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CQFD N°049


LYCÉES MILITAIRES

ADOS MIS AU PAS

Mis à jour le :15 octobre 2007. Auteur : Jean-Baptiste Malet.

Les lycées militaires tripotent le cerveau des gamins afin d’y introduire l’amour de l’ordre, de l’obéissance et de la France. Au point d’y assimiler civils et ennemis. Jean-Baptiste Malet a pratiqué ce type d’établissement pendant un an. Description et témoignage…

VOUS AVEZ TOUJOURS RÊVÉ de devenir un général putschiste, vous aimez l’aventure, et vous êtes convaincu que troufion dans l’armée de terre, c’est vraiment « bien plus qu’un métier » ? Rejoignez les lycées militaires ! Le soixantième anniversaire de l’établissement d’Aix-en-Provence, qui sera célébré en grande pompe les samedi 27 et dimanche 28 octobre, rappelle que ces casernes éducatives continuent d’« instruire » des gamins. Successeurs des « écoles militaires préparatoires », puis des « collèges militaires », il existe en France six « lycées de la Défense ». Ces bahuts ne sont pas ouverts au simple quidam : seuls les minots dont les parents travaillent « au service de l’État » y sont admis. Les enfants de militaires constituent 70 % des effectifs. Un bel outil de reproduction d’une caste de badernes ! Ces écoles de prestige, créées en 1880, ont formé la fine fleur des criminels coloniaux. Elles enseignent aujourd’hui les rudiments du parfait officier français. Au sein de l’armée, ces lycées sont surnommés « la grande porte », car 90 % des gradés en proviennent. Les élèves y portent un uniforme, vivent en chambrées, mettent le doigt sur la couture du pantalon tous les matins et reçoivent un enseignement à mi-chemin entre celui de l’Éducation nationale et de la caserne. Les collèges militaires d’Autun (Saône-et-Loire) et de Grenoble (Isère) embrigadent des enfants à partir de la classe de sixième et proposent ensuite, au même titre que ceux d’Aix (Bouches-du-Rhône), Saint-Cyr (Yvelines), Naval (Brest, Finistère) et le Prytanée de la Flèche (Sarthe), un enseignement de second cycle. L’objectif étant pour ces élèves d’intégrer par la suite les classes préparatoires au sein des mêmes casernes, pour finir en école d’officier. Ceux qui ont passé leurs week-ends à ratonner au lieu de potasser échoueront à l’école de sous-off’ : un verre d’eau chaude entre les oreilles et c’est parti pour les classes.

Aujourd’hui, les lycées militaires sont le plus souvent loués par les médias (« Les écoles d’Honneur » sur TF1, « Écoles en France » sur France 2) et les politicards : en 2004, François Fillon, alors ministre de l’Éducation, proclamait en conclusion d’un discours anniversaire : « Tant que la France vivra, le Prytanée sera ! » Cet engouement provient sûrement du beau succès de la mission de ces écoles : transformer des mômes en adultes obéissants. Pour avoir fréquenté celui d’Aix-en-Provence d’octobre 2002 à août 2003, je peux témoigner que l’hermétisme entre l’établissement et l’extérieur est frappant, les futurs galonnés grandissant dans l’idée qu’ils sont supérieurs aux civils. Quand une compétition de sport opposait notre équipe à celle d’un établissement « normal », l’ordre n’était pas de gagner mais de les étriller ! Cette vision du monde extérieur n’engendre pas une grande ouverture d’esprit. Dans un lycée civil, les idées d’extrême droite sont souvent mal vues… Mais dans ces établissements militaires, les tabous tombent et nombreux sont ceux qui n’hésitent pas à afficher ouvertement leurs convictions, comme en témoignent les tables des salles de classe recouvertes de gamma de la milice française. Les vieilles traditions, comme le salut du drapeau sudiste américain, emblème des États du sud esclavagiste, ou le port de « bretelles de tradition » tricolores sont toujours d’actualité. Ces ornements du plus bel effet ne sont que très mollement interdits par la hiérarchie : le goût de l’officieux confère une aura mystique à « un héritage qui se perd » et que les élèves veulent préserver. Dans des consciences déjà bien travaillées par les gradés, les idées et coutumes d’extrême droite n’ont plus qu’à se nicher sans coup férir. C’est tout bénéf’ pour l’établissement puisque les « tradis » ont à l’oeil leurs camarades et mettent à l’amende le petit comique qui tente de sortir du rang.

