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CQFD N°049


TOUT DOIT DISPARAÎTRE

C’EST LOIN, L’APOCALYPSE ?

Mis à jour le :15 octobre 2007. Auteur : Arthur.


« Sauvons la planète ! » C’est le cri à la mode. Ça donne des responsabilités. Vous imaginez, l’employé de bureau que son chef humilie, qui prend le bus le soir avec la conscience de son inutilité sur terre, le voilà à la tête d’une mission prestigieuse : sauver la planète. Et c’est à lui, humble quidam, qu’on fait appel ! Lui à qui on mégote même le droit de changer le papier de la photocopieuse ! Hardi, petit, tu dois le faire, tu peux le faire ! Borloo lance donc son « Grenelle de l’environnement » et Le Parisien (27/9) l’encourage en révélant que « 93 % des Français se disent prêts à changer leur comportement pour sauver la planète ». Voire ! On est mal barrés avec ces gugusses ! Si on arrive jusqu’en 2050 avec Borloo chef des pompiers, on aura de la veine !

Changer les comportements, ça veut dire changer les ampoules (mais consommer du kW nucléaire), rouler moins vite sur les autoroutes (mais toujours en 4 x 4 Diesel), interdire les OGM (mais pas les pesticides) et mettre des étiquettes écolos sur la bouffe (mais toujours chez Carrefour). Et le Borloo de donner un exemple de son engagement personnel en incitant à « mieux gonfler les pneus de sa voiture » et « ne pas laisser sa télé en veille » en occultant que c’est justement la télé allumée qui, avec ses programmes pour débiles et ses écrans de pub, condamne la planète à abriter des esclaves soumis à la société du spectacle. D’ailleurs, le Borloo prêche par l’exemple car il vérifie le gonflage des pneus de son avion (gros émetteur de CO2) en allant passer 24 heures sur la banquise pour la frime devant les caméras.

Un peu inquiet sur les résultats concrets de son Grenelle, Borloo ajoute que « l’État doit être exemplaire ». Il l’est : Sarko veut vendre des centrales nucléaires au monde entier, avec la bombe en option, histoire de vaincre le réchauffement climatique. Il est vrai que l’hiver nucléaire résoudra le problème. Barnier, ministre de l’Agriculture, défend les culs-terreux en laissant la FNSEA faire la loi dans les campagnes : tout pour les productivistes et rien pour le bio. Et les autres ministres entonnent le refrain libéral : tout pour la croissance. Laquelle ? On jugera sur pièces. Cette croisade écolo est également symbolisée par les sirènes du « développement durable ». Tout devient « durable », les banques, les assurances, la pub, les bagnoles, les ampoules, les vêtements, les piles alcalines. C’est la fin de l’éphémère, le sitôt acheté sitôt jeté qui a fait la fortune des capitalistes, hérauts de l’obsolescence des merdes qu’ils imposaient aux masses. Remarquez, ce sont les mêmes étrons, mais « durables ». Faites chauffer le plastique, car votre carte Bleue est durable si votre compte est bon. Et pan sur le râble, mon lapin !

Devant cette avalanche d’écologie planétaire, quelques bons esprits, désireux de montrer qu’ils existent, prennent le contre-pied. À la tête de ces croisés : Claude Allègre. Ce type est passionnant à étudier, un papillon rare. Arrivé dans l’anonymat à soixante-dix berges dans son labo de Jussieu, ce scientifique ombrageux s’est trouvé une vocation, celle de pamphlétaire. Son ennemi intime, c’est Bové. Pour Allègre, il y a deux familles d’esprit : les anti-sciences et les grands scientifiques (lui). Les premiers veulent « le déclin économique et scientifique de la France » (Le Point, 27/9) en s’opposant au nucléaire et aux OGM. Avec eux, la nuit de l’obscurantisme médiéval s’abattra sur nos têtes courbées. Mais lui, Allègre, tel Jeanne d’Arc sauvant la patrie, fait rempart de son corps replet en s’épanchant dans les journaux. Sans le vouloir, faute de les avoir lues, il reprend toutes les recommandations des journaux écolos des années 1970 : faucarder les rivières, rendre l’habitat écolo, limiter les engrais chimiques et les pesticides, sans s’aviser que c’est justement le programme de ses ennemis. « Cherchons, innovons, trouvons des solutions  », conclut-il. On est bien d’accord : la première des solutions, c’est d’enfermer Allègre dans son labo de géologue et l’empêcher d’en sortir pour raconter des conneries.

Article publié dans CQFD n° 49, octobre 2007.






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