elle a pourtant, renouvelé et modernisé entièrement son arsenal nucléaire par des armes de performance et de portée plus importantes et avoué avoir réalisé le dernier tir d’essai du M51, le 10 juillet dernier.

Le collectif « Non au missile M 51 » réaffirme sa détermination à mener toute les actions nécessaires, dans le respect de la non-violence, pour que la France respecte ses engagements vis à vis de la communauté internationale et qu’elle rentre dans la voie du désarmement.

8 septembre 14 H Mont de Marsan Les inspecteurs citoyens du collectif pacifiste « non au missile M51 » devant le tribunal

autrechose@no-log.org www.nonaumissilem51.org

 

Les articles et les archives de CQFD sont libres d'accès sur ce site. Néanmoins le journal n'existe que grâce aux ventes en kiosque et aux abonnements.
SANS PAPIER, PAS D'OCTETS !
Âmes généreuses, vous pouvez aussi, effectuer un don en ligne pour le journal,
merci à vous !


| Site réalisé sous SPIP avec des logiciels libres (GNU) par : Juan Rodriguez et Gilles Klein |