Cette formation au garde-à-vous est efficace. La preuve : quand la direction souhaite se débarrasser d’un enseignant critique, les élèves répondent présent en claquant des talons. Entre 1986 et 1988, le lycée d’Aix-en-Provence fut le théâtre d’une cabale visant un professeur de chaires supérieures, Claude Maignant. Il avait dénoncé les méthodes de recrutement qui sont aujourd’hui en vigueur dans cet établissement et souhaitait réformer le concours d’entrée qu’il jugeait obsolète. De plus, il souhaitait que soit sanctionnée l’étude de chants nazis en cours d’allemand. Résultat : quarante lettres d’élèves arrivent sur le bureau du directeur pour exiger le départ du prof. Bien entendu, son exclusion ne tarda pas. Après une longue campagne de presse et des questions à l’Assemblée nationale posée par la gauche, Claude Maignant n’eut qu’à attendre la victoire de Tonton en 1988 pour… être honteusement oublié ! Il termina sa carrière au lycée Lakanal à Paris et ne fut jamais réintégré. Son ultime recours auprès de la Cour de justice européenne, qui condamna l’État français, lui permit de toucher quelques euros en guise de réparation. Pour fêter dignement le soixantième anniversaire de cette vénérable institution, son commandement a organisé une messe dans la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix-en-Provence, bastion intégriste notoire. Sabre et goupillon y brilleront du même éclat. Avec des francisques sur le manche du sabre ?

Article publié dans CQFD n° 49, octobre 2007.






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ADOS MIS AU PAS
Sandwichissime | 13 mai 2010 |

J’ai cru reconnaître le style et l’expression d’une personne que je connais dans le dernier commentaire, étant moi-même élève au lycée militaire d’Aix-en-Provence.

Je voudrais souligner ses critiques vis-à-vis de votre article, concernant la gravité que vous donnez au mouvement « tradi », il est fortement minoritaire ; mais, cela dit, il faut nuancer aussi la vive réaction du précédent commentateur, car je peux affirmer que chez les prépas, les « tradis » sont très fortement implémentés. On assiste également à un autre mouvement, outre que les nombre de tradis de la promotion des 1ere soit passé de 10 à 20 en un an (chose déjà suspecte s’il en est.), le mouvement tradi devient à la mode ! N’est-ce pas d’ailleurs la nouvelle mode chez nombre de seconde que d’arborer une youle (cheveux rasés sur le côté et mèche protubérante à l’avant du crâne, un peu comme les soldats nazis, et non, cette comparaison n’est pas donnée avec comme objectif de provoquer un déchaînement médiati… commentariste). Bref, chez les secondes il semble y avoir plus de jeunes tradis, et que l’on ne se trompe pas, ceux qui l’année dernière (en seconde donc) étaient déjà « tradis », le sont devenus *officiellement* (et oui, les tradis sont un peu une sorte d’institution.). Et des gens auxquels on ne s’attendait pas le sont également devenus.

Vous me direz, où est le problème, n’est-ce pas le propre de chaque personne que de chercher quelque philosophie ou voie de vivre lui apportant une petite part de vérité dans sa vie ? Nous allons répondre oui, puisque c’est la seule réponse possible, mais (nuançons), le cadre militaire oblige, on retrouve dans l’environnement du lycée militaire tous les éléments nécessaires à un bon régime fasciste (bouh, encore une comparaison enflammée) : le sport, la conccurence (que c’est ingénieux que de donner ouvertement les moyennes. Pardonnez moi, votre esprit de camaraderie et d’entraide est bien trop développé.) On a des élèves complétement plongés dans leur travail scolaire, complétement… formatés.

Alors effectivement, la vie en internat (et certainement pas le lycée militaire et ses spécificités.) rapproche les individus, pour le meilleur et pour le pire. Et effectivement (je prends un peu le style de Sarkozy en répétant le début de ma phrase.) il arrive souvent que l’on s’embarque dans des débats houleux sur le sens de la vie (qui pour tout bon geek est 42.), sur la religion, la morale, la peine de mort, la justice et les étrangers qui nous volent notre travail. (Ajoutons une touche d’humour pour de manière insipide immiscer le message caché dans l’esprit des lecteurs.).

Après cette parenthèse d’un style pédant, revenons-en à notre sujet.

Nous sommes au XXI e siècle, dans un pays justement développé, ayant de longue date obtenu ses lettres d’or dans de nombreux domaines (certes dans le sang des autres, mais nous ne blâmerons pas non plus le monde entier.). Et il existe des enclaves coupées du monde où des élèves se mettent au garde à vous tous les matins, observés par l’oeil souvent sévère des militaires (vision paranoïaque, certes). Maintenant voilà, à partir du moment où la ligne de la légalité définie dans le réglement intérieur est -malheur et damnation- traversée, cela devient prétexte à une punition systématique. La crainte du marteau fait-elle s’enfoncer le clou tout seul ? NON.

Alors, comme si bien annoncé dans le discours de début d’année du chef d’établissement, le Colonnel Maizetti, le lycée militaire d’aix-en-provence est un laboratoire, ou l’éducation par la discipline est testée (sic), (sur nous, cobayes.). Un « régiment…euh…lycée militaire à mon commandement ; Gard’vous ! » a alors clos la cérémonie militaire (n’est-ce pas là un lapsus révélateur ?).

Bref, j’ai spéculé et ruminé des affirmations dans le vide, essayé de véhiculer quelque information puisée d’un vide idéologique profond, certes, mais le lycée militaire d’aix-en-provence n’est certainement pas un bon signe concernant la liberté en France, et la démocratie en général.

Exemple de punition systématique : Cheveux trop longs pour les garçons (selon le réglement, les cheveux doivent être « ni trop courts, ni trop longs », rêgle un peu vague voulant en fait dire « si ça touche les oreilles tu seras puni »… où donc est le droit de disposer de son corps ? Quel gêne est créé par le port des cheveux longs ? *L’homme a des cheveux courts.(point)* ; mais encore, ne pas avoir fait son lit avant 13h30 est également un crime puni d’interdiction de sortir en ville (tout comme l’effroyable offense des cheveux, j’en tremble encore) lors des maigres horaires attribuées (4 heures hebdomadaires d’invasion spontanée d’élèves du lycée à Aix, et moins en seconde.). Crime à celui qui n’aura pas plié le matin son lit à la manière militaire pour la revue journalière (pliage tout à fait non hygiénique, quelle joie que d’emprisonner les microbes dans des draps roulés nets et droits.) ; en fait cette histoire de pliage des draps risque de faire rire les habitués du lycée, puisque faire cela tout les matins, comme bien d’autre chose dans ce lycée, est devenu machinal, on le fait tous sans réfléchir.

Te raser tu devras, te mettre au garde à vous durant la montée (7h30) et la descente (17h45) du drapeau de France si tu te fais piéger à ce moment là sur la place d’arme tu devras. Appeller par leurs grades les militaires du devras, l’uniforme tu porteras, travailler tu devras durant les heures d’études, souffler tu ne pourras pas durant les maigres heures de temps « libre ».

Faite donc courir une journée entière un hamster sur une roue, puis sortez le 20 minutes de sa cage à midi, et mettez le dans une cage vide, il va dormir, tenter de reposer ses neurones.

En vérité, notre plus long temps libre est la nuit, et courte est notre nuit.

Sur ces paroles digne d’un prophète je vous quitte, le venin encore me dévorant la bouche et tachetant mon clavier. J’eu encore à dire beaucoup de chose, mais mon opinion est très négative, et les quelques rares points évoqués par mon camarade juste en dessous de moi ne suffisent pas, loin de là, à légitimiser ce genre de lycée dans une France qui se veut moderne et mère de la liberté.

Signé le comcombre doré en personne.

ADOS MIS AU PAS
sans_rayures | 18 avril 2010 | Ados mis au pas

Ados mis au pas (ou pas) :

En espérant que ma mise au point vis-à-vis d’Aix en Provence passera la validation du site.

Je suis tombé sur cette page par hasard ce soir en cherchant l’insigne du Lycée Militaire d’Aix. Après avoir lu l’article, quelque chose me dérange : il est en partie faux, et je m’estime bien placé pour apostropher l’auteur de ce tissus d’ignominies (pardonnez le vocabulaire violent mais on ne se gêne pas sur ces pages) car j’y suis actuellement élève en première S. Vous dites d’abord que nous subissons un tripotage de cerveau. Et vous ? Pour remettre les choses en place, certe il y a un léger côté de glorification de la patrie, à travers le drapeau sur la place d’armes, le respect du superieur, mais il n’est en aucun cas incliné vers un amour fanatiste de la France. Les civils y sont assimilés à des ennemis ? Je rappelle que nous n’avons en aucun cas un statut de militaire dans le cycle secondaire, et que nous sommes donc des civils. Ennemis de nous même ? contradiction, ne pensez-vous pas ?

Certes, 70% des élèves sont fils de militaires, et sont là pour reproduire les modèles de la vieille armée française. Ils la reproduisent à tel point que la majorité sont des enfants de sous officiers qui ont une éducation que je qualifierais de normale. Etant fils de fonctionnaire moi-même, je peux vous dire que la diversité y est plus qu’omniprésente, et l’élitisme une notion plus attachée aux mecs de Henri IV de Paris.

Toujours d’après votre article, l’objectif des élèves est d’intégrer les classes prépas. Chez nous, sur 160 prépas environ, moins d’une dizaine sont issus du Lycée militaire d’Aix. Heureusement que le taux de réussite au bac n’est pas similaire, on le prendrait pour l’agrégation. En revanche, une large quarantaine d’élèves s’en vont après leur bac vers des filières techniques, et d’autres vers des facs simples. Vous vous attaquez maintenant aux « tradis ». Certes, eux, sont extrémistes et prônent une France glorieuse et militariste. Seulement voilà, dans ma promo, nous sommes 150 environ, les tradis, eux atteignent péniblement la vingtaine, et la promo qui me précède, ils sont là à peine une dizaine… Ils sont donc minoritaires. D’ailleurs trop minoritaires pour exercer une quelconque pression et mettre « à l’amende le petit comique qui tente de sortir du rang ». Vous êtes friands d’exemples ? J’apprécie les Béruriers noirs, groupe de gauche, assez gauche, que je met relativement fort dans ma chambrée, et j’ai encore toute mes dents, les tradis aussi. Puis, vous prétendez que nous sommes racistes, racistes des bazanés et autres. Le racisme, il y en a c’est comme partout. J’ai dans ma chambre un gars d’origines turques très marquées, et bien là surprise, aucune altercation, et au contraire de riches débats sur la religion, lui qui est musulman, moi athé, les autres cathos, mais aussi sur la société, lui issu des quartiers difficiles de Clermont-Ferrand, et d’autres de toutes les couches sociales dans lesquelles les sociologues nous rangent. Rassurez-vous, on déconne plus qu’on ne débat, on a 17 ans. Cet élève n’est d’ailleurs pas une exception.

Dans l’article, Jean-Baptiste Malet déterre la vaseuse histoire du prof viré à cause de la pression des élèves. Là je ne ferrai aucun commentaire car je ne parle pas de ce que je ne maîtrise pas, même si vous faites d’une généralité un cas exceptionnel :’’quand la direction souhaite se débarrasser d’un enseignant critique, les élèves répondent présent en claquant des talons’’.

Maintenant, les cadres. Ce que les élèves appellent la Schtrass ; ils sont issus de St Mexant, de St Cyr, ou ont commencé en bas de l’échelle, et sont généralement en fin de carrière. Tout à fait respectables par leur parcours, ils ne méritent pas que vous les rabaissiez car nous cadrer, c’est leur boulot de militaire.

Les idées politiques maintenant. La majorité très orientée à droite, il est vrai, mais seule une minorité touche à l’extrême, et non nécessairement les « tradis ». Il y a également la contre balance de gauche.

Bref, tout ce développement pour bien corriger les quelques sophismes de votre article, et pour expliquer que la réalité, qui se veut pleine de diversité religieuse, sociale, politique… que je vis plus de 200 jours par ans entre les murs du Lycée militaire d’Aix est bien différente que celle que vous peignez dans votre article.

Merci pour votre lecture. Si toutefois vous ne seriez pas convaincus, je vous invite à vous rendre sur place pour vous confronter à la réalité du lycée militaire.

ADOS MIS AU PAS
| 16 février 2009 |

Il est toujours intéressant d’entendre les critiques contre les lycées militaires, la plupart émanant des personnes ignorantes de ces institutions ou y ayant passé une mauvaise scolarité. L’auteur du texte « ados mis au pas » en parle comme d’ « outils de reproduction d’une caste de badernes ». Pour revenir sur ces propos je tiens à signaler que ces établissements, en ce qui concerne le collège et le lycée, sont effectivement réservés aux enfants de militaires et de fonctionnaires à hauteur de 70% et 20%, les 10% restant étant laissés depuis septembre 2008 aux enfants boursiers n’ayant aucun parents « au service de l’état ». Je ne vois pas en quoi cela est génant. L’armée étant ce qu’elle est les enfants de militaires sont baladés d’école en école au gré des affectations du parent militaire. Les collèges et lycées militaires sont là pour offrir une stabilité géographique à l’enfant. Ensuite ces établissements n’ont rien d’un « outil de reproduction » vu qu’au collège et lycée les élèves n’ont aucune obligation d’embrasser une carrière militaire. Dans ma promotion de terminale de soixante-dix élèves seule une vingtaine d’élèves a décidé de s’engager à l’issue. Pourcentage élevé certes mais pas étonnant car il me semble logique, lorsqu’on a pour vocation de servir dans l’armée, de rejoindre des lycées militaires aptes à donner un léger, et je tiens au terme léger, aperçu de la vie militaire. Et les classes préparatoires me demanderez-vous. Celles-ci sont ouvertes à tout étudiant, peu importe le métier des parents, après étude du dossier scolaire. En y entrant l’élève signe un contrat qui lui procure la gratuité des études à condition d’entrer dans l’armée. C’est ce qui est qualifié officiellement d’aide au recrutement. En prépa sur 60 de ma promotion une quinzaine seulement avait un membre de leur famille militaire. La preuve est faite que la prépa est ouverte « au simple quidam ». De plus ces établissements sont les seuls en France à disposer de Classes Préparatoires à l’Enseignement Supérieur (CPES) destinés aux élèves issus de milieux défavorisés et qui souhaitent devenir officiers. Le fait que ces lycées soient militaires a permis au ministre d’imposer ces classes entre la terminale et la sup.

Le texte parle ensuite d’embrigadement. Il faut savoir que les professeurs des collèges et lycées militaires sont détachés de l’éducation nationale et dépendent donc à la fois de leur ministère d’origine au point de vue programme scolaire, et de celui de la défense pour leur salaire. Tous les cours dispensés sont donc conformes au programme officiel. Les critiques selon lesquelles les établissements militaires transforment « des mômes en adultes obéissants » sont issues ,je pense, de personnes refusant toute forme d’autorité. Ces institutions apprennent la discipline et les rapports sociaux, deux choses indispensables à la vie en communauté. Mais il est vrai que les « djeuns » maintenant sont plus voués à descendre dans la rue pour manifester contre je-ne-sais-quoi (et eux non plus d’ailleurs) en vue de rater des cours.

Ensuite en ce qui concerne les idées d’extrème-droite c’est une insulte faite aux cadres militaires et civils de ces établissements. Pensez-vous sérieusement que ces personnes laisseraient leurs élèves s’égarer dans de telles voies sans réagir ? « Les tabous tombent » dites-vous. Je peux vous affirmer que les élèves, même si ce n’est pas écrit, sont soumis à ce qu’on appelle le droit de réserve et les gradés ne plaisantent pas avec cela. Alors certes certains symboles portent à confusion comme le drapeau sudiste ou les bretelles mais avant de condamner posez la question aux intéressés pour savoir ce que signifie pour eux tel ou tel symbole. Les « tradis ont à l’oeil leurs camarades » écrivez-vous. Sachez que si une personne n’adhère pas à ce qu’il ce passe libre à lui de ne pas participer aux activités. Rien ne l’oblige. Les lois sur le bizutage sont aussi en vigueur, et plus encore qu’ailleurs, dans ces établissements.

Vous parlez des médias qui louent les lycées militaires. Visionnez l’envoyé spécial de france 2 sur le prytanée de 2005, je ne suis pas sûr qu’ils aient un point de vue très positif envers ce lycée.

Pour terminer j’aimerais vous dire que votre expérience à Aix a été mauvaise mais pensez-vous serieusement tout connaître des lycées militaires en y ayant passé une seule année ? Peut-être est-ce vous qui n’étiez pas adapté à l’institution. Comment expliquer sinon qu’à chaque anniversaire d’un de ces établissements tant d’anciens élèves reviennent ? Tous des fachos ? Etre militaire ou vouloir le devenir ne fait pas des gens des extrémistes. Réfléchissez aux missions de l’armée française, vous verrez que bien idiot est le fasciste qui souhaiterait s’y engager.

ADOS MIS AU PAS
| 18 juin 2008 |

La personne qui a rédigé le commentaire précédant n’a pas du bien lire l’article « ados mis au pas », car, non seulement l’auteur est lui même issu d’un lycée militaire, et de plus, son article foisonne d’exemples !

L’affaire Maignant est d’ailleurs un excellent exemple du mystère qui y règne.

Il faudrait tout de même qu’un débat public soit lancé surces écoles, et plus précisément, sur ces collèges militaires qui font mettre au garde à vous des enfants de 12 ans portant un uniforme, en France. Est-on capable d’avoir du recul sur l’armée à 12ans ? Ce n’est pas être anti-militariste que de vouloir la fermeture de ces insitutions, c’est etre un véritable humaniste.

ADOS MIS AU PAS
… | 11 mars 2008 | Pourquoi tant de haine
Je constate que sur les nombreux forums concernant les lycées militaires il règne un antimilitarisme puant et très peu justifié…Aussi je me pose la question suivante : pourquoi tant de haine envers des institutions de défense Nationale qui étaient là avant nous et qui le seront après nous car d’une nécéssécité absolue. De plus j’ajouterais que les élèves présent dans ce type de lycées sont TOTALEMENT consentant pour le genre d’éducation qu’ils y reçoivent, enfin ce sont généralement des jeunes recherchant ce type d’éducation « rigide ». Pour conclure je pense que l’auteur de cet article dévalorise complétement les militaires qui ont travaillés dur pour rentrer dans l’armée, par choix personnel et que personne n’est en droit de critiquer…cela s’appelle les droits individuels…
 

